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Œuvre Roland furieux

Département des Sculptures : France, XIXe siècle

Roland furieux

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

Sculptures
France, XIXe siècle

Auteur(s) :
Montalbetti Valérie

La puissance expressive de ce Roland, dont la fureur destructrice a été entravée, impressionna le public du Salon de 1831. Trahi dans son amour pour la princesse Angélique, le paladin exprime son désespoir avec une violence inouïe, toute romantique. Toutefois, Duseigneur honore son chevalier d’une nudité héroïque digne de la sculpture classique.

Un manifeste romantique

Duseigneur, jeune sculpteur de 23 ans, fit sensation au Salon de 1831 en présentant le modèle en plâtre de Roland furieux. La violence de l’expression en fit immédiatement un manifeste de la sculpture romantique. Possédé par la fureur de son amour déçu et luttant pour se dégager de ses liens, Roland bande ses muscles, tord ses membres et son buste, les mains agrippées au sol ; le visage est crispé de douleur, les yeux sont révulsés par la démence. L’écrivain et poète Théophile Gautier (1811-1872) dédia une ode au sculpteur, où il chante :
« Roland le paladin, qui, l’écume à la bouche,
Sous un sourcil froncé, roule un œil fauve et louche,
Et sur les rocs aigus qu’il a déracinés,
Nu, enragé d’amour, du feu dans la narine,
Fait saillir les grands os de sa forte poitrine,
Et tord ses membres enchaînés. »

Un sujet médiéval ?

L’œuvre révèle toutefois toutes les ambiguïtés de la sculpture romantique.
Le sculpteur s’est inspiré du Roland furieux (1516-1532) de l’Arioste, qui conte les aventures des paladins de Charlemagne. Roland, le plus valeureux d’entre eux, apprend qu’Angélique, la belle princesse du Cathay dont il est éperdument amoureux, en aime un autre. Fou de douleur, il jette son armure, déchire ses vêtements et se laisse aller à la fureur, déracinant les arbres à mains nues. Des amis chevaliers parviennent à le lier pour mettre fin à ses ravages et tenter de le ramener à la raison.
Le sujet semble participer du goût de la génération romantique pour le Moyen Age. Duseigneur, qui appartenait au cénacle de Victor Hugo, avait d’ailleurs adopté le prénom médiéval Jehan. Pourtant, l’artiste ne décrit pas un chevalier en armure, avec tout son attirail pittoresque. Il a choisi le seul passage où le héros est dévêtu, ce qui lui permet de justifier une démonstration virtuose de nu académique, conforme à la tradition classique. Le critique conservateur Gustave Planche apprécia d’ailleurs « quelques bonnes portions musculaires ».

Un bronze fondu tardivement

Œuvre phare du romantisme, elle ne fut pourtant transcrite en bronze que 36 ans plus tard, après la mort de l’artiste. Son fils Maurice la fit fondre à ses frais et la vendit à bon prix à l’État. Elle fut présentée quelques années dans le jardin du Luxembourg avant d’entrer au Louvre en 1900.

Bibliographie

L’Artiste, 1831, I, p. 159 et p. 313, II, p. 3.
Anne Pingeot, Antoinette Le Normand-Romain et Isabelle Lemaistre, Sculpture française XIXe siècle (École du Louvre, Notices d’Histoire de l’Art n° 6), Paris, 1982, n° 36.
Chefs-d’œuvre du Musée du Louvre. Bronzes de la Renaissance à Rodin, cat. expo. Tokyo, Metropolitan Art Museum, 1988, n° 46, pp. 246-247.

Cartel

  • Jean Bernard DUSEIGNEUR, dit JEHAN (Paris, 1808 - Paris, 1866)

    Roland furieux

    1867

  • Bronze fondu par Charnod

    H. : 1,30 m. ; L. : 1,40 m. ; Pr. : 0,90 m.

  • Acquisition de Napoléon III, 1868

    R.F. 2993

  • Sculptures

    Aile Richelieu
    Entresol
    Cour Puget
    Cour

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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