Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Les deux Cousines

Œuvre Les deux Cousines

Département des Peintures : Peinture française

Si vous n’arrivez pas à lire les médias, téléchargez Flash Player.

Jean-Antoine WATTEAU, Les deux cousines (Sans cadre)

© 2004 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Kriser Danièle

Ce quatorzième tableau de Watteau entré dans les collections nationales dépeint l’amour partagé et le dédain ou le regret de l’amour dans une étrange fête galante. L’artiste de Valenciennes s’était fait le maître de la fête galante, ces rencontres amoureuses de jeunes gens oisifs, causant agréablement, élégamment vêtus, souvent déguisés, comme pour jouer sur un théâtre imaginaire les plaisirs de la vie.
La mélancolie qui s’en dégage, l’originalité de la mise en scène, la riche palette des couleurs parfaitement conservées expliquent l’intérêt suscité par cette œuvre.

Une mise en scène audacieuse pour une fête galante


Dans un parc orné de statues, sur la berge d’un étang, trois personnages peut-être parés pour le bal se sont arrêtés. Un galant, la cape rouge emplie de roses, en offre une à la jeune femme assise près de lui, qui la glisse dans son corsage, attestant l’amour partagé selon le langage des fleurs, familier au XVIIIème siècle. Debout près d’eux, le personnage principal, la « cousine » se détourne du couple amoureux pour regarder dans un lointain vaporeux la pièce d’eau bordée de deux statues masculines ( ?), un chien qui gambade, deux autres amoureux qui devisent, agréablement allongés.
Vêtue d’une large robe volante beige rosé, la taille svelte, la tête droite, la coiffure relevée dans un chignon avec nœuds et aigrette, elle répète notre position devant la toile - vue de dos - qui donne son originalité à la scène, symbolisant solitude et abandon, alors que tout autour appelle au bonheur. L’audace de Watteau est de laisser deviner des sentiments par une attitude et non par l’expression d’un visage ; et de grouper trois personnages dans un carré parfait, décentré sur la partie droite, laissant beaucoup de place au vide, à l’imagination, au rêve.

Un titre de théâtre pour une fête galante


Le titre n’a été associé au tableau que vers 1730, sur la gravure de Bernard Baron, qui possède alors le tableau, lorsque Jean de Jullienne cherche à différencier les différentes fêtes galantes de Watteau pour en constituer un recueil gravé.
Le mot « cousine » se retrouve dans le théâtre de l’époque, désignant une amie comme une parente ; rien cependant ne renvoie à la comédie de l’auteur dramatique à succès Florent Carton, dit Dancourt (1661-1725), « Les trois cousines », créée à Paris en 1700, qui serait une des sources d’inspiration de la première version de L’Ile de Cythère. On a aussi voulu reconnaître Flaminia « à son long cou » et Sylvia, deux actrices de la troupe des Comédiens italiens, ou une scène de la Comédie française - Dancourt faisait partie de la troupe - mais sans preuve.

Un exceptionnel état de conservation


Admirable dessinateur, Watteau réutilise souvent les mêmes esquisses. La figure féminine vue de dos, image de cette tristesse pudiquement cachée, la jeune femme assise glissant une rose dans son décolleté ou les visages mutins gentiment provocants apparaissent dans plusieurs dessins et tableaux.
Ce tableau révèle un artiste virtuose qui, par une palette riche et variée – dont le bleu de Prusse, inventé vers 1700 – et une exécution délicate, fige pour l’éternité ses personnages dans le silence et la  froide lumière.

Bibliographie

- Expositions : Amsterdam, 1951, n° 138 ; Londres, Royal Academy of  Arts, 1954-1955, n° 245; Paris, 1976-1977, n° 28, ill.coul. ; Paris, 1977, n° 39, ill.coul. ; Washington-Paris-Berlin, 1984-1985, n° 47, ill.coul.(bibl. antérieure)

- Pierre Rosenberg, « Un chef-d’œuvre entre au Louvre : Les deux cousines de Watteau », La Revue du Louvre et des Musées de France 1990, n° 4, p. 259-262

Cartel

  • Jean-Antoine WATTEAU (Valenciennes, 1684 - Nogent-sur-Marne, 1721)

    Les deux Cousines

    Vers 1716

  • Huile sur toile

    H. : 0,30 m. ; L. : 0,36 m.

  • Acquis en 1990 grâce à une donation canadienne et au legs de Mme André Grandy-Prestel

    Vers 1716

    R.F. 1990-8

  • Peintures

    Aile Sully
    2e étage
    Collection La Caze
    Salle 37

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet


Voir aussi

- Jean-Antoine Watteau, L’Assemblée dans un parc, musée du Louvre, M.I. 1124

- Trois dessins préparatoires : Feuilles d’études : une femme assise à terre, vue de dos ; une main pendante ; deux femmes debout, vues de dos, sanguine sur papier crème, vers 1717, Stockholm National Museum (inv. NMH 2824/1863); Femmes assises, sanguine et pierre noire, vers 1708-1710, Londres British Museum (inv. 1846-11-114-25) ; Tête de femme de profil vers la gauche, Grande-Bretagne, collection privée.