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Œuvre Statue d'un prêtre de Bastet couverte de formules magiques

Département des Antiquités égyptiennes : Croyances religieuses et funéraires

Statue d'un prêtre de Bastet, couverte de formules magiques

© 2010 Musée du Louvre / Georges Poncet

Antiquités égyptiennes
Croyances religieuses et funéraires

Auteur(s) :
Marc Étienne

Dédiée par une famille de prêtres de Bastet, cette statue était placée dans un espace public. Elle représente un homme porteur d'une stèle de "Horus-sur-les-crocodiles". Les Anciens Egyptiens espéraient guérir les morsures venimeuses en buvant de l'eau ayant coulé sur les inscriptions magiques qui le recouvrent, ainsi que sur la stèle.

Une stèle dans une statue

Les statues de personnages qui présentent une stèle du type "Horus sur les crocodiles" comme celle-ci se multiplient à partir du VII siècle av. J.-C. Sculptées dans des pierres dures et sombres, elles sont recouvertes de textes magiques et de représentations de divinités protectrices, finement gravées sur toute la surface à l'exception des pieds, des mains et du visage.
La statue du Louvre présente les caractéristiques de la statuaire de la Basse Epoque, notamment le léger sourire qui vient agrémenter le visage aux joues pleines du personnage. Seule de la série, elle donne le mode d'emploi précis de ces objets. On doit boire l'eau que l'on aura fait couler sur la statue et qui se sera imprégnée des vertus curatives prodiguées par les textes magiques qui y sont gravés. Ici, les donateurs de la statue, des prêtres de Bastet, sont figurés gravés juste au-dessus de la stèle. Le personnage porteur de stèle doit être considéré comme leur représentant. La statue pouvait s'intégrer dans une chapelle se trouvant sur le parvis du temple, également couverte de ces mêmes textes magiques. L'ensemble était ainsi destiné à un usage public pour le bienfait de tous.

Guérir des piqûres venimeuses

Les animaux venimeux tels que serpents et scorpions constituent l'un des dangers les plus courants de la vie quotidienne de l'Égyptien, leurs morsures et leurs piqûres pouvant entraîner la mort, particulièrement chez les enfants. Le texte de la statue fait référence à un épisode mythologique précis. Le tout jeune Horus est caché par sa mère Isis dans les marais du Delta du Nil pour le soustraire à l'assassin de son époux Osiris. Sa mère le retrouve inanimé à la suite d'une piqûre de scorpion. Impuissante et folle de douleur, Isis, par ses plaintes, arrête la course du dieu soleil  qui lui envoie le dieu Thot. Ce dernier, maître des hiéroglyphes, récite des formules pour conjurer le poison et sauver l'enfant. Ce sont ces formules qui se retrouvent ici mises à la disposition du plus grand nombre. L'eau coulant sur les formules magiques en assimilait l'efficacité et le pouvoir de guérir du venin.

Horus, dieu roi et enfant

Dans les talismans du Nouvel Empire, le roi, garant de l'ordre du monde, est considéré comme un protecteur efficace contre ces animaux. A l'époque d'Aménophis IV apparaissent les représentations du dieu Ched, "le sauveur" ou "le conjurateur" qui maîtrise serpents, scorpions et qui, armé d'un arc, chasse les animaux du désert. Il emprunte la forme d'un dieu juvénile, portant la mèche latérale de l'enfance et l'uraeus royal. Il va par la suite être assimilé à Horus l'enfant, ou Harpocrate fils d'Isis et héritier d'Osiris sur terre, dans l'iconographie des stèles dites d'"Horus sur les crocodiles". Elles tirent leur nom de la représentation figurant sur leur face principale : le dieu Horus enfant, piétinant des crocodiles, empoigne les mêmes animaux néfastes.

Bibliographie

- ZIEGLER C., BOVOT J.-L., Art et archéologie : L’Egypte ancienne,  Ecole du Louvre / Editions de la Réunion des musées nationaux / Documentation française, Paris,  2001, p. 278-279, fig. 171.

- ETIENNE M., Heka – Magie et envoûtement dans l’Egypte ancienne,  Catalogue d’exposition, Louvre/Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 2000, p. 26, 31-32, 65-67, notice n° 207.

- ANDREU G., RIGAULT P., TRAUNECKER C., L’Abébédaire de l’Egypte ancienne, Paris, 1999, p. 64.

- LECLANT J., L’Egypte du crépuscule,  tome III., Editions L’Univers des Formes, Paris, 1980, p. 159, fig. 141.

Cartel

  • Statue d'un prêtre de Bastet, couverte de formules magiques

    IVe siècle avant J.-C.

  • grauwacke

    H. : 67,70 cm.

  • E 10777

  • Antiquités égyptiennes

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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