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Œuvre "Notre-Dame de Pitié" ou Déploration du Christ

Département des Sculptures : France, Renaissance

"Notre-Dame de Pitié" ou Déploration du Christ

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

Sculptures
France, Renaissance

Auteur(s) :
Valérie Montalbetti

Jean Goujon sculpta en 1544-1545 les bas-reliefs de la Déploration du Christ et des quatre évangélistes pour décorer le jubé de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris (face au Louvre). Le jubé (clôture qui séparait autrefois la nef du chœur), œuvre de l'architecte Pierre Lescot, avait la forme d’un arc de triomphe antique à trois arcades. Il fut détruit en 1745 et les reliefs furent diversement réutilisés. La Déploration entra au musée du Louvre en 1818 et les évangélistes, en 1850.

Sensibilité antique et beauté méditative

La Déploration dévoile les affinités de Goujon avec les artistes de la Renaissance italienne. Il emprunte à une estampe du Parmesan (1503-1540) la position du corps du Christ et la figure de la Vierge en pâmoison.
À gauche, la posture de Joseph d’Arimathie reprend celle de saint Jean dans la Pietà (Louvre) du Rosso (peintre florentin responsable du chantier de Fontainebleau), qui ornait la chapelle d’Écouen. L’élongation du canon, les gestes un peu précieux des mains aux doigts effilés appartiennent à l’école de Fontainebleau. L’œuvre révèle également une sensibilité à l’art antique, sans précédent en France. Il en émane la même beauté sereine.
La douleur s’exprime avec retenue : les visages sont calmes et concentrés, les attitudes méditatives et harmonieuses. Seule expression de violence, une sainte femme détourne le visage en poussant un cri. Seule indication dynamique, la draperie de Joseph d’Arimathie s’envole en tourbillonnant alors qu’il dépose le Christ sur le linceul. Les costumes sont intemporels et aucun attribut ne désigne les personnages. L’étoffe fine, dont le drapé aux plis serrés épouse le corps comme s’il était mouillé, évoque la statuaire antique grecque. Le Christ a la beauté athlétique d’un Apollon.

Une œuvre aux contours abstraits

L’œuvre témoigne surtout de la spécificité de l’art de Goujon. Le sculpteur privilégie l’élégance graphique, presque abstraite, des formes. Sur un fond nu (excepté l’arbuste), il ordonne une composition claire et savante : les corps forment des angles et dessinent des figures géométriques qui s’imbriquent. Les contours des figures sont très nets, cernés par un trait, puis la surface est subtilement modulée. Par ces inflexions de la surface, Goujon parvient, dans un relief de faible épaisseur, à faire sentir la profondeur des différents plans. Une comparaison avec la Mise au tombeau (musée du Louvre) de Germain Pilon, l’autre grand sculpteur de la Renaissance française, montre une conception tout autre : mouvement de la composition, agitation des drapés, pathos de l’expression, ou encore, jeu sur l’épaisseur du relief.

Une admirable science du raccourci

Les évangélistes sont désignés par leur symbole (l’aigle pour Jean, le lion pour Marc, le bœuf pour Luc, l’ange pour Matthieu). Goujon a varié les attitudes et n’a pas craint de représenter deux évangélistes de face, démontrant une admirable science du raccourci, jusque dans la description des pieds. Les contours sont dessinés avec vigueur et les chairs modelées, avec subtilité et douceur. Le drapé mouillé souligne de belles études de nus. À la manière des statues antiques, la chevelure est sculptée en mèches ondulées profondément creusées dans la pierre.

Bibliographie

Beaulieu Michèle, Description raisonnée des sculptures du musée du Louvre, t. II Renaissance française, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1978, pp. 92-94.

Blunt Anthony, Art et architecture en France 1500-1700, Paris, 1983, p. 105, éd. anglaise, 1953.

Boyer Jean-Claude, « Un dessin retrouvé du jubé de Saint-Germain-l’Auxerrois », GBA, oct. 2002, pp. 195-197.

Colombier Pierre du (pseud. de Pierre Poinçon de la Blanchardière), Jean Goujon, Paris, Albin Michel, 1949, pp. 36-41.

L’École de Fontainebleau, cat. exp. Paris, musée du Grand Palais, 1972, pp. 387-389.

Gaborit, Jean-René (sous la dir. de), Sculpture française, t. II Renaissance et Temps modernes, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1998.

Cartel

  • Jean GOUJON (Actif depuis 1540 - mort probablement à Bologne entre 1565 et 1568)

    "Notre-Dame de Pitié" ou Déploration du Christ

  • Pierre

    H. : 0,67 m. ; L. : 1,82 m. ; Pr. : 0,07 m.

  • Provenant du musée des Monuments français, 1818

    M.R. 1731

  • Sculptures

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Jean Goujon
    Salle 14

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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