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Œuvre Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey

Département des Peintures : Peinture française

Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
François de Vergnette

Le peintre miniaturiste Jean-Baptiste Isabey reçoit des artistes, aussi bien des peintres, des sculpteurs, des architectes, que des musiciens et des acteurs, dans son atelier. Le décor à l’antique comme les tenues de dandy des artistes donnent une image rassurante du monde de l’art sous le Directoire. Boilly a peint ici un de ses chefs- d’œuvre avec un métier illusionniste qui était très apprécié par le public de son temps.

Une image rassurante du monde de l'art

A l’époque du Directoire, trente artistes, élégamment vêtus, conversent par petits groupes dans l’atelier du peintre miniaturiste Jean-Baptiste Isabey, reconnaissable à sa veste rouge. Certains regardent une œuvre de leur hôte sur le chevalet, d’autres encore rêvent. Aucun artiste n’est au travail comme dans les scènes d’atelier traditionnelles. Ce n’est pas non plus une cérémonie officielle qui les réunit ni même un manifeste d’école. Il s’agit à la fois d’un portrait collectif, à la manière des peintres hollandais du XVIIe siècle et d’une Conversation piece  britannique, c’est-à-dire de portraits dans un intérieur. Parmi les artistes, les peintres sont en majorité. Les peintres d’histoire, notamment Gérard et Girodet, sont sur le devant de la scène. Les peintres qui se consacraient à des genres considérés comme inférieurs, le paysagiste Bidault, ou l’auteur de la toile lui-même, Boilly, sont placés au dernier rang. Aux peintres, se mêlent des sculpteurs (Chaudet), des architectes (Percier et Fontaine), des musiciens (Méhul), des acteurs dramatiques (Talma). Cette rencontre idéale se déroule dans un atelier au décor « à l’antique », qui avait été conçu par les architectes les plus en vue de Paris, Percier et Fontaine. On distingue des représentations des Allégories des arts, une frise de Renommées, sur le mur, et également un buste de Minerve posé sur un poële. Avec ce décor et les tenues portées par les artistes, Boilly donne une image rassurante du monde de l’art, sans aucun aspect de bohême. Son but est d’assurer la publicité d’un groupe d’amis, plus jeunes que les chefs de l’école française d’alors (David, Houdon).

Succès public au Salon de 1798

Le tableau a été peint en 1798 vraisemblablement pour Armand Seguin, un industriel. Il obtint un grand succès public au Salon de 1798. Les visiteurs étaient attirés par les portraits très ressemblants peints par Boilly, en particulier des grands acteurs de l’époque. Boilly avait commencé sa carrière comme peintre de scènes galantes. La Révolution lui permit d’exposer au Salon mais l’obligea à changer de sujet. Il se fit portraitiste, exécutant près de cinq mille petits portraits individuels et composa des tableaux de foule, comme Le Triomphe de Marat (1794, Lille, musée des Beaux-Arts). Après 1800, il se spécialisa dans la peinture de la vie quotidienne des villes (L’Arrivée d’une diligence, musée du Louvre).

A l'école de la peinture hollandaise

Cette œuvre n’a pas seulement un intérêt documentaire. Il s’agit du chef-d’oeuvre de la carrière de Boilly portraitiste. Les trentes figures sont disposées en frise comme dans les grands tableaux néoclassiques de ses contemporains. Elles forment des groupes, unies harmonieusement par une double sinusoïde. Boilly montre son métier illusionniste, précis et raffiné, appris par sa fréquentation des peintures hollandaises du XVIIe siècle (Van Mieris, Dou).

Bibliographie

- LAVEISSIERE Sylvain, "L’Atelier d’Isabey : un panthéon de l’amitié ", in Boilly, catalogue d’exposition, Lille, Musée des Beaux-Arts, 1988, p. 52-63.

- MICHEL Régis, « L’Art des Salons »,  in Aux armes et aux arts. Les Arts et la Révolution 1789-1799, Paris, Adam Biro, 1985, p. 82-84.

- L. SIEGFRIED Susan, The Art of Louis-Léopold Boilly – Modern Life in Napoleonic France, New Haven, London, Yale University Press, 1995, p. 96-101.

Cartel

  • Louis-Léopold BOILLY (La Bassée (Nord), 1761 - Paris, 1845)

    Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey

    Salon de 1798

  • H. : 0,72 m. ; L. : 1,11 m.

  • Legs Biesta-Monrival, 1901 ; entré au Louvre en 1911 , 1911

    R.F. 1290 bis

  • Peintures

    Aile Sully
    2e étage
    Boilly
    Salle 58

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Signé en bas à droite : « L. Boilly »