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Œuvre Nymphe de la suite d'Apollon

Département des Arts graphiques : XVIIIe siècle

Jeune fille tenant une couronne de laurier, nymphe de la suite d'Apollon

Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola

Arts graphiques
XVIIIe siècle

Auteur(s) :
Boyer Sarah

Penchée vers la gauche, à demi nue, la nymphe à l'écharpe rose montre d'une main la couronne de lauriers qu'elle tient de l'autre. Reçue à l'Académie le 26 octobre 1720, Rosalba envoie de Venise ce morceau de réception qu'elle vient d'achever, avec une lettre pour Antoine Coypel datée du 10 octobre 1721 : "Une nymphe de la suite d'Apollon qui va faire présent de sa part à l'académie de Paris d'une couronne de lauriers, la jugeant la seule digne de la porter et de présider à toutes les autres".

Un phénomène extraordinaire

Le pastel, soumis le 31 janvier 1722 à l'Académie, est officiellement accepté lors de la séance du 28 février 1722. Tout comme la copie qu'en fera Delatour (Saint-Quentin, musée Lécuyer) et la lettre de Mariette à l'artiste, l'article du Mercure de France publié par Mariette, Crozat et l'abbé de Maroulle, témoigne du succès de l'oeuvre : "C'est un précis de toutes les parties de la peinture, tant pour le coloris et la finesse des touches ; il contient toutes les grâces et les ornements dont une demi-figure est susceptible". Les effets chromatiques nuancés et délicats, le raffinement obtenu avec ce médium, l'élégance discrète et parfois la pénétration psychologique sont le fait d'un peintre original et subtil. Chacun de ses portraits, exécuté sans effort apparent dans le dessin, exprime à la fois un intellect rigoureux et une technique disciplinée. Aucun artiste travaillant avec le pastel ne se soustrait, hier ou aujourd'hui, à son influence.

Une pastelliste à succès

Artiste illustre de son temps, Rosalba Carriera débute à la fin du XVIIe siècle grâce à la mode du tabac dont Sganarelle fait l'éloge au début de Dom Juan (Molière) : elle décore des tabatières de sujets galants puis développe une activité de miniaturiste, admirée dès 1698. Mais sa véritable notoriété naît des portraits au pastel auxquels elle se consacre exclusivement à partir de 1708 et dont elle lance la mode en France à la suite de son séjour à Paris (avril 1720-mars 1721). Dénuée de beauté, ses charmes et ses dons séduisent pourtant l'Europe entière, de Venise - où vivent la majorité de ses mécènes - à Paris, de Dresde à Londres. Son journal renseigne sur sa carrière professionnelle. Ses pastels, précédés de croquis à la plume ou à la pierre, sont très largement connus ainsi que ses miniatures. Le fait que seuls une douzaine de dessins préparatoires survivent suggère qu'elle ou ses héritiers pensaient que ces études ne rendaient pas justice à son art. Mais les quelques rescapés montrent que, tels les Vénitiens de sa génération, Rosalba utilise la technique du dessin pour développer et affûter ses idées.

L'Abecedario de Mariette

La correspondance de Mariette et Rosalba apprend qu'elle s'approvisionne souvent en crayons de pastel à Paris et que son correspondant est chargé du choix des couleurs. Admirateur fidèle de l'artiste, il sait analyser avec objectivité les qualités et faiblesses de son oeuvre : "Je trouve que dans ses airs de têtes (de femmes), Mlle Rosalba a beaucoup mis de la manière de Pietro Liberi ; ce sont souvent les mêmes caractères, les mêmes formes de bouche surtout, avec cette différence que les têtes de la Rosalba sont beaucoup mieux coloriées que celles de Liberi, qu'elles ont plus de fraîcheur et plus de vérité. Leur belle couleur fait oublier leurs incorrections, car, il faut l'avouer, la Rosalba est fort incorrecte, mais il en est d'elle comme du Corrège, ses incorrections visent au grand et lui sont, ce me semble, permises".

Bibliographie

Monnier G., Pastels XVIIe et XVIIIe siècles : Musée du Louvre, Cabinet des dessins, Paris, ed. des musées nationaux, 1972.
Sérullaz A., in L'an V : dessins des grands maîtres, cat. exp. Paris, Musée du Louvre, 23 juin-26 septembre 1988, Paris, Ed. de la Réunion des Musées Nationaux, 1988, n 8.
Sani B., Rosalba Carriera, Turin, Umberto Allemandi & C., 1988, fig.116, p.294 n 141.
Scarpa Sonino A., Omaggio a Rosalba Carriera : miniature e pastelli nelle collezioni private, Venise, Pro Venice international, 1997.

Cartel

  • CARRIERA Rosalba Giovanna

    Jeune fille tenant une couronne de laurier, nymphe de la suite d'Apollon

  • Pastel sur papier. Mesures du cadre : H : 00,805, L : 00,74 et profonndeur : 00,070.

    H. : 61.5 cm. ; L. : 54.5 cm.

  • 394800

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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