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Œuvre Peintures du tombeau de Métchétchi

Département des Antiquités égyptiennes : De la fin de la Préhistoire à la fin du Moyen Empire (vers 3800 - 1710 av. J.-C.)

Peintures du tombeau de Métchétchi

© Musée du Louvre / C. Décamps

Antiquités égyptiennes
De la fin de la Préhistoire à la fin du Moyen Empire (vers 3800 - 1710 av. J.-C.)

Auteur(s) :
Geneviève Pierrat-Bonnefois

Comme par miracle, les fragments du décor peint sur torchis d’un tombeau vieux de 4300 ans sont encore bien visibles. Le culte funéraire d’un grand personnage et les scènes de la vie à la campagne dans son domaine revivent par le dessin et les couleurs. Dans la scène de la capture du gibier à plume, un de ces artistes éloignés a fait preuve d’une virtuosité particulière.

Des peintures dans un tombeau de l'Ancien Empire

L’emplacement du tombeau de Métchétchi n’est pas connu, mais en tant que « protégé auprès d’Ounas son maître », un de ses titres, on peut supposer qu’il fut enterré près de la pyramide de ce roi à Saqqara. Vu l’état de conservation de ces peintures si fragiles, elles devaient se trouver dans une pièce cachée et non dans la chapelle d’offrande, d’accès public. En effet, c’est un miracle de pouvoir contempler aujourd’hui, 4300 ans après leur création, ces peintures à la détrempe réalisée sur un support en torchis, en arabe « mouna » : de l’argile alluviale du Nil mêlée de paille, appliquée sur le mur de la chapelle et simplement séchée, puis recouverte de deux enduits argileux plus fins dont le dernier contient du plâtre.

La capture des canards

Le décor était partagé entre rites funéraires et vie agricole. La scène de capture des oiseaux au filet est un classique des moments de la vie à la campagne. Elle concourt à recréer la vie agreste et à alimenter, grâce à la magie de l’image, la table du mort pour l’éternité. Les hommes couchés et assis en bas à droite, sur deux rangs, tirent de toutes leurs forces sur une corde qui referme un filet sur les oiseaux (sur la droite, il ne reste qu’un petit fragment des oiseaux). L’action se déroule au milieu des fourrés ; un héron semble posé là comme pour une halte fortuite. Après la capture du gibier, sa présentation au maître commence sur la gauche. Deux serviteurs apportent des grappes de canards vivants, qu’ils semblent tirer d’une grande cage à leurs pieds. Un scribe enregistre les quantités livrées, comme il est de coutume dans les domaines des grands fonctionnaires. Au-dessus, des canards sont tendus à bout de bras par des porteurs tandis que d’autres attendent leur sort au sol ou dans des cages grillagées.

Une peinture à plusieurs mains

Dans ces peintures, les humains sont traités comme des signes répétés d’une action, sans aucune recherche d’individualisation. Le peintre chargé de les colorer en rouge déborde souvent de son cadre. En revanche, les volatiles sont peints avec beaucoup de soin et de talent. On ne peut qu’admirer le dessin souple des grappes de canards aux cous ployés dans diverses directions, ainsi que la mise en couleurs délicate et variée d’un groupe à l’autre. Les oiseaux sont tantôt jaunes et bleus, tantôt tout bleus ou tout jaunes ; et, fait rare et particulièrement réussi, l’avant-dernier groupe du registre supérieur présente un délicat dégradé de couleur du jaune au blanc. Cet effet de restitution d’un ventre clair sous un dos jaune donne une impression de douceur, comme le velouté d’un plumage. Il y a donc sans doute plusieurs mains dans cette œuvre, vraisemblablement collective. Par ailleurs, certains indices donnent l’impression qu’elle est partiellement inachevée, comme c’est le cas dans de nombreux décors de tombeaux.

Bibliographie

- ZIEGLER C., Musée du Louvre Département des Antiquités Egyptiennes - Catalogue des stèles, peintures et reliefs égyptiens de l’Ancien Empire et de la Première Période Intermédiaire (vers 2686-2040 av. J.-C.), Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1990, p. 32-36, 123-151.

- L’Art égyptien au temps des pyramides, catalogue de l’exposition, Paris, Editions de la réunion des musées nationaux, 1999, p. 322, notice n° 150.

- ANDREU G., RUTSCHOWSCAYA M. H., ZIEGLER C., L’Egypte au Louvre, Hachette, Paris, 1997, p. 69-70, notice n° 21.

Cartel

  • Peintures du tombeau de Métchétchi

    vers 2350 avant J.-C. (début 6e dynastie)

    Saqqara ?

  • torchis enduit et peint

  • E 25507, E 25508, E 25509, E 25510, E 25511, E 25512, E 25513, E 25514, E 25515, E 25516, E 25517, E 25518, E 25519, E 25520, E 25521, E 25522, E 25523, E 25524, E 25525, E 25526, E 25527, E 25528, E 25529, E 25530, E 25531, E 25532, E 25533, E 25534, E 25535, E 25536, E 25537, E 25538, E 25539, E 25540, E 25541, E 25542, E 25543, E 25544, E 25545, E 25546, E 25547, E 25548, E 25549

  • Antiquités égyptiennes

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Elevage, chasse et pêche
    Salle 5
    Vitrine 4 : Le tombeau de Métchétchi

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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