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Œuvre Métamorphose d'Harmonilus en citronnier

Département des Arts graphiques : XVIIe siècle

Métamorphose d'Harmonilus en citronnier

Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo S. Nagy

Arts graphiques
XVIIe siècle

Auteur(s) :
Sarah Boyer

En 1646, Ferrari publie un écrit de botanique, Hesperides, sive de Malorum aureorum cultura et usu (Reflet de l’intérêt des lettrés romains pour l’histoire naturelle) – tel dal Pozzo et son Museo Cartacero (Musée de Papier) en partie dévolu à la flore et à la faune. Ce texte comprend des fables sur l’origine des variétés d’agrumes. Il est illustré par des œuvres de Sacchi, Albani, Zampieri, Reni, Cortona, Lanfranco, Romanelli et Poussin, la plupart gravées par Cornelis Bloemaert.

De l'origine des citrons

La page consacrée à Harmonillus, illustrée par Sacchi, ne semble pas provenir d’une source antique, mais être l’œuvre du père jésuite Giovanni Battista Ferrari (1584-1655).
Beau jeune homme doté d’une voix magnifique, Harmonillus est enrôlé par Apollon en Arcadie dans son Ephebeum, sorte d’école de jeunes chanteurs où les professeurs sont de vieilles dames. L’une d’elle, Vafronia Rabiria, tente de l’orienter vers Thalie, muse de la Comédie, alors qu’il préfère Uranie, muse de l’Astronomie. Sous le fallacieux prétexte d’épargner sa voix, elle lui interdit pour un temps le chant. Un acolyte de Vafronia, Musculus Naserna, le persuade de se livrer à son art en un lieu retiré, où il est évidemment surpris et dénoncé. Lorsque les femmes professeurs se précipitent sur lui, il commence à pleurer et à appeler son tuteur Cléomède. Mais arrosé par ses propres pleurs, Harmonillus se transforme en citronnier : ses pieds deviennent racines, ses bras des branches et ses mains des fruits.
C’est ce moment de la transformation que traduit parfaitement Sacchi, l’un des représentants du baroque romain le moins excessif. La façon dont le jeune Harmonillus paraît figé dans sa métamorphose brutale contraste avec l’agitation des autres personnages, à laquelle un repentir au dessus de la tête de Cléomède, figuré à gauche, apporte une vibration supplémentaire.

Questions techniques

Bartolomeo Altomonte, dans son album de 1718 (Vienne, Albertina), a copié un détail de paysage avec architecture qui ne figure pas sur le dessin du Louvre. D’autres dessins préparatoires, plus proches de la gravure dans certains détails, ont certainement existé, mais aucun dessin d’ensemble de Sacchi n’a été retrouvé à ce jour. Bloemaert a peut-être travaillé à partir d’un tel dessin et si tel était le cas, la feuille du Louvre serait alors l’étude préparatoire finale sur laquelle se fonderait le modèle destiné au graveur, plus complet. Si cependant Bloemaert n’a pas eu de dessin final achevé pour réaliser sa gravure, il a tout aussi bien pu s’appuyer sur plusieurs études préparatoires et en sélectionner des éléments en suivant l’avis de Sacchi.

Le rôle de Poussin

L’ouvrage de Ferrari qui porte un imprimatur de 1644, fut publié en 1646. Dès 1642, Poussin, alors à Paris, en parle dans les lettres qu'il envoie à Rome : tout porte à croire que le livre était déjà terminé à cette date, d’autant plus que Poussin, arrivé à Paris à la fin de 1640, essaie d’obtenir l’autorisation de dédicacer les Hesperides à Louis XIII. Ces éléments ont permis de dater la feuille du Louvre vers 1640.
Deux autres œuvres illustrant l’ouvrage de Ferrari sont conservées au Louvre : des nymphes portant une offrande de citrons à une divinité marine, personnification du lac de Garde, par Poussin et Benacus recevant le présent des Hespérides, copie d’un dessin de ce même artiste.

Bibliographie

- VIATTE F., Le Cabinet d’un grand amateur . P.-J. Mariette (1694-1774) : dessins du XVe siècle au XVIIIe siècle, cat. exp. Paris, Musée du Louvre, 20 avril-31 décembre 1967, n°130.

- Le Dessin à Rome au XVIIe siècle, cat. exp. Paris, Musée du Louvre, 24 mars-6 juin 1988, n°131.

- HARRIS A. S.,  Andrea Sacchi : Complete edition of the paintings with a critical catalogue, Oxford, Phaidon, 1977, n° 86

- PRAT L.-A.,  L’Empire du Temps : mythes et créations, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 10 avril – 10 juillet 2000, Paris, Ed. de la Réunion des Musées Nationaux, 2000, n°201

- DOOREN K. (van), I Designi del Museo Francescano di Roma : catalogo, Roma, Istituto storico dei Cappuccini, Brindisi Edizioni Collegio San Lorenzo da Brindisi, 3 vol., 1995-1998.

- PROSPERI VALENTI RODINO S., Due raccolte di disegni di recente acquisizione, cat. exp. Rome, Istituto nazionale per la grafica, 1985, Rome, Edizioni Quasar, 1985.

Cartel

  • SACCHI Andrea

    Métamorphose d'Harmonilus en citronnier

    Mariette, Pierre-Jean

  • Plume et encre brune, lavis brun, rehauts de blanc, tracé préparatoire à la sanguine, papier beige. Annoté en bas à droite, a la plume et encre brune : 11. Collé en plein.

    H. : 30.1 cm. ; L. : 22.1 cm.

  • acquis pour le Cabinet du roi , 1775

    393821

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

En bas, à droite, à la plume encre brune : 11Montage Mariette avec cartouche : ANDREAS / SACCHI