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Œuvre Statuette de déesse nue debout

Département des Antiquités orientales : Après la Conquête d'Alexandre

Antiquités orientales
Après la Conquête d'Alexandre

Auteur(s) :
Marie-José Castor

Des figurines nues, en albâtre, réalisées à l'époque parthe, entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C. perpétuent une technique millénaire, celle de la sculpture composite mêlant plusieurs matériaux. Souvent assimilées à Ishtar, déesse mésopotamienne de la sexualité et de la fertilité, ces statuettes de style gréco-babylonien étaient déposées dans les tombes.

Une figurine découverte dans une tombe

Cette statuette en albâtre, découverte en 1862 par Pacifique-Henri Delaporte, consul de France à Bagdad, provient d'un tombeau datant de l'époque parthe. Cette période marque l'avènement d'une dynastie indo-européenne d'origine iranienne qui, supplantant la monarchie grecque séleucide, impose sa domination du plateau iranien jusqu'en Mésopotamie. Elle apporte une civilisation empreinte du double héritage de l'Orient et de la Grèce. Le tombeau familial dans lequel a été trouvée notre statuette était une chambre funéraire contenant cinq tombes. La figurine, debout, avait été déposée dans une des tombes, près de la tête de la défunte qui reposait dans un cercueil en bois.

Un style gréco-oriental

Cette figurine en albâtre, au modelé gracieux, représente une femme nue, debout, le bras droit tombant et le bras gauche replié, la paume de la main tournée vers le haut. La tête porte une coiffure en stuc surmontée d'un croissant doré. Les yeux sont incrustés de rubis. La bouche est petite, le menton est arrondi. Les oreilles sont percées et ornées de pendants en or. Le cou est ceint d'un collier également en or. La poitrine, haute, est bien modelée. Les bras sont articulés et sont attachés à l'aide d'un fil, sans doute en or à l'origine. La taille est fine, les hanches sont larges et arrondies. Le nombril est serti d'un rubis. Les cuisses et les jambes sont rapprochées. Bien que le modelé obéisse aux règles des canons de l'art grec, l'utilisation de plusieurs matériaux tels que l'or, le stuc, l'albâtre et la pierre précieuse relève d'une tradition bien mésopotamienne. L'Ishtar babylonienne, déesse de la sexualité et de la guerre, épouse des formes grecques pour se métamorphoser en Aphrodite.

Principe féminin ? Symbole de renaissance ?

Si l'on s'accorde volontiers à reconnaître dans cette odalisque l'ancienne déesse mésopotamienne Ishtar, assimilée également à Vénus, on ne sait que peu de choses en revanche quant à la signification de ces figurines. Peut-être sont-elles des évocations de principes féminins : sexualité, maternité ? Une autre hypothèse établirait une relation entre ces figurines et les défunts qu'elles accompagnent dans la tombe : plus qu'une représentation de la divinité (Ishtar), elles seraient comme le propose Françoise Tallon, "l'image idéalisée de la personne défunte se mettant sous la protection d'une divinité de la fécondité".

Bibliographie

- TALLON Françoise, "Les rubis d'Ishtar : étude archéologique", in Cornaline et pierres précieuses : la Méditerranée, de l'Antiquité à l'Islam, Actes du colloque organisé au musée du Louvre par le Service culturel, les 24 et 25 novembre 1995 et établis par Annie Caubet, La Documentation française, Paris, 1999, pp. 229-243.

Cartel

  • Statuette de déesse nue debout

    Époque parthe, 143 av. J.-C. - 224 ap. J.-C.

    Nécropole de Hillah, Babylone, Mésopotamie

  • Albâtre, rubis, or

    H. : 24,80 cm.

  • Don Delaporte, 1866

    AO 20217

  • Antiquités orientales

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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