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Saint Isidore

Arts graphiques
XVIIe siècle

Auteur(s) :
Grollemund Hélène

Ce dessin important a été rapproché du tableau de Saint Isidore qui, avec son pendant Saint Léandre (tous deux à la cathédrale de Séville), ont été commandés à Murillo par l'archidiacre de Carmona, Juan Federigui, pour les murs de la sacristie de la cathédrale où ils ont été accrochés en août 1655. Dans ce dessin, considéré comme un de ses chefs-d'oeuvre, l'artiste maîtrise parfaitement la technique difficile des hachures croisées.

Un acte de dévotion

Saint Isidore, né en 560 à Carthagène (Andalousie), était le frère de trois saints : saint Léandre, auquel il succéda en 601 comme évêque de Séville, saint Fulgence et sainte Florentine. Grand érudit et écrivain fécond, il a laissé parmi ses oeuvres les plus notables une Histoire des Goths et une vaste encyclopédie intitulée Etymologiae sive origines. A Séville, le chanoine Juan de Federigui souhaitait placer deux toiles, l'une représentant Saint Léandre et saint Isidore, l'autre Saint Laureano et saint Hermenégilde, dans les niches de la sacristie de la cathédrale afin de témoigner de la "dévotion particulière qu'il a pour ces saints qui seraient de la main du meilleur peintre actuellement à Séville Pedro de Morillo (sic)" (Actes du chapitre du 19 mai 1655). Seules les deux premières effigies furent exécutées et sur des toiles séparées pour donner, semble-t-il, plus d'ampleur à chacune des figures destinées à être accrochées très haut sur le mur.

Deux projets pour un tableau

Des variantes entre l'esquisse et l'oeuvre définitive apparaissent dans le port de la tête, la présentation du livre et le décor du fond (en outre, les 4 cm ajoutés dans la partie supérieure du dessin correspondent à une partie non reproduite sur la peinture). Ces changements ont été interprétés comme des recherches d'expressions psychologiques différentes. Le dessin, en mettant l'accent sur l'attitude polémique et batailleuse du saint alors que la peinture accuse son caractère studieux, serait à mettre en relation avec un autre tableau prévu pour la chapelle Saint-Isidore de la cathédrale. En fait, il s'agirait plutôt d'un premier projet présenté par l'artiste à son commanditaire ; celui-ci aurait demandé des modifications que Murillo aurait apportées sur un second dessin. Ce deuxième projet serait le Saint Isidore du British Museum, très proche du tableau par l'attitude du personnage et par l'impression de sérénité et de recueillement.

Des hachures maîtrisées

Le dessin du Louvre, exécuté essentiellement à la plume avec quelques rehauts de lavis, est d'une écriture très vigoureuse avec un jeu varié de traits suggérant l'intensité des ombres : des hachures larges et entrecroisées indiquent les parties les plus obscures, des lignes parallèles plus espacées suggèrent les effets de lumière sur les vêtements et les architectures. C'est l'une des plus belles feuilles dans lesquelles l'artiste utilise ces hachures croisées qui montrent l'influence de Herrera l'Ancien : sa technique fut très renommée et joua un grand rôle dans la diffusion des hachures à la plume en Andalousie. Ici, la relation est flagrante bien que Murillo remplace les réseaux très serrés et réguliers de Herrera l'Ancien, plus proches des techniques de l'estampe, par des lignes beaucoup plus libres et très souples. Cette facture montre aussi des affinités avec Alonso Cano. Tous deux partagent cette même liberté des traits, cette même maîtrise qui respecte aussi le sens du détail et de la précision.

Bibliographie

- BOUBLI Lizzie, Inventaire général des dessins : Ecole espagnole XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 2002, n 85.

- PEREZ-SANCHEZ Alfonso, Tres siglos de dibujo sevillano, Séville, 1995-1996, n 76.

- RESSORT Claudie, Dessins espagnols : Maîtres des XVIe et XVIIe siècles, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1991, n 85.

Cartel

  • MURILLO Bartolomé Esteban

    Saint Isidore

    Saint-Morys, Ch.-P.-J.-B. de Bourgevin Vialart de

  • Plume et encre brune, lavis brun, traits à la pierre noire, sur papier beige clair. Annotation à l'encre brune dans l'angle inférieur droit : 'Morillo'. Bande supérieure rapportée et collée. Collé en plein. Dessin restauré

    H. : 23.7 cm. ; L. : 16.5 cm.

  • Saisie des Emigrés

    3918445

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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annotation en bas, à droite : Morillo