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Sarcophage d'Eshmunazor II, roi de Sidon

© 2006 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Annie Caubet, Arnaud Prévotat

Ce sarcophage découvert à Sidon a servi au roi de cette ville, Eshmounazor II. L'iconographie de ce sarcophage montre une origine égyptienne : le mort, serré dans son linceul d'où émerge la tête, est coiffé par une perruque tripartite, il porte une barbe postiche et un collier ousekh se terminant de part et d'autre par une tête de faucon. Sur le linceul est gravée une longue inscription de vingt-deux lignes en phénicien alphabétique, capitale pour l'histoire de la période perse achéménide.

Un étonnant sarcophage

Le lieu dit "caverne d'Apollon" au sud-est de Sidon a révélé l'une des nécropoles royales de Sidon à l'époque perse achéménide. La nécropole se compose de chambres funéraires souterraines taillées dans la roche, accessibles par des puits verticaux. Y étaient déposés des sarcophages de marbres importés de Grèce. La plupart sont anthropoïdes, c'est-à-dire qu'ils adoptent la forme d'une momie, selon un type connu en Égypte pharaonique, mais le visage est traité dans un style grec. Des monuments de ce type ont été retrouvés dans les nécropoles de la plupart des cités phéniciennes du littoral libanais, de Chypre et des colonies phéniciennes en Méditerranée occidentale. Il s'agit là d'une production de qualité destinée aux élites et probablement due à des artistes grecs. Le sarcophage d'Eshmounazor et celui de son père Tabnit découvert dans une autre nécropole font exception : ce sont deux monuments égyptiens de récupération, la pierre est importée d'Égypte, le style du visage et la forme du corps sont égyptiens. Seule une longue inscription permet dans les deux cas de les identifier comme appartenant à un roi de Sidon.

Vie et mort d'un roi

L'inscription d'Eshmounazor a été gravée sur le plat du couvercle et sur la partie de la cuve qui entoure la tête. L'épitaphe commence avec l'émouvant appel du roi mort avant son âge, suit la malédiction qui frapperait quiconque troublerait son repos auprès des Rephaïm.

Vient ensuite la filiation de la famille royale :
"Moi Eshmounazor, roi des Sidoniens, fils du roi Tabnit, roi des Sidoniens, petit-fils du roi Eshmounazor, roi des Sidoniens et ma mère Amoashtart, prêtresse de Ashtart notre Dame, reine, fille du roi Eshmounazor roi des Sidoniens."

La dynastie a prodigué les constructions pieuses :
"C'est nous qui avons bâti les temples des dieux : le temple de Ashtart à Sidon côtière et nous avons intronisé Ashtart des Cieux majestueux et c'est nous qui avons bâti le temple pour Eshmoun, prince saint de la source YDLL dans la montagne et nous l'avons intronisé "des Cieux majestueux". Et c'est nous qui avons bâti les temples pour les dieux des Sidoniens à Sidon côtière, le temple pour le Baal de Sidon et le temple pour Ashtart-nom-de-Baal. "

La faveur du roi perse a agrandi le territoire de Sidon en prenant sur la Palestine :
"Le Seigneur des Rois nous a donné Dor et Yapho, les riches terres à blé qui sont dans la plaine de Sharon à la mesure des hauts faits que j'ai accomplis et nous avons ajouté aux territoires du pays acquis pour les Sidoniens pour toujours."

Le texte se termine par une nouvelle malédiction à l'encontre de qui "ouvre ma dalle" et enlèverait le sarcophage.

Des informations capitales

Le texte, d'une longueur exceptionnelle, est une mine d'informations sans prix sur l'histoire de l'empire perse achéménide. On devine que Sidon, alors la cité la plus importante de Phénicie, a mis sa flotte à la disposition du "Seigneur des Rois" (sans doute Xerxès Ier) pour ses entreprises en Méditerranée, ce dont elle est récompensée par l'attribution des territoires de Dor et Japha ainsi que les riches terres à blé de la plaine de Sharon. L'inscription est aussi très révélatrice de l'organisation particulière de la dynastie, dont la légitimité est assurée par la mère d'Eshmounazor, prêtresse et fille de roi, reine elle-même, peut-être comme régente. Enfin l'énumération des constructions pieuses de la dynastie lève un voile sur le panthéon vénéré à Sidon et le paysage monumental de la cité et ses environs, de la Sidon côtière à la "source dans la montagne".

Cartel

  • Sarcophage d'Eshmunazor II, roi de Sidon

    Premier quart du Ve siècle avant J.-C.

    Nécropole de Magharat Tablun (caverne d'Apollon), Saïda, ancienne Sidon (Liban)

  • Amphibolite noire

    l. : 2,56 m. ; L. : 1,25 m. ; H. : 1,19 m.

  • Découvert par A. Durighello, 1855, don duc de Luynes, 1855

    AO 4806

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : les royaumes phéniciens
    Salle 17 a, salle fermée au public, non exposé

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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