Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Stèle de la musique

Stèle dite de la musique

© 1994 RMN / Christian Larrieu

Antiquités orientales
Mésopotamie

Auteur(s) :
Claire Iselin (d'après un texte de Béatrice André-Salvini)

La Stèle de la musique illustre les rites de fondation, effectués au son de la lyre, du temple construit par le prince Gudea (vers 2100 av. J.-C.) dans sa capitale de Tello (ancienne Girsu), pour Ningirsu, grand dieu de l'État de Lagash, au pays de Sumer. Cette stèle se situe dans la tradition néosumérienne qui privilégie la représentation du roi accomplissant des actions pieuses, contrairement aux oeuvres de la période précédente centrées sur les exploits guerriers des souverains d'Akkad.

La construction du temple de Ningirsu

Pendant la période néosumérienne (vers 2100 av. J.-C.), les souverains Gudea et Ur-Nammu se sont fait représenter participant aux rites de fondation des temples. Pour cela différents supports étaient privilégiés, notamment des stèles, des figurines et des statues. Sur La Stèle de la musique, Gudea, portant une corde et un piquet et suivi probablement par le prince héritier et deux officiants du culte, s'apprête à délimiter le plan du sanctuaire de Ningirsu. La musique rythme la cérémonie, accompagnant la récitation de poèmes liturgiques psalmodiés en cadence et chantés. Derrière le chantre, un musicien joue sur une lyre dont la caisse de résonance est ornée d'un taureau. Le son profond de l'instrument évoquait le mugissement de l'animal et, par identification poétique, dans le temple de Ningirsu, " la pièce de la lyre était un taureau soufflant bruyamment ". La fabrication de la lyre du dieu donna son nom à la troisième année du règne de Gudea baptisée l' " Année où fut fabriquée la lyre [nommée] Ushumgalkalamma : "le dragon du pays de Sumer ".

La musique dans les cérémonies de fondation des temples

L'esprit qui habite la lyre divine de Ningirsu joue un rôle important lors des prémices de la construction du temple. Il apparaît en effet dans le rêve de Gudea au cours duquel le dieu lui révèle la tâche qu'il doit accomplir (Cylindres de Gudea, musée du Louvre, MNB 1512 et MNB 1511) : "Lorsque, avec Ushumgalkalamma, sa lyre bien-aimée, le fameux instrument mélodieux, son conseiller, tu auras apporté des présents [...], le coeur de Ningirsu sera apaisé, il te révélera les plans de son temple".
Et quand l'ouvrage est achevé, Ushumgalkalamma marche devant Gudea en dirigeant tous les instruments de musique, pour marquer l'arrivée de la divinité dans sa nouvelle demeure. Ushumgalkalamma est le conseiller du dieu car son chant calme les émotions qui agitent l'esprit et permet le retour à la raison, indispensable pour prendre de sages décisions. Parmi les serviteurs divins chargés du service de Ningirsu, il reçut la tâche de charmer son maître, aux humeurs changeantes. Il était assisté par l'esprit d'une autre lyre qui apportait la consolation dans les sombres moments :
"Pour jouer du tambour-tigi au doux son, pour que les instruments algar et mirîtum résonnent pour Ningirsu, [...] son musicien bien-aimé Ushumgalkalamma accomplissait ses devoirs pour le seigneur Ningirsu. Pour calmer le coeur et apaiser le foie [la pensée], pour sécher les larmes des yeux qui pleurent, pour enlever la douleur au coeur douloureux et rejeter au loin le chagrin du coeur du dieu qui s'élève comme les vagues de la mer, se répand comme l'Euphrate et submerge comme un déluge d'orage, sa lyre, Lugaligihush, accomplissait ses devoirs pour le seigneur Ningirsu".

La figure du musicien en Mésopotamie

Les représentations de musiciens ne sont pas rares dans l'iconographie proche-orientale : on les trouve dès le début du IIIe millénaire av. J.-C. dans les scènes de banquet figurées sur les plaques perforées ou les sceaux-cylindres notamment. Puis elles se développent au début du IIe millénaire av. J.-C. sur des plaquettes en terre cuite fabriquées en série, à l'image de celle au harpiste conservée au musée du Louvre (AO 12454). Un nombre infime d'instruments est parvenu jusqu'à nous (par exemple les lyres des tombes royales d'Ur, vers 2550 av. J.-C.) ; aussi ces représentations figurées sont-elles particulièrement précieuses.

Bibliographie

- ANDRE-SALVINI Béatrice, "Stèle de la musique", in Musiques au Louvre,Éditions de la Réunion des musées nationaux,  Paris, 1994, pp. 10-11.

- PARROT André, Tello, vingt campagnes de fouilles, 1877-1933, Albin Michel, Paris, 1948, pp. 174-176, pl. 20a.

- RUTTEN Marguerite-Maggie, "Scènes de musique et de danse", in Revue des arts asiatiques, École française d'Extrême-Orient, Paris, 1935, p. 220, fig. 8.

- SARZEC Édouard (de), Découvertes en Chaldée, Leroux, Paris, 1884-1912, pp. 36 et 219-221, pl. 23.

- SILLAMY Jean-Claude, La Musique dans l'ancien Orient ou la théorie musicale suméro-babylonienne,Presses universitaires du Septentrion,  Villeneuve d'Ascq, 1998, p. 160.

Cartel

  • Stèle dite de la musique

    Epoque de Gudea, prince de Lagash, vers 2120 avant J.-C.

    Tello, ancienne Girsu

  • Calcaire

    H. : 1,20 m. ; L. : 0,63 m. ; Pr. : 0,25 m.

  • Fouilles E. de Sarzec, 1881

    AO 52

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Mésopotamie, 2350 à 2000 avant J.-C. environ
    Salle 2

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet