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Œuvre Plaque de saint Syméon

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art chrétien et byzantin

Plaque de saint Syméon

© 2006 Photo RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art chrétien et byzantin

Auteur(s) :
Marie-Bénédicte Astier

Cette plaque d'argent est un témoignage précieux du culte rendu aux saints stylites dans le bassin oriental de la Méditerranée, aux VIe et VIIe siècles. Elle provient du trésor de l'église de Ma'aret en Noman, en Syrie. Le décor en relief rappelle l'origine du stylitisme, cette forme d'ascétisme qui consiste à demeurer sa vie durant en haut d'une colonne. Saint Syméon l'Ancien, l'inventeur de cette pratique, est représenté au sommet d'une colonne, impassible face au serpent qui le menace.

Un ex-voto syrien

La Société des Amis du Louvre a acquis en 1952 une plaque d'argent décorée de reliefs au repoussé rehaussés d'or : elle constitue un témoignage original de l'essor des cultes chrétiens dans l'Antiquité tardive. Longtemps considérée comme un élément de reliquaire, cette plaque de la fin du VIe siècle est interprétée depuis peu comme un ex-voto dédié à saint Syméon, en raison de la dédicace inscrite en caractères grecs sur la bordure inférieure : "En remerciement à Dieu et à saint Syméon, j'ai offert." Des recherches récentes ont permis de replacer l'objet dans son contexte d'origine et semblent corroborer l'hypothèse d'un usage votif : la plaque provient du trésor de l'église de Ma'aret en Noman, en Syrie, qui a livré une série de petites feuilles d'argent, gravées de formules d'invocation et d'inscriptions dédicatoires analogues à celle du Louvre.

Saint Syméon au sommet de sa colonne

La dédicace ne précise pas malheureusement s'il s'agit de Syméon l'Ancien, qui vécut en Syrie du Nord entre 390 et 459 apr. J.-C., ou de Syméon le Jeune, disciple du premier (vers 521-592 apr. J.-C.), vénéré au Mont Admirable près d'Antioche. Cependant, le décor de la plaque illustrerait davantage les origines du stylitisme (du mot grec stylos qui signifie colonne), cette forme d'ascèse qui consiste à demeurer sa vie durant en haut d'une colonne. Cette pratique de mortification a été inventée au Ve siècle par Syméon l'Ancien, qui s'isola du monde en s'installant en hauteur. Le saint homme est représenté sous les traits d'un vieillard barbu, drapé dans un large manteau à capuchon, la tête surmontée d'une grande coquille. Il est juché au sommet d'une colonne derrière un parapet à croisillons ; une échelle et une ouverture pratiquée dans le fût en facilitent l'accès. Saint Syméon, un livre entre les mains, semble plongé dans une profonde méditation, impassible face au monstrueux serpent qui le menace. L'animal évoquerait un épisode de la vie de saint Syméon l'Ancien, lorsqu'un serpent vint trouver l'ermite afin d'intercéder en faveur de sa femelle malade.

Le culte des saints stylites

Dès la fin du Ve siècle, le culte de Syméon est particulièrement populaire en Syrie et dans tout le bassin oriental de la Méditerranée. La floraison du monachisme syrien a sans doute été favorisée par les tensions qui affectent alors l'Église orientale. Le sanctuaire édifié autour de la colonne du saint à Qalat Seman, non loin d'Alep, est devenu un des hauts lieux de pèlerinage du christianisme jusqu'au VIIe siècle. De nombreux disciples suivent l'exemple de l'ascète, parmi lesquels Daniel le Stylite (mort en 493 apr. J.-C.), le propagateur du mouvement à Constantinople. Bien qu'ils vivent en ermite en haut de leur colonne, les moines stylites sont entourés d'une communauté de disciples qui veillent à leur apporter la nourriture nécessaire à leur survie. En dehors des temps de prière, ils accueillent les pèlerins, haranguent les foules, exorcisent et effectuent des guérisons miraculeuses.

Bibliographie

Berlin Claude, Fumaroli Marc, Moinot Pierre et al., Des mécènes par milliers : un siècle de dons par les Amis du Louvre, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 21 avril-21 juillet 1997, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1997, p. 199, n 35.
Byzance. L'Art byzantin dans les collections publiques françaises, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1992, n 61.
Buschhausen Helmut, Die spätrömischen Metallscrinia und frühchristlichen Reliquiare, Vienne, H. Böhlaus, coll. "Wiener byzantinische Studien, 9", 1971, B 25, pp. 257-259.
Lassus Jean, "Une image de saint Syméon le Jeune sur un fragment de reliquaire syrien du musée du Louvre", in Monuments et mémoires. Fondation Eugène Piot, vol. 51, 1960, pp. 129-148.
Mundell Mango Marlia (sous la dir. de), Silver from early Byzantium : the Kaper Koraon and Related Treasures, cat. exp. Baltimore, Walters art gallery, 18 avril-17 août 1986, Baltimore, Trustees of the Walters art gallery, 1986, n 71, pp. 240-241.

Cartel

  • Plaque de saint Syméon

    Fin du VIe siècle après J.-C.

    Provenance : près de Ma’aret en Noman (Syrie)

  • Argent partiellement doré

    H. : 29,60 cm. ; l. : 25,50 cm.

  • Don de la Société des Amis du Louvre, 1952 , 1952

    Bj 2180 (MND 2035)

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

    Aile Sully
    1er étage
    Salle Henri II
    Salle 33
    Vitrine centrale 8 : Antiquité tardive

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

Une inscription en caractères grecs apparaît sur la bordure inférieure de la plaque (dédicace).