Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Saint Martin partageant son manteau

Saint Martin partageant son manteau

RMN-Grand Palais - Photo T. Le Mage

Arts graphiques
XIVe-XVe siècle

Auteur(s) :
Grollemund Hélène

Ce Saint Martin partageant son manteau est l'une des quarante-sept miniatures actuellement connues du très célèbre Livre d'Heures du trésorier de France Etienne Chevalier (vers 1410-1474). Elle illustre l'un des Suffrages des saints. Le manuscrit est le premier réalisé par Fouquet après son voyage en Italie. Entièrement de sa main, il témoigne à la fois des fortes impressions italiennes et des racines septentrionales de l'artiste.

Une structure complexe ...

Dans une ville traversée par un fleuve bordé de maisons, le saint à cheval, suivi d'un groupe de cavaliers franchissant un pont, rencontre un pauvre pliant le genou devant lui, et tire son épée. Dessous figure l'initiale O, première lettre de l'antienne du saint (O Martine, o pie...) masquée par le coeur brûlant (un ajout postérieur) et illustrée de l'apparition à Martin du Christ revêtu du manteau offert au pauvre ; sur le diptyque ouvert en dessous sont représentés Martin jeté par le diable du haut d'un escalier et l'apparition de la Vierge et des saintes Agnès et Thècle lui apportant un baume ; le nom de "Maistre Estienne Chevalier" et ses initiales encadrent ces représentations. Deux anges portant des banderoles aux inscriptions en latin : "Hic Martinus qui nulli nocuit" ("Voici Martin qui ne fit de mal à personne") et "Hic Martinus qui cunctis profuit" ("Voici Martin qui fit du bien à tous") sont placés devant un linge tendu qui renvoie vers le haut la scène principale.

... mais rigoureuse

Pour décrire ce paysage, Fouquet utilise la perspective oblique à deux points de fuite : le pont blanc est présenté obliquement et forme un triangle la pointe vers le bas. Ce type de composition permet de créer une impression de continuation de l'espace au-delà des bords extérieurs, et de dégager le centre de l'image vers le lointain. Fouquet recourt aussi à l'une de ses formules favorites pour les déplacements des cortèges, celle de la route tournante. Ici, même le pavement suit le mouvement circulaire. Le procédé permet de présenter hommes et montures sous des angles de vue successifs, prouvant ainsi sa virtuosité, mais introduisant surtout un élément supplémentaire dans la représentation de l'action, celui d'un mouvement continu en train de se dérouler sous nos yeux.

Nord et Sud

Ce manuscrit illustre le balancement de Fouquet entre deux cultures : l'harmonieuse construction géométrique, l'intégration des corps dans l'espace, la netteté des formes et des contours sont des italianismes résultant de rapports entretenus avec de grands artistes toscans, notamment Fra Angelico. Ses racines septentrionales s'affirment dans la manière de faire vibrer la lumière des ciels transparents, d'éclairer tendrement figures, architectures et paysages, tout comme dans la restitution de particularités topographiques. Ainsi, certains ont reconnu ici la ville de Tours où les reliques de saint Martin furent transférées en 1454 dans une nouvelle châsse commandée par Charles VII ; d'autres ont identifié Paris et le Pont-au-Change. Le choix du sujet, quant à lui, est révélateur du goût de Fouquet pour la vie concrète et familière : un épisode de l'histoire du saint mis en action avec de nombreux personnages, présenté comme un événement contemporain, dans des décors et des costumes du temps présent. Les artistes de l'époque ont apprécié l'actualité de ces scènes : la composition de ce Saint Martin fut inlassablement copiée, entièrement ou par éléments.

Bibliographie

- AVRIL François, Jean Fouquet : peintre et enlumineur du XVe siècle, cat. exp. Paris, Bibliothèque nationale de France, 2003, n 24.38.

- MEJANES Jean-François, Le paysage en Europe du XVIe au XVIIIe siècle, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1990, n 3.

- REYNAUD Nicole, Jean Fouquet, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1981, p. 46-55.

- REYNAUD Nicole, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1995, n 68 ; ouvrage publié à l'occasion de l'exposition "Quand la peinture était dans les livres : Les manuscrits enluminés en France, 1440-1520", Paris, Bibliothèque nationale de France, 1993-1994.

Cartel

  • FOUQUET Jean

    Saint Martin partageant son manteau

    vers 1452 1461

    Feuillet, M.

  • Recto à l'origine verso : enluminure sur parchemin avec rehauts d'or au pinceau et baguette d'or au pinceau. Surface peinte : H. 162 mm ; L. 119 mm. bords découpés et déchirés irrégulièrement. Collé sur une planchette de bois, probablement de chêne, chanfreinée, enduite en blanc au recto, et contrecollé d'une feuille de papier bleu au revers avec au pourtour une bande de papier doré fragmentaire partiellement cachée par le papier bleu. Quelques manques de couleur dans le bas de la miniature. Chiures de mouche dans les marges. Le Sacré-Coeur ardent marqué du monogramme IHS est un surpeint du XVIIIe siècle, apporté après grattage du texte. Restauré en 1993.

    H. : 20.9 cm. ; L. : 14.3 cm.

  • achat , 1888

    401679

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet