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Œuvre Statuette composite féminine

Département des Antiquités orientales : Iran

Statuette de femme vêtue d'un kaunakès, appelée "Princesse de Bactriane"

© 2009 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

Antiquités orientales
Iran

Auteur(s) :
Agnès Benoit

La Bactriane correspond à la région d'Afghanistan située au nord des chaînes de montagnes de l'Hindu Kush. Elle connut dans le courant du IIIe millénaire et au début du IIe millénaire av. J.-C. une ère de prospérité, liée à sa position privilégiée de fournisseur de matières premières pour la Mésopotamie. Elle développa une métallurgie spectaculaire et une petite statuaire très originale de personnages féminins, appelés souvent "les princesses de Bactriane".

Une statuaire composite

Les princesses de Bactriane sont de petites statuettes composites et démontables en plusieurs parties. Les deux matériaux principalement employés sont la stéatite et la calcite, qui permettent une opposition de couleur entre le vert et le blanc. La stéatite verte sert à figurer le vêtement et la coiffe, ou les cheveux. La calcite, blanche ou crème, sert à restituer la chair à découvert de certaines parties du corps.
Les statuettes sont de petite taille (entre 8 et 14 cm en moyenne) ; celle qui est présentée ici est donc un peu exceptionnelle. Elles portent couramment un kaunakès, c'est-à-dire un habit sumérien caractérisé par des mèches laineuses, soit rapportées, soit tissées, ou encore rattachées à une peau de mouton. La jupe du kaunakès est ici amplifiée en crinoline et elle est en partie recouverte à l'arrière d'un volant ou d'un châle, qui donne au profil du personnage une grande majesté. A l'avant de la statuette, au niveau de la taille, a été ménagée dans la pierre une sorte de plate-forme, destinée à accueillir bras et mains désormais manquants. L'encolure carrée était peut-être initialement incrustée d'un matériau rapporté : métal ou pierre. La position debout, rendue ici, est moins courante que la position assise, observée sur de nombreux exemplaires. Près de quarante statuettes de "princesses" ont été répertoriées.

Princesses ou déesses ?

La principale question qui se pose sur ces effigies féminines est celle de leur identité : s'agit-il de dames de haut rang qui auraient emporté leurs portraits dans la tombe ? En effet, la seule "princesse" à avoir été retrouvée complète dans un contexte archéologique précis, provenait d'une sépulture. La grande diversité des visages et des coiffures pourrait étayer également cette première interprétation. Mais l'autre hypothèse souvent retenue est que les "princesses" seraient en fait des déesses. Il s'agirait même de la grande déesse de premier rang qui, dans la mythologie de l'Asie centrale, jouait un rôle régulateur dans l'ordre de la nature, pacifiant les forces sauvages souvent personnifiées par des lions, des serpents ou des dragons. Un tel statut lui conférerait une apparence sereine, voire statique, les mains jointes au niveau de la taille, aussi bien dans la statuaire que sur les cachets compartimentés.

Les liens de la grande déesse avec le "Balafré"

Si les "princesses" de Bactriane représentent bien la déesse de premier rang, une nouvelle question se pose. Quels sont ses liens avec un autre personnage de la petite statuaire de stéatite et de calcite : le "Balafré" ? Ce dragon-serpent anthropomorphe, particulièrement redoutable, apparaît, par l'emploi inversé des mêmes matériaux, comme son contraire.

Bibliographie

- BENOIT Agnès, Art et Archéologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Paris, 2003, pp. 314-317.

- GHIRSHMAN Roman, "Notes iraniennes XVI. Deux statues élamites du plateau iranien", in Artibus Asiae 30, 1968, p. 237-248.

- POTTIER Marie-Hélène, Matériel funéraire de la Bactriane méridionale de l'âge du bronze, Paris, 1984, p. 45 et planche XI, n 302.

Cartel

  • Statuette de femme vêtue d'un kaunakès, appelée "Princesse de Bactriane"

  • Chlorite, calcaire

  • Acquisition, 1969

    AO 22918

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Vitrine 3 : Bactriane fin du IIIe millénaire, début du IIe millénaire avant J.-C.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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