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Œuvre Plaque : Sacrifice de Caïn et Abel ; Meurtre d’Abel et malédiction de Caïn

Département des Objets d'art : Moyen Age

Plaque : Sacrifice de Caïn et Abel ; Meurtre d'Abel

© 2002 RMN / Jean-Gilles Berizzi

Objets d'art
Moyen Age

Auteur(s) :
Marie Cécile Bardoz

La plaque d’ivoire représentant l’histoire de Caïn et Abel provient d’un ensemble (un ambon ou un devant d’autel) probablement réalisé pour la cathédrale de Salerne, fondée par Robert Guiscard et consacrée par le pape Grégoire VII en 1084. Les deux scènes séparées par une colonnette représentent le Sacrifice de Caïn et Abel, puis le Meurtre d’Abel et la Malédiction de Caïn. Tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament, ces scènes réalisées par un artiste italien du 11e siècle, mêlent des éléments locaux à des formules puisées au répertoire byzantin.

Un sens aigu de la narration

Cette plaque en ivoire, sculptée en bas-relief, comporte deux scènes séparées par une colonnette torsadée. Caïn et Abel sont les enfants d’Adam et Eve. Sur la gauche, chacun présente son offrande à Dieu (un bouquet d’épis pour Caïn et un agneau pour Abel), symbolisé par une main émergeant des nuées. Le doigt pointé vers Abel montre que Dieu préfère son sacrifice. Sur la droite, Caïn jaloux, étrangle son frère. Le corps relâché d’Abel et ses yeux clos indiquent son décès. Devenant le premier meurtrier de l’humanité, Caïn effrayé, voit Dieu sortir des nuées et le maudire. Il est condamné à fuir éternellement.
Les deux frères sont vêtus de tuniques courtes retroussées à la taille et portent des pantalons à rayures glissés dans de hautes bottes décorées d’un motif en treillis. Les détails des vêtements ainsi que l’attitude des personnages sont exceptionnels de véracité, les yeux auparavant incrustés de perles de verre devaient encore rajouter à la vivacité des expressions. Les tendances narratives sont plus accentuées que sur les modèles byzantins.

Destiné à la cathédrale de Salerne

Cette plaque provient d’un ensemble de panneaux d’ivoire, mentionné pour la première fois dans la cathédrale de Salerne en 1510. Appelé paliotto, cet ensemble revêtait la forme d’un devant d’autel, d’un autel, d’un trône, d’un coffre reliquaire ou encore de portes, selon les hypothèses des spécialistes. Plus de quarante panneaux et fragments de panneaux rectangulaires subsistent. Ils représentent pour la plupart des scènes de l’Ancien Testament ou des épisodes du Nouveau Testament.
L’ensemble est l’œuvre du même atelier. La plaque du Louvre présente, comme les autres, une synthèse des sources byzantines et italiennes, combinées à une invention et un style propre aux ivoires de la cathédrale de Salerne. Cette œuvre exceptionnelle a sûrement été taillée dans un atelier d’ivoiriers actifs à Amalfi ou à Salerne à la fin du XIe siècle. Probablement vers 1084, à l’occasion de la consécration par Grégoire VII de la nouvelle cathédrale de Salerne qui fut reconstruite par Robert Guiscard à la suite de la redécouverte des reliques de saint Matthieu en 1080.

Bibliographie

- GABORIT-CHOPIN D., Ivoires médiévaux Ve – XVe siècle, Paris, RMN, 2003, p. 207-209, notice 58.

Cartel

  • Salerne ? (vers 1084)

    Plaque : Sacrifice de Caïn et Abel ; Meurtre d'Abel

    Provient de la cathédrale de Salerne

  • Ivoire

    H. : 10,90 cm. ; L. : 22,10 cm.

  • Ancienne collection Charvet, Castellani ; acquisition 1898 , 1898

    OA 4052

  • Objets d'art

    Aile Richelieu
    1er étage
    Suger
    Salle 2
    Vitrine 13

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

Plaque légèrement convexe ; manquent des doigts aux deux mains. Traces de griffures au revers. Restent quelques traces de perles de verre incrustées à l’origine dans les yeux.