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Saint Sébastien

© 2008 RMN / René-Gabriel Ojéda

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Séverine Laborie

Le tableau provient de l'église d'Aigueperse en Auvergne. Sa présence dans la région pourrait s’expliquer s’il a été offert à l’occasion du mariage, en 1481, de la fille du protecteur de Mantegna, Federico Gonzaga, marquis de Mantoue, avec Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier.
L’œuvre reflète la fascination de Mantegna pour l'Antiquité et illustre son habileté dans les effets de perspective : le corps du saint martyr, vu en contre-plongée, s’impose au spectateur par sa monumentalité.

Une œuvre de dévotion

La dévotion à saint Sébastien, protecteur contre la peste, était très forte au XVe siècle. L’iconographie traditionnelle est ici renouvelée par l’introduction de nombreuses références à l’Antiquité. Mantegna s’est livré avec passion à la redécouverte de l’Antiquité, encouragé par son maître Squarcione et par ses fréquentations dans les milieux humanistes padouans. Ses citations archéologiques précises n’entravent pas sa liberté d’invention, comme en témoigne le chapiteau composite qui coiffe la colonne ou les architectures fantaisistes qui animent le paysage. Le mélange des styles architecturaux exprime la continuité entre le monde antique et le monde chrétien selon un thème cher aux humanistes. L’aspect dévotionnel de l’œuvre demeure : le fragment de pied sculpté placé à côté du pied du saint exprime le triomphe du monde chrétien sur le monde païen par le sacrifice et le traitement du corps à l’antique concède à la tradition iconographique le bas du torse, criblé de flèches.

L'obsession du détail

L’œuvre est révélatrice du goût perfectionniste du détail chez Mantegna. Cette application donne à ses tableaux leur aspect admirablement fini, mais implique un travail lent. Elle révèle peut être l’influence de la peinture flamande dont Mantegna a pu voir des exemples dans sa jeunesse à Ferrare. Alors que se diffuse en Italie l’usage de la peinture à l’huile, Mantegna privilégie une technique raffinée, la tempera sur toile dont les effets sont la matité qui rappelle celle des fresques et met en valeur son dessin incisif et l’opacité qui accentue le dessin des formes et la sévérité du chromatisme. Le résultat est proche de la gravure qu’il pratique entre 1470 et 1485. Le saisissement minéral des formes évoque également la sculpture, l’art majeur à la Renaissance. Squarcione aurait d’ailleurs reproché à son ancien élève : « ses peintures [qui] ne ressemblaient pas à des modèles vivants mais à des statues antiques ». Mantegna va au bout de ce procédé en peignant à la fin de sa vie des reliefs antiques en trompe-l’œil.

L'art du trompe l'oeil

Que ce soit dans la réalisation de sculptures ou d’architectures feintes (voir le faux oculus du décor de la Chambre des Epoux à Mantoue), Mantegna s’impose comme un maître du trompe l’œil. Cet artifice de peintre apparaît ici dans la mise en place d’un faux encadrement de porphyre qui fait fonction d’ouverture fictive sur l’espace pictural. Il évoque la théorie développée par Alberti dans son De Pictura (1435) selon laquelle la peinture est une fenêtre ouverte sur la réalité. Les deux bourreaux, audacieusement coupés à hauteur d’épaule, contribuent à cet effet illusionniste qu’affectionne Mantegna et que l’on retrouve dans d’autres œuvres (comme La Crucifixion INV 368). Le spectateur invité à se placer à la hauteur des archers adopte leur point de vue : il est humble devant le corps sculptural du saint qui s’impose tel un mur devant son regard. Le point de fuite placé très bas, la vue en contre-plongée, la maîtrise du raccourci, donnent au supplicié cet aspect monumental et solennel.

Bibliographie

- DE NICOLO SALMAZO Alberta , Mantegna, Citadelles et Mazenod, Paris, 2004.

- MARTINEAU Jane, Andrea Mantegna, catalogue de l’exposition, Londres, Royal Academy of art et New York, Metropolitan Museum of Art, 1992.

- CARAVAGLIA Niny, Tout l’œuvre peint de Mantegna, Flammarion, Paris, 1978.

Cartel

  • Andrea MANTEGNA (Isola di Cartura (Vénétie), 1431 - Mantoue, 1506)

    Saint Sébastien

    Vers 1480

  • H. : 2,55 m. ; L. : 1,40 m.

  • Acquis en 1910 , 1910

    R.F. 1766

  • Peintures

    Aile Denon
    1er étage
    Grande Galerie
    Salle 5

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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