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Œuvre Linceul de femme

Département des Antiquités égyptiennes : Egypte romaine (30 av. J.-C. - 392 apr. J.-C.)

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Portrait de femme

© 1996 Musée du Louvre / Christian Larrieu

Antiquités égyptiennes
Egypte romaine (30 av. J.-C. - 392 apr. J.-C.)

Auteur(s) :
Roberta Cortopassi

La femme est représentée debout dans un cercueil-naos peint. La presque totalité des vignettes qui l'encadraient et la bordure ont été perdues. Sobrement habillée, elle fait un geste de prière ou de salut de la main droite et tient un signe ankh dans la gauche. Caractéristique de la cité d'Antinoopolis, ce type de linceul, qui enveloppait la momie, mélange croyances et styles d'origine pharaonique et hellénistique.

Vêtement et parures

Le visage est jeune et rond, à la peau très claire ; des touches roses marquent les pommettes et le menton. Les yeux, légèrement en amande, regardent vers la droite. Une ligne noire, probablement du kohol, en dessine le contour et se prolonge vers les tempes. Le nez aquilin a été bien représenté par le peintre, même si le visage est vu de face. Les cheveux sont partagés par une raie médiane et forment une masse épaisse couvrant les oreilles. Ils formaient une tresse souple à l'arrière. Une résille à mailles dorées complète la coiffure. Le modèle des boucles d'oreilles est à barrette horizontale, avec trois perles en pendentif. Un collier d'or, dont les mailles sont indiquées en jaune, est partiellement caché par l'encolure de la tunique.
Le vêtement de la femme est de couleur pourpre dans la partie centrale, et de teinte violacé foncé sur les côtés. Un rinceau de vigne de couleur jaune décore verticalement la partie la plus sombre. La ligne blanche à l'encolure indique la présence d'une sous-tunique. La main droite est ouverte, paume vers le spectateur, en un geste de prière ou de salut. Un signe ankh, dont la couleur jaune symbolise l'or, est tenu dans la main gauche. Les doigts sont extrêmement longs et fins. La partie centrale du corps et le bas de la tunique sont cachés par un motif en résille. Les pieds sont chaussés de bottines rouges maintenues par des liens croisés aux chevilles.

Sens et signification du portrait funéraire

Au-dessus de la résille, dans un rectangle bleu, un panneau à la forme d'une tabula ansata romaine, sorte de grande étiquette de momie, porte une inscription très lacunaire, en grec. Elle indiquait le nom de la femme, peut-être Crispina ou Cristina, son âge, 45 ans, et la formule "Aie bon courage".
À côté des pieds, dans deux carrés à fond rouge, est encore représenté le signe ânkh. Les vignettes latérales, entourées d'un cadre rouge ou bleu, sont pratiquement toutes perdues. Seules, les premières du bas sont encore lisibles : deux oiseaux affrontés, probablement des faucons, sont représentés de part et d'autre d'un vase. Une guirlande de feuilles et de fleurs ainsi qu'une bande rouge formaient le cadre du linceul.

Une défunte portant le signe ankh

Comparé à d'autres linceuls de ce type, celui-ci se caractérise par une certaine simplicité. Ainsi, les cadres des représentations sont de simples bandes aux couleurs en aplat. On note aussi l'absence d'éléments en stuc.
L'image de la femme est aussi marquée par une grande sobriété. Les bijoux sont de facture modeste, le collier est même partiellement caché dans l'encolure, et la femme ne porte aucune bague. La coiffure est ici un élément important de datation, car elle correspond à la mode de la période de l'empereur Constantin le Grand (306-337 apr. J.-C.).
Nous connaissons, grâce à l'inscription, l'âge de la défunte : 45 ans. Or, le visage est celui d'une femme beaucoup plus jeune. En effet, sur les portraits funéraires, les visages sont presque toujours représentés jeunes, même si le défunt était beaucoup plus âgé.
Le geste de la main droite, ouverte vers le spectateur, est d'origine orientale. On le trouve sur de nombreux portraits funéraires sculptés de Palmyre. Sa signification exacte prête à polémique : on ne sait s'il s'agit d'un geste de prière ou de salut. Le signe ankh, représenté ici trois fois, désigne à l'origine le hiéroglyphe signifiant "vie". Doté d'une très forte connotation symbolique, il n'a jamais cessé d'être utilisé en Égypte et semble avoir traversé les siècles, de la période pharaonique à celle ptolémaïque, puis à l'époque romaine et enfin à celle chrétienne. Pour cette raison, on a parfois affirmé que les personnages représentés sur les linceuls, et portant un signe ankh, étaient chrétiens.

Cartel

  • Portrait de femme

    IVe siècle après J.-C.

  • toile de lin peinte et dorée

  • AF 6440

  • Antiquités égyptiennes

    Aile Denon
    Entresol
    Egypte romaine (salle actuellement fermée)
    Salle A
    Vitrine 10 : Matériel provenant d'Antinoé, IIe - IVe siècle après J.-C.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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