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Œuvre Sarcophage anthropoïde complet

Département des Antiquités orientales : Levant

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Sarcophage anthropoïde complet

© 1998 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Nicolas Benoît

Ce monument appartient à l'ensemble des sarcophages anthropoïdes caractéristiques de la sculpture funéraire phénicienne d'époque perse ; il fut d'ailleurs le premier de ce groupe exposé au Louvre. Provenant de la région de Tripoli, il illustre la synthèse opérée en terre phénicienne par les princes locaux entre le modèle du sarcophage égyptien, connu de longue date, et les formes et techniques de l'art grec du Ve siècle av. J.-C.

Un sarcophage bien conservé

Ce sarcophage en marbre blanc est composé d'une cuve et d'un couvercle au profil arrondi, respectivement munis de six et quatre tenons latéraux. Le relief sculpté sur le couvercle consiste en un socle massif figurant les pieds et une tête masculine plus détaillée. D'inspiration grecque, elle relève du style dit sévère (environ 480-450 av. J.-C.) : le nez est proéminent, les yeux en amande sont entourés de paupières épaisses aux angles tombant légèrement, les lèvres sont charnues et bien séparées pour créer un sourire discret. La chevelure, formée de trois rangées de boucles rondes, était à l'origine rehaussée de peinture bleue foncée disparue depuis. Derrière les oreilles, grandes et décollées, sont arrangées deux doubles mèches plates ondulant sur le couvercle. L'oreille gauche, enfin, est percée d'un trou.

Une importante acquisition

Découvert en 1853 par A. Péretié, chancelier du consulat de France à Beyrouth, et acquis par le Louvre la même année, ce sarcophage anthropoïde fut le premier du genre à y être exposé. Il faisait alors partie d'un ensemble de quinze oeuvres composant la section phénicienne du musée, décrite pour la première fois en 1854 par Adrien Prévost de Longpérier. Par la suite, de nombreux sarcophages de ce type ont été exhumés depuis la côte levantine, la Phénicie proprement dite, jusqu'au Sud de l'Espagne, reflétant ainsi la vaste diffusion de la culture phénicienne en Méditerranée. La provenance de cette oeuvre, impossible à déterminer précisément du fait d'indications contradictoires, est à situer dans les environs de Tripoli, ce qui correspond à la zone d'influence du royaume d'Arados-Arouad, grand foyer de production de sarcophages du Nord de la Phénicie.

Les sarcophages anthropoïdes phéniciens

Caractéristiques de l'art funéraire phénicien à partir du Ve siècle av. J.-C., ces oeuvres ont été constituées à partir d'influences diverses. L'origine en est égyptienne : les masques de cartonnage recouvrant le visage des momies dès la fin du IIIe millénaire s'allongèrent progressivement jusqu'à recouvrir totalement les corps. Ainsi fut créé le sarcophage qui, à partir de la 26e dynastie égyptienne (663-525 av. J.-C.), est taillé dans la pierre. L'apparition des premiers sarcophages phéniciens au début du Ve siècle av. J.-C. est certainement liée à la conquête de l'Égypte et au pillage des nécropoles de Memphis et Saqqara par l'armée perse en 525 : y participèrent en effet des Phéniciens (de Tyr, Sidon et Arados), des Grecs d'Ionie et des Chypriotes. Le modèle du sarcophage fut alors introduit en terre phénicienne, probablement adapté ou influencé par des artistes grecs au service des princes locaux. C'est ce que suggère notre exemplaire, tant par le marbre utilisé, manifestement importé d'une île grecque, que par sa facture. Les mèches ondulées évoquent l'art grec des années 520, mais il pourrait s'agir ici d'un archaïsme délibéré de la part du sculpteur : le traitement du visage, la forme arrondie de la cuve et du couvercle indiqueraient plutôt les années 470. Il constitue ainsi un témoignage représentatif de la période perse, durant laquelle les royaumes phéniciens jouèrent le rôle de creusets où convergèrent influences égyptiennes et grecques.

Bibliographie

- BUHL Marie-Louise, "L'Origine des sarcophages anthropoïdes en pierre", in Atti del Primo Congresso Internazionale di Studi Fenici e Punici, vol. I, Rome, 1979 (1983), pp. 199-202.

- BUHL Marie-Louise, "Les Sarcophages anthropoïdes phéniciens en dehors de la Phénicie", in Acta Archaeologica, vol. 58, 1987, Munksgaard, Kobenhavn, 1988, pp. 213-221, fig. 10.

- CAUBET Annie, YON Marguerite, "Arouad et Amrit, VIIIe-Ier siècle av. J.-C. Documents", in Transeuphratène, n 6, Paris, Gabalda, 1993, pp. 60-62, n 19, pl. V.

- CAUBET Annie (dir.), L'Art phénicien : la sculpture de tradition phénicienne, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 2002, p. 54, n 39.

- ELAYI Josette, "Les Sarcophages phéniciens d'époque perse", in Iranica Antica, n 23, 1988, pp. 289-290.

- FREDE Simone, Die Phönizischen Anthropoiden Sarkophage, Teil 1, Fundgruppen und Bestattungskontexte, Mayence, Von Zabern, 2000, cat. II, 20, p. 119, pl. 92, 93a.

- LEMBKE Katja, Phönizische anthropoide Sarkophage, Mayence, Von Zabern, 2001.

Cartel

  • Sarcophage anthropoïde complet

    Vers 470 avant J.-C.

    Aux environs de Tripoli (Liban)

  • Marbre blanc

    H. : 0,67 m. ; l. : 2,16 m. ; L. : 0,78 m.

  • Découvert par M. Péretié, acquisition 1853

    AO 4801

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : les royaumes phéniciens
    Salle 17 a, salle fermée au public, non exposé

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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