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Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Monument du coeur du duc Anne de Montmorency (1493-1567),...

Monument du coeur du connétable Anne de Montmorency

© 1994 Musée du Louvre / Pierre Philibert

Sculptures
France, Renaissance

Auteur(s) :
Montalbetti Valérie

La sépulture du coeur du connétable de Montmorency fut érigée à côté du monument du coeur d'Henri II, dans l'église des Célestins de Paris : le roi avait en effet demandé que le coeur de son fidèle serviteur repose près du sien. C'est une oeuvre riche tant par le mélange des matériaux qui créent une véritable symphonie de couleurs que par sa signification symbolique.

Une riche polychromie

Anne de Montmorency fait ses premières armes lors de l'expédition de Louis XII en Italie. Sous François Ier, il poursuit une brillante carrière militaire, mais est disgracié en 1540. À l'avènement d'Henri II, il devient l'un des personnages les plus influents du royaume. Résolument hostile aux protestants, il meurt en les combattant à Saint-Denis en 1567.
Le monument fut dessiné par Jean Bullant, architecte des Montmorency. L'idée d'une colonne centrale cantonnée de trois statues dérive du monument du coeur de François II (Saint-Denis, Basilique) dessiné par Primatice vers 1560.
Sur un soubassement en marbre rouge orné de bas-reliefs en marbre blanc, une colonne torsadée de marbre blanc monolithe, incrustée de marbre Campan (rosé), est entourée de trois Vertus en bronze. Au sommet de la colonne était l'urne du coeur, en bronze, fondue à la Révolution. Cette riche polychromie est caractéristique des oeuvres funéraires de Prieur, ainsi dans le Monument de Christophe de Thou.

Une iconographie symbolique

Les trois statues manifestent les bienfaits d'une Justice pacificatrice. La Paix brûle les armes et l'Abondance (aussi nommée la Félicité), tenant la corne, offre des épis de blé et du raisin : cette allégorie profane est inhabituelle sur une oeuvre funéraire. La Justice est due à Martin Lefort. Elle tient l'épée, attribut usuel, mais un rameau d'olivier remplace la balance. Dans la France déchirée par les guerres de religion, l'olivier symbolisait les partisans d'une Justice pacificatrice, prônant une solution politique, contre les sectateurs d'une Justice punitive (extermination des hérétiques Protestants). Le manteau parsemé d'étoiles est un attribut insolite : la figure incarne aussi Astrée, dont le retour sur la Terre après de sanglantes guerres symbolise la venue d'un nouvel âge d'or, ère de paix et de bonheur. Les reliefs sur le soubassement illustrent aussi la Concorde et la Justice. Cette iconographie incarne l'idéal de paix d'Henri de Montmorency, le fils du connétable, un des premiers à se rallier à Henri IV.

Un retour à l'Antique

La colonne torse est la première imitation dans l'architecture française des colonnes antiques de Saint-Pierre de Rome, qu'on croyait provenir du temple de Jérusalem (construit par Salomon). La colonne "salomonique" avait été popularisée par Raphaël dans La Guérison du paralytique, composition largement diffusée par la gravure. L'emploi de colonne dans l'art funéraire est une pratique de l'Antiquité.
S'éloignant des longilignes figures maniéristes de Fontainebleau, les Vertus de Prieur opèrent un véritable retour à l'Antique : beauté idéale des visages, sobriété des mouvements, drapé assagi soulignant le corps. Sagement répartie en deux bandeaux, la coiffure de l'Abondance, aux mèches ondulées profondément creusées, s'inspire de l'Antique.
Bullant et Prieur réalisèrent aussi le tombeau du connétable et de sa femme, élevé dans l'église Saint-Martin de Montmorency.

Bibliographie

- CRIPS-DAY, "Le Monument funéraire du coeur d'Anne de Montmorency", in GBA, 2è semestre, 1928, pp. 62-74.

- BLUNT Anthony, Art et architecture en France 1500-1700, Paris, 1983 (éd. anglaise 1953), p. 127.

- BEAULIEU Michèle, Description raisonnée des sculptures du musée du Louvre, tome II, Renaissance française, Paris, 1978, pp. 152-155.

- BRESC Geneviève, "Justice et Paix. Le Tombeau de Christophe de Thou par Barthélémy Prieur", in Revue du Louvre, Paris, février 1981, pp. 10-18.

- SEELIG-TEUWEN Regina, "Barthélémy Prieur, contemporain de Germain Pilon", in Germain Pilon et les sculpteurs français de la Renaissance, Actes colloque Louvre oct. 1990, (sous dir. G. Bresc), Paris, 1993, pp. 365-385.

Cartel

  • Barthélemy PRIEUR (Berzieux (Marne), 1536 - Paris, 1611)

    Monument du coeur du connétable Anne de Montmorency

  • Colonne, marbre blanc et marbre CampanVertus, bronze

    H. : 1,28 m. ; L. : 0,70 m. ; Pr. : 0,39 m.

  • Provenant du musée des Monuments français, 1818 et 1821

    M.R. 1658, M.R. 1681, M.R. 1682, M.R. 1683

  • Sculptures

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Prieur
    Salle 15 b

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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