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Œuvre Sortie de l'école turque

Département des Peintures : Peinture française

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Sortie de l'école turque

© 1990 RMN / Christian Jean

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Malika Dorbani-Bouabdellah

« Chez Decamps, c’est la fougue, la puissance de la bataille qui régit la composition. Il est impossible de déterminer le nombre de combattants, ni même de reconnaître un visage. Decamps peint l’action dans toute sa violence, dans tous ses mouvements, et nous donne ainsi à voir une tornade chromatique plutôt qu’une représentation classique de combat ». Cette analyse de Béatrice Tupinier à propos de La Défaite des Cimbres (Musée du Louvre. R.F. 1940) s’applique parfaitement au présent tableau.

Souvenir de Turquie

Inspiré, comme ses contemporains romantiques, par la  guerre d’indépendance grecque, Decamps réalise en 1823, soit quatre ans avant son voyage en Orient, une lithographie sur le massacre de Scio. Ses tableaux de petit format, comme celui-ci, se vendent tôt et vite. A la fin de l’année 1827, il part en mission en Turquie, en compagnie d’Ambroise-Louis Garneray, dans le but de préparer une œuvre sur la bataille de Navarin. Il finit par renoncer à ce projet mais de ce séjour d’un an, il rapporte des souvenirs inoubliables de motifs orientaux pittoresques qui, dès 1840, donnent à sa carrière une nouvelle impulsion et beaucoup plus de succès. 
Il existe d’autres variantes du thème des enfants, à l’intérieur ou hors de l’école, dont l’aquarelle présentée au Salon de 1842, le dessin du Musée de Bayonne (inv. 201), ou La Sortie de l'école turque  du Musée des Beaux-Arts de Chambéry (M 325). Elles ont attiré, pour des raisons diverses, l’attention des amateurs et des critiques. Le duc Ferdinand d’Orléans aimait l’étrange physionomie des enfants qui lui rappelait ceux observés dans les rues d’Alger. Quant à Baudelaire, il écrit dans son Salon de 1846 : «  ce sont bien là ces beaux enfants que nous connaissons, et cette atmosphère lumineuse et poussiéreuse d’une chambre où le soleil veut entrer tout entier. »

"Il invente plus qu'il ne se souvient" Eugène Fromentin

Decamps a également peint des enfants à l’intérieur d’une salle de classe. Il les montre, à quelques exceptions près, assis autour du maître, en face de lui ou à ses côtés. Ils sont plutôt calmes et concentrés sur leur étude,  contrairement à cette ruée, comme prise sur le vif, à leur sortie de l’école.
Ce moment accessoire de la vie quotidienne turque est, pour le peintre, un prétexte à des effets très dynamiques. Fromentin dit de lui qu’« il invente plus qu’il ne se souvient ». Dans ce tableau, les élèves, tel un essaim d’abeilles, surgissent brusquement de l’intérieur, tous en même temps, à travers une porte trop étroite pour leur empressement. La cohue  est  saisie sur le vif au moment où elle se précipite du seuil d’une salle de classe factice et obscure, dans l’angle d’une cour indirectement éclairée. Un rayon de soleil, glisse en diagonale, sur l’encadrement de la porte, entre deux auvents et les découpes de leur ombre portée. L’espace limité dans lequel il place l’action et le demi-jour qui l’enveloppe, permettent au peintre d’en exprimer, rapidement et  avec peu de moyens, la violence à son paroxysme.

Une pochade

La foule sans visages, enchevêtrée au centre et impétueuse, bouscule, emporte, piétine. Quelques enfants s’échappent du tourbillon, à gauche, vers une porte de sortie, d’autres  courent, à droite, vers un muret, l’escaladent en en jaugeant la hauteur, comme pour sauter. Les moins chanceux sont projetés à terre ou chancellent sous la poussée déchainée de leurs camarades.
La frénésie du premier plan, rendue au moyen de rehauts lumineux, de touches et de traits aussi grouillants et variés, est jugulée par la verticalité des colonnes, l’appareil et le crépissage poreux et blanchâtre des murs. Néanmoins, le contraste est atténué grâce au faisceau lumineux que renvoie cet arrière fond sur la cour. L’effet de transparence et d’équilibre entre ombre et lumière, permet de détailler les gestes et les attitudes de la foule, la variété des textures et les accords de tons et de mouvements qui les lient harmonieusement aux autres éléments de la composition.     

Bibliographie

- TUPINIER B., Le Mécénat du duc d’Orléans 1830-1842, « Un peintre en mouvement », Paris, 1993, p.119

- MOSBY D. F.,  Alexandre Gabriel Decamps 1803-1860, New York -Londres, 1977

- BUNDORF-CANISARES M.,  "Pour une redécouverte d’Alexandre Gabriel Decamps, un peintre célèbre en son temps", L’Information d’Histoire de l’Art, n°4, 1968, p. 170

Cartel

  • Alexandre-Gabriel DECAMPS (Paris, 1803 - Fontainebleau, 1860)

    Sortie de l'école turque

    Vers 1841 ?

  • H. : 0,66 m. ; L. : 0,89 m.

  • Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906 , 1906

    R.F. 1646

  • Peintures

    Aile Sully
    2e étage
    Collection Moreau-Nélaton
    Salle 71

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

S.b.g. : Decamps