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PatèreScène de chasse royale sur le registre extérieurCapridés sur le registre intérieur

© 2009 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Annie Caubet, Arnaud Prévotat

Cette coupe en or a été découverte avec une autre, conservée au musée d'Alep, sur l'acropole d'Ougarit, près du mur de téménos d'un temple. Son décor, caractéristique de l'art international de l'époque, montre des influences égyptiennes et égéennes (peut-être dans le "galop volant") et des traditions levantines. Il représente le roi d'Ougarit à la chasse mais il est probable que ce décor ait eu une signification symbolique plus marquée.

Une chasse

Fragmentaire, cette coupe se dote d'une forme carénée à fond plat et à bord vertical. La composition du décor, repoussé vers l'intérieur, est organisée en registres séparés par un mince filet en relief. Quatre bouquetins défilent en cercle sur le registre central. Sur le registre principal, le chasseur, accompagné par un chien, est monté sur un char tiré par deux chevaux. Il tire à l'arc sur le gibier qui fuit devant lui, tout en menant son char avec les lanières passées dans sa ceinture : cette démonstration d'habileté est empruntée à l'imagerie royale égyptienne du Nouvel Empire. Le gibier chassé comprend des animaux lancés au "galop volant". On voit d'abord une chèvre, puis un jeune taureau aux formes élancées, puis une vache dont les tétines aux abois survolent le corps d'un petit veau éperdu, enfin un taureau plus massif mène la harde : par la nécessité de la composition circulaire, il se retrouve derrière le char du chasseur. L'artiste a tiré parti de cette disposition en dessinant le taureau avec la tête baissée, menaçant le char. Ce type de composition dynamique a servi à illustrer des chasses royales de l'Égypte du Nouvel Empire et a été repris, probablement grâce à des cartons de modèles, pour des oeuvres levantines. Cette coupe est caractéristique de ce "style international" qui a fleuri à l'époque, à la cour de l'Égypte, à Chypre et au Levant.

Découverte dans le secteur sacré

L'exploration du tell de Ras Shamra a commencé par le point le plus haut, l'Acropole, élevée au cours du temps par l'accumulation des constructions sur une éminence naturelle, et ce, depuis le VIIe millénaire. Claude Schaeffer a mis au jour la maison dite du grand prêtre où fut découverte la bibliothèque de textes mythologiques en langue akkadienne et en langue locale ; de part et d'autre de cette résidence, les vestiges de deux temples, composés d'une cella et d'une antichambre, bâtis chacun dans un espace délimité par un mur de téménos, ont été identifiés comme le sanctuaire de Bâal et celui de Dagan. Derrière le mur de téménos de Bâal, une cachette contenait deux bols d'or, dont celui-ci, partagés entre les musées d'Alep et du Louvre.

Une chasse symbolique ?

Dues à deux artistes, mais travaillant dans le style international, les deux coupes d'or illustrent un aspect de la pensée et de la mythologie : les files sans commencement ni fin d'animaux fabuleux, passant dans une nature privilégiée, semblent une évocation de la perfection de la création, dont l'équilibre est assuré par le combat toujours recommencé des forces sauvages avec le héros, figure mythique et ancestrale du souverain idéal. Dans la coupe de la chasse, le chasseur se distingue de ses modèles égyptiens : barbu, le profil aquilin, les cheveux bouclés courts, de type asiatique assurément, conforme au stéréotype de l'art égyptien où celui asiatique est figuré vaincu et humilié. Ici, triomphant et menant un char royal, c'est le souverain d'Ougarit s'employant au divertissement royal par excellence qu'est la chasse. Il est probable que la coupe de la chasse, comme la coupe d'Alep, possède une signification symbolique : cette "famille" de taureaux sauvages est peut-être une allusion aux principales divinités qu'évoquent les poèmes ougaritiques en leur donnant des épithètes bovines : El, le père des dieux, serait le vieux taureau, la génisse, Anat, et Baal, le jeune taureau. La coupe du Louvre, cadeau princier dans le temple du dieu, nous restitue-t-elle le souvenir d'un épisode perdu de la mythologie d'Ougarit ?

Cartel

  • PatèreScène de chasse royale sur le registre extérieurCapridés sur le registre intérieur

    XIVe - XIIIe siècles avant J.-C.

    Ras Shamra-Ougarit, Acropole près du temple de Baal

  • Or repoussé

  • Fouilles C. Schaeffer-G. Chenet, 1933 , 1933

    AO 17208

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : Syrie côtière, Ougarit et Byblos
    Salle B
    Vitrine 7 : Ras-Shamra : les objets de luxe

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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