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Portrait d'une jeune princesse

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Geneviève Ponge

Pour l'identification de cette jeune princesse, ce sont les noms de Marguerite de Gonzague, Ginevra et Lucia d'Este qui, à l'heure actuelle, reviennent le plus souvent. Elle porte à la fois la devise de Leonello d'Este, seigneur de Ferrare (un vase enchaîné par une anse) et trois couleurs (rouge, vert et blanc), adoptées notamment par les Gonzague, marquis de Mantoue à cette date.
Il s'agit, avec celui de Leonello d'Este (1441), propriété de l'Accademia Carrara de Bergame, de l'un des deux portraits peints conservés de Pisanello, mieux connu aujourd'hui à travers ses dessins, fresques et médailles.

Un portrait d'apparat

La conception de ce portrait de cour semble inspirée de l’art de la médaille, un art fort apprécié durant l'Antiquité et auquel Pisanello sut donner un nouvel essor. Le modèle se détache en profil sur un fond neutre, décoré d’un semis de fleurs (des ancolies et des œillets), de feuillage et de trois papillons, qui n’est pas sans évoquer une tapisserie. Si le visage de la jeune femme est décrit rigoureusement de profil, en revanche son buste et ses épaules sont campés de trois quarts. Coiffée d’un chignon enrubanné «à l’antique», la chevelure et le front épilé haut à la mode du temps, elle est vêtue d’une robe blanche laissant apparaître des manches rouges bouffantes et d’une ceinture verte. Les trois couleurs (blanc, vert, rouge) que l’on distingue sur les torsades de son vêtement sont celles de la famille des Gonzague de Mantoue mais aussi des vertus théologales : le blanc de la Foi, le vert de l’Espérance et le rouge de la Charité. Certains ont vu dans le petit brin de genévrier (ginevero) piqué à l’emmanchure une allusion au prénom, «Ginevra », d’une des princesses de la maison  d’Este, d’autres un symbole de félicité et de paix que la cour de Ferrare, éprise de culture humaniste, ne pouvait manquer de décrypter aisément. Quant au vase en cristal orné de petites perles rondes dont on aperçoit l’une des anses, il était l’emblème de la famille d’Este et plus particulièrement de Leonello d’Este qui l'avait adopté avant de devenir marquis de Ferrare en 1441.

Une mystérieuse jeune fille

Il s’agit selon toute vraisemblance, comme le suggère la présence de feuillage à l’arrière-plan, d’un portrait de fiançailles ou de mariage. Mais en dépit des indications que révèlent les détails énumérés plus haut, l’identité de la jeune femme, nécessairement liée à la fois aux Este et aux Gonzague, demeure problématique, plusieurs princesses pouvant porter dans ces années 1436-1438 -date probable de la réalisation de cette effigie par Pisanello-  des emblèmes identiques : Ginevra d'Este, épouse en 1434 de Sigismond Malatesta (Louvre RF1978-1), Lucia d'Este, soeur de Ginevra et de Leonello, mariée à Charles de Gonzague, ou sa soeur, Marguerite de Gonzague qui épousa Leonello d'Este en 1435. L’un des premiers portraits individuels peints en Italie qui ait survécu, le tableau se réfère à la tradition du portrait de profil sur fond neutre, baignant dans une lumière égale, prisé au début du XVème siècle dans les milieux de cour européens. La délicatesse de cette ligne ondulante chère au style gothique international, la douceur caressante du modelé contribuent à l’expression de rêverie qui émane du modèle.

Pisanello après Piero della Francesca : un changement d'attribution

Félix Bamberg, consul d’Allemagne, fit l’acquisition de cette peinture en 1860 à Paris comme une œuvre de Piero della Francesca et la revendit sous la même attribution à Charles Picard qui la céda au Louvre en 1893. Entre-temps, le grand historien d’art Adolfo Venturi avait avancé en 1889 le nom de Pisanello qui n’a jamais  été contesté depuis cette date. Pisanello, formé  en Vénétie dans le sillage de Gentile da Fabriano, mena une carrière de peintre de cour itinérant, travaillant aussi bien pour les princes et les familles régnantes de Mantoue, Milan, Crémone, Ferrare, Rimini, Naples que pour la Papauté. C'est au retour d'un voyage à Rome qu'il s'arrêta à Ferrare en 1432 puis entre 1438 et 1448.

Bibliographie

- GORDON Dilian, SYSON Luke, Pisanello painter to the Renaissance court [exposition Londres, National Gallery, octobre 2001-janvier 2002]. Londres, New Haven, National, Gallery Yale University Press 2001.

- CORDELLIER Dominique, Pisanello la princesse au brin de genévrier, Paris, RMN, musée du Louvre, 1996.

- CORDELLIER Dominique, Pisanello le peintre aux sept vertus, [exposition Paris, musée du Louvre mai-août 1996] Paris, RMN, 1996.

- MARINI Paola, Pisanello, [exposition Vérone, museo di Castelvecchio, 8 septembre-8 décembre 1996]. Vérone, Museo di Castelvecchio, 1996.

Cartel

  • Antonio Puccio, dit PISANELLO (Pise, vers 1395 - ?, 1455)

    Portrait d'une jeune princesse

    Vers 1435 - 1440

  • H. : 0,43 m. ; L. : 0,30 m.

  • Acquis en 1893

    R.F. 766

  • Peintures

    Aile Denon
    1er étage
    Salle des Sept-Mètres
    Salle 4

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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