Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Linceul

Œuvre Linceul

Département des Antiquités égyptiennes : Egypte romaine (30 av. J.-C. - 392 apr. J.-C.)

Tenture funéraire

© 2007 Musée du Louvre / Christian Décamps

Antiquités égyptiennes
Egypte romaine (30 av. J.-C. - 392 apr. J.-C.)

Auteur(s) :
Marie-France Aubert

Sur une grande toile de lin sont peintes trois figures, debout sur la barque solaire. Anubis, dieu de l’embaumement, coiffé du disque solaire, image de renaissance, enlace le jeune défunt en habit de vivant. Ce geste signifie sa métamorphose en Osiris, dressé à sa droite. A côté de sa tête un chadouf symbolise l’eau indispensable à la survie du défunt. La facture illustre le style mixte de l'art de l’Egypte à l’époque romaine.

Un jeune homme entouré de dieux funéraires

Le jeune homme est habillé d’une tunique blanche avec des étroits clavi foncés et d’un manteau également blanc décoré d’un motif en forme de H. Le manteau enveloppe le bras droit plié sur la poitrine. Dans la main gauche il tient la couronne de roses du justifié d’Osiris. Elle indique qu’il a été jugé « juste » par Osiris et peut donc accéder à sa nouvelle vie. Les cheveux bouclés et courts laissent découvertes les oreilles. Les yeux sont grands sous des sourcils arqués, le nez  est long, la bouche petite est peinte en rose. Le jeune homme, plus petit que les deux autres figures, est debout pieds nus sur un socle. Le poids du corps repose sur une jambe, l’autre est légèrement fléchie dans une attitude typiquement hellénistique.
A droite, Anubis est représenté à la manière égyptienne : épaules vues de face, tête et pieds de profil. Vêtu d’un pagne long, il porte un némès rayé et le disque lunaire, image de régénération, surmonte sa tête. La main gauche est posée sur l’épaule du défunt en un geste de protection et d’accompagnement. Anubis symbolise le concept égyptien du passage de la mort à la nouvelle vie.
A gauche, le défunt divinisé en Osiris est vu de face, enveloppé dans les bandelettes d’où sortent les mains et la tête. Il tient le sceptre et le fouet. Le visage est peint avec un certain naturalisme hellénistique plutôt que avec le graphisme accentué du style égyptien.

Autres éléments funéraires

La barque sur laquelle sont placés les personnages est le symbole du voyage du mort pour atteindre sa nouvelle vie. Le mort, jugé juste, deviendra un nouvel Osiris.
Entre les personnages sont représentés les quatre vases canopes destinés à contenir les entrailles du mort. Les bouchons représentant les têtes des quatre fils d’Horus, génies protecteurs.
Au-dessous des deux vases canopes, entre Osiris et le défunt, Anubis tient la balance pour la « pesée du cœur », étape décisive vers la nouvelle vie.
Dans l’angle supérieur gauche, un serviteur actionne le chadouf, système traditionnel égyptien pour puiser l’eau, car l’eau est un élément indispensable à la survie du mort.
Enfin entre les têtes d’Osiris et du mort, un lion ailé est assis : génie funéraire d’origine orientale, il protège le défunt.

Une tenture à l'usage énigmatique

Cette tenture est un exemple parfait de la combinaison de styles et de croyances égyptiennes et hellénistiques. En effet, si le jeune défunt est représenté comme un citoyen de l’Empire romain, tous les autres éléments indiquent la prédominance des croyances égyptiennes.
D’autres exemples de tentures « à trois figures » sont conservés dans les musées. Ils proviennent tous de Saqqara. Leur utilisation est inconnue. Certains n’ont pas été utilisés pour envelopper la momie, comme c’est le cas pour d’autres linceuls. Peut-être certains étaient-ils exposés au cours des cérémonies en souvenir des défunts.
La tête et le cou du jeune homme sont peint sur un carré de toile qui a été collé et cousu au reste de la tenture. Cette caractéristique se trouve sur d’autres tentures de Saqqara. Il s’agit peut-être de la réutilisation d’une ancienne tenture, ou alors on voulait appliquer un portrait ressemblant à une tenture standard préparée par un atelier spécialisé.

Bibliographie

- BOURGUET P. (du), L’art copte, Petits guides des grands musées n° 19, Paris, 1980, p. 2 et fig. p. 1.

- DOXIADIS E., Portraits du Fayoum. Visages de l’Egypte ancienne, Paris, 1995, n° 13 p. 20 et 187.

- DUNAND F., LICHTENBERG R., Les momies, un voyage dans l’éternité, Découvertes Gallimard n° 118, Paris, 1991, p. 65.

- WALKER S., BIERBRIER M., Ancient Faces. Mummy portraits from Roman Egypt, catalogue de l’exposition, Londres, British Museum, 1997, n° 105.

- Art copte, catalogue de l’exposition, Paris, Petit Palais, 17 juin-15 septembre 1964, n° 24.

-  Etats du lin, catalogue de l’exposition, Roubaix, Musée d’Art et d’Industrie, 23 mai-28 juin 1992, p. 19.

Cartel

  • Tenture funéraire

    fin du Ier siècle après J.-C.

    Saqqara

  • toile de lin peinte à l'encaustique et à la détrempe

    H. : 1,80 m. ; L. : 1,28 m.

  • N 3076

  • Antiquités égyptiennes

    Aile Denon
    Entresol
    Egypte romaine (salle actuellement fermée)
    Salle A

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet