Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Napoléon en triomphateur

Napoléon en triomphateur

© 2003 Musée du Louvre / Pierre Philibert

Sculptures
France, XIXe siècle

Auteur(s) :
Isabelle Lemaistre, Emilie Leverrier, Béatrice Tupinier

Pour couronner l'arc du Carrousel, qui marquait l’entrée du château des Tuileries, Dominique Vivant Denon (1747-1825) avait commandé à François Frédéric Lemot une statue en plomb doré représentant Napoléon dirigeant le char de la Victoire tiré par les célèbres chevaux provenant de la basilique Saint-Marc.

Commande d'un groupe surmontant l'Arc de triomphe

Le Napoléon en triomphateur de François Frédéric Lemot (1772-1827) surmontait l'Arc du Carrousel, dont la construction fut ordonnée par décret du 26 février 1806. Positionné dans l'axe central, l'entrée monumentale reliait habilement le palais du Louvre à celui des Tuileries. Vivant Denon (1747-1825), directeur du musée Napoléon, est chargé de la conception du monument édifié à la gloire de la Grande Armée, dont le programme iconographique tourne autour de la Victoire d'Austerlitz.  Pour couronner ce monument, il imagine un groupe audacieux, où l'empereur lui-même, se substituant au dieu Mars, dirigerait le char de la Victoire. Le groupe doit être sculpté en plomb doré, matériau aussi solide que le bronze, mais trois fois moins coûteux. C'est au sculpteur François Frédéric Lemot que Vivant Denon commande l'ensemble du monument : Napoléon, dirigeant le char de la Victoire, attelé aux quatre fameux chevaux antiques provenant de la basilique de Saint-Marc de Venise, encadré par les figures allégoriques de la Paix et de la Victoire. Même si la figure de l'Empereur en aurige apparaît dans tous les projets proposés par Vivant Denon de 1806 à 1808, à la surprise générale, lorsque Napoléon voit son effigie au sommet de l'Arc le 15 août 1808, il ordonne qu'elle soit retirée et "que le char, si l'on a rien de mieux à y mettre reste vide". Contrairement à ce qu'écrit Fontaine (1762-1853) dans son Journal, la sculpture n'est pas démontée le lendemain mais en 1812 (correspondance des 16 et 19 août 1812) car si elle a été montée en plusieurs pièces, elle forme désormais un bloc scellé sur l'Arc par cinq barres de fer. C'est à l'infortuné Lemot qu'on demanda cette opération. La statue fut placée dans l'Orangerie.
Butin de guerre, les chevaux de Saint-Marc ont été restitués en 1815. Le sculpteur Jean-François Bosio (1768-1845) réalisa un nouveau quadrige tirant le char de la Paix. La sculpture de La Paix inaugurée en 1828, placée dans le char est toujours en place aujourd’hui entre les deux victoires.

Représentation de l'Empereur

Cette statue diffère des autres représentations de l'Empereur, au sens où les proportions élancées du corps de l'Empereur et  l'idéalisation des traits du visage le font ressembler à un empereur romain. A l'exception du drapé, sorte de compromis entre les paludamentum, tuniques courtes portées par les dignitaires romains, et le costume d'apparat de l'empereur descendant jusqu'au sol, le sculpteur a utilisé les codes iconographiques officiels, tels qu'ils figurent sur la représentation de l'Empereur Napoléon Ier en costume de Sacre (RF 1973-28), tableau de François Gérard (1770-1837)conservé au musée du Louvre. Le drapé est brodé d'abeilles. Devenues emblème de l'Empire, elles sont considérées comme le plus ancien symbole des souverains de France, utilisé par le roi Childéric Ier, fondateur en 457 de la dynastie mérovingienne. Napoléon a choisi d'asseoir son pouvoir en s'inspirant de la dynastie carolingienne et de la Rome antique. Il tient fermement le pommeau de l'épée restée dans son fourreau, l'un des insignes royaux appelés les "honneurs de Charlemagne" restaurés pour le sacre de Napoléon à Notre-Dame le 2 décembre 1804, suggérant la continuité avec l'Empire carolingien. Il tient de sa main droite le sceptre impérial, bâton de commandement, signe d'autorité souveraine, surmonté d'un aigle, symbole de la Victoire dans la Rome antique, à l'instar de la couronne de feuilles de laurier, dont il est coiffé. Ces deux attributs ont été créés par l'orfèvre de Napoléon, Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), spécialement pour la cérémonie du sacre. Il est paré du collier de la Légion d'Honneur composé d'aigles attachés entre eux par un anneau double, et il s'agirait vraisemblablement du premier collier réalisé par l'orfèvre pour la cérémonie du sacre. La plaque de la Légion d'honneur en forme d'étoile à cinq branches doubles est suspendue au médaillon central composé du "N" napoléonien, entouré de feuilles de laurier et surmonté de la couronne impériale.
Cette iconographie rattachait Napoléon aux plus anciennes dynasties françaises. Elle évite toute allusion à la dynastie des Bourbons renversée par la Révolution qui, en fin de compte, avait porté Napoléon au pouvoir.

Bibliographie

- Pierre-François-Léonard FONTAINE, Journal 1799-1853, Société de l'histoire de l'art français, Paris, 1987.

- Vivant-Denon, directeur des musées sous le Consulat et l'Empire, correspondance (1802-1815), RMN, Paris, 1999.

- Dominique Vivant Denon, l’œil de Napoléon. Paris, RMN, 1999.

- L'orfèvre de Napoléon, Martin-Guillaume Biennais, sous la direction d'Anne Dion-Tenenbaum, RMN, Paris, 2003.

- François Frédéric Lemot, 1771-1827. Statuaire. Nantes, conseil général de Loire atlantique, 2005.

- Kings as collectors. Paintings, Sculpture, and Decorative Arts from the Musée du Louvre. Atlanta, High Museum of Art, 2006-2007.

Cartel

  • François Frédéric LEMOT (Lyon, 1772 - Paris, 1827)

    Napoléon en triomphateur

  • Plomb

    H. : 2,60 m.

  • Commande de Napoléon Ier

    MR 3458

  • Sculptures

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet