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Œuvre Mosaïque de la joueuse de harpe

Département des Antiquités orientales : Après la Conquête d'Alexandre

Panneau de recouvrement de sol : harpiste

© 2005 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Après la Conquête d'Alexandre

Auteur(s) :
Annie Caubet, Arnaud Prévotat

Ce panneau de mosaïque, composé de tesselles de pierre, représente une harpiste. Il appartenait au décor de sol de l'iwan du "palais" de Chapour Ier à Bichapour, nouvelle capitale de l'Empire sassanide, construite après ses victoires sur Rome. L'héritage iranien et l'influence gréco-romaine sont associés dans la technique et l'imagerie (musicienne, tresses, cubes).

Chapour Ier : roi guerrier et bâtisseur

Chapour Ier (241-272), deuxième roi sassanide, redonna à l'empire les limites de l'époque perse achéménide, infligeant aux Romains une triple défaite. Il érigea dans sa province natale du Fars une nouvelle capitale à la mesure de ses ambitions, Bichapour, "la ville de Chapour". La cité est organisée, non plus selon le plan circulaire hérité des Parthes, mais selon un plan hippodamien emprunté à l'urbanisme grec. Hors la ville, Chapour mit à profit la gorge de la rivière de Bichapour pour orner les parois de grands reliefs historiques commémorant son triple triomphe sur Rome. L'un de ces reliefs, en forme d'hémicycle, multiplie les registres parallèles où se pressent soldats et chevaux, dans une imitation consciente des scènes narratives de la colonne Trajane à Rome. C'est aussi à Bichapour que le roi inaugure l'imagerie sassanide de l'investiture, qui sera reprise par ses successeurs : le roi et le dieu sont face-à-face, souvent à cheval, la divinité, en général Ahura Mazda, tend le diadème royal au souverain.

Une décoration fastueuse

Les fouilles ont surtout porté sur le secteur royal, situé à l'est de la ville. Un autel du feu, parfois interprété comme un sanctuaire d'Anahita, s'élève près du palais. Le coeur en est un espace cruciforme comportant huit grandes exèdres carrées décorées de soixante-quatre niches et recouvert d'une coupole. À l'ouest, une cour ornée de mosaïques, à l'est, un iwan carré servait de salle de réception. Ses murs devaient être revêtus de stucs en petits éléments appliqués sur la paroi : rangées de médaillons, bandeaux de feuillage, couronnements de merlons hérités de l'architecture achéménide. Toute cette technique décorative perdurera après la conquête de l'Islam. Le sol était dallé de marbre noir, avec une bordure en mosaïque. Le long des murs, une bande étroite figure des séries de têtes et de masques posés sur un fond blanc, de face ou de profil. Dans chaque niche prenait place un tableau en hauteur représentant des femmes nues sous des voiles transparents : courtisanes, musiciennes, danseuses, femmes tressant des couronnes, et quelques nobles dames richement parées.

Entre l'Orient et l'Occident

On sait que Chapour Ier, lors de la prise d'Antioche, fit déporter en Perse des artistes spécialisés pour les faire travailler à ses constructions. Les mosaïques de Bichapour trahissent une filiation avec l'art romain de Syrie et notamment d'Antioche : tous les motifs géométriques, comme les tresses ou les cubes vus en perspectives, en sont issus. On reconnaît des thèmes dionysiaques dans les masques, les musiciennes et les danseuses. Mais si l'imagerie dionysiaque est d'inspiration gréco-romaine, certains traits sont iraniens ou orientaux, comme le détail des femmes assises non sur un coussin ou un siège, mais directement par terre. Enfin, le programme de la salle ne s'explique pas par l'importation d'une iconographie classique mais comme l'adaptation de motifs célébrant la joie de vivre, le vin et les femmes, aux besoins du palais sassanide : dans cette salle se déroulaient des célébrations et des réjouissances royales, des banquets donnés à l'occasion de fêtes comme celle célébrant la renaissance de la nature à l'arrivée du nouvel an. Cette harmonieuse combinaison de traditions classiques et d'héritage iranien est la marque de la culture sassanide à son aurore.

Cartel

  • Panneau de recouvrement de sol : harpiste

    Vers 260 après J.-C.

    Iran, Bishapur, "palais" de Shapur Ier, sol de l'"iwan"

  • Mosaïque de marbre

  • Fouilles R. Ghirshman, vers 1939 - 1941

    AO 26169

  • Antiquités orientales

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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