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PlaquetteLa déesse nue debout sur un croissant

© 2004 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Annie Caubet

Quelques tombes d'Ougarit laissées intactes ont livré d'abondants bijoux. Ce pendentif en or, représentant la grande déesse nue de la fécondité, appartenait à une parure de cou composée de plusieurs feuilles d'or et de perles de cornaline.

Une image forte de la nudité féminine

Ce pendentif est constitué d'une feuille d'or de forme ovoïde. Le relief est obtenu par estampage ou application de la feuille mince sur un modèle en relief fait d'un matériau plus solide. Il représente une déesse nue vue de face, les bras repliés de part et d'autre du buste. Les mains à hauteur des épaules tenaient sans doute un emblème, peut-être des serpents, ce qui expliquerait le bourrelet bordant l'objet. Les proportions sont courtes et trapues, le visage excessivement grand par rapport au corps, très ramassé. La taille se trouve immédiatement sous les seins. Sous le nombril et un repli du ventre, le triangle du sexe sépare des cuisses très rondes.

Des parures riches en symboles

Ce pendentif compte parmi les plus complexes des bijoux réalisés en or et en argent retrouvés à Ougarit. Tous portent des motifs symboliques en rapport avec les croyances liées à la fertilité et à la fécondité, incarnées dans le culte d'une grande déesse. Celle-ci peut apparaître sous son aspect anthropomorphique, comme c'est le cas ici, où elle emprunte à la déesse égyptienne Hathor sa lourde coiffure de boucles enroulées autour du cou. On la découvre debout sur un croissant, allusion à son caractère astral. D'autres bijoux la représentent réduite à un visage, des seins et un triangle sexuel, le reste du corps ayant disparu. Parfois, seule la tête (ici déjà marquée de façon appuyée) est figurée, ce qui permet de rapprocher ces bijoux d'autres objets de parure féminins révélant des masques d'apparition de la déesse. Enfin, de nombreux médaillons en forme de disque, ornés de petits cercles ou de motifs en étoile, font référence au caractère astral de cette divinité. Ce caractère survivra chez la déesse romaine Vénus, à la fois déesse de l'amour et étoile du matin.

Une mythologie en image

Le site d'Ougarit a livré de nombreux textes en écriture cunéiforme, notamment des rituels et des récits mythologiques. La geste de Baal, dieu de l'orage et de la végétation, qui meurt et ressuscite, est consignée sur une série de tablettes donnant une place importante à la déesse Anat, soeur et amante de Baal. Telle Isis rassemblant les membres épars d'Osiris pour lui redonner vie, en Égypte, Anat fera revenir Baal parmi les vivants après sa mort, due à la chaleur brûlante de l'été. D'autres déesses interviennent dans ces récits. De cette mythologie complexe dont nous ne connaissons que des bribes, les bijoux d'Ougarit donnent une illustration.

Bibliographie

- SCHAEFFER Claude, "La troisième campagne de fouilles à Ras-Schamra", in Syria, vol. XIII, 1932, p. 8.

Cartel

  • PlaquetteLa déesse nue debout sur un croissant

    XIVe - XIIIe siècles avant J.-C.

    Minet el Beida, port d'Ougarit, dépôt 213 bis

  • Or repoussé

  • Fouilles C. Schaeffer-G. Chenet, 1931 , 1931

    AO 14716

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : Syrie côtière, Ougarit et Byblos
    Salle B
    Vitrine 7 : Ras-Shamra : les objets de luxe

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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