Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Stèle de Tarhunpiyas

Œuvre Stèle de Tarhunpiyas

Département des Antiquités orientales : Anatolie

Si vous n’arrivez pas à lire les médias, téléchargez Flash Player.

Stèle du scribe Tarhunpiyas

© 2000 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Anatolie

Auteur(s) :
Annie Caubet, Arnaud Prévotat

Marash, ancienne Gurgum, était au VIIIe siècle av. J.-C. la capitale d'un royaume néo-hittite prospère au Sud-Est de l'Anatolie. Elle fut aussi un centre de production de stèles à forte tradition hittite, notamment dans l'emploi des hiéroglyphes. Cette stèle montre Tarhunpiyas debout sur les genoux de sa mère qui enlace ses jambes. Dans le champ, une tablette à écrire, dans ses mains, un stylet et un lien relié à un oiseau de proie, signes de son appartenance à une classe sociale aisée.

Une mère et son enfant

Cette stèle se rattache par son style et son imagerie aux stèles mises au jour dans la cité de Marash, l'antique Gurgum, en Anatolie du Sud-Est. Ces monuments funéraires représentent un défunt isolé, des couples ou des femmes avec leurs enfants, taillés dans d'épaisses dalles de basalte dont la partie inférieure dégrossie était enfoncée dans le sol. La surface est champlevée, sur un fond uni. Ici, la mère assise porte sur ses genoux un enfant debout, déjà grand. Le costume des personnages est une tunique à manches courtes ornée de galons, recouvert pour la femme par un voile rigide. Les visages aux joues pleines, au menton lourd, sont éclairés par de grands yeux globuleux. Le rapport de la mère à l'enfant est inhabituel ; la taille et l'âge de l'enfant l'empêchent d'être porté au sein maternel selon une imagerie répandue, cependant le rapport physique est marqué par les bras de la mère qui enlacent les jambes de son fils. Tous deux sont richement vêtus, le tabouret décoré de barreaux verticaux, meuble rare, signe d'une classe sociale élevée : on le rapprochera de sièges en bois plaqué de métal, de même date, découverts à Gordion, en Phrygie.

Des activités pour une élite

De même, les occupations de l'enfant sont exceptionnelles, la tablette à écrire et le stylet indiquent l'apport d'une éducation sérieuse, tandis que l'oiseau de proie fait allusion à des loisirs de type princier. De sa main gauche, l'enfant tient un lacet attaché à la patte d'un oiseau de proie : il s'agit plus vraisemblablement d'un autour, rapace communément répandu de la Turquie à l'Inde, que d'un faucon. La chasse à l'autour fut un des passe-temps les plus prisés d'Orient et la stèle de Marash donne une des plus anciennes images connues de volerie. Le second détail est l'écritoire dont l'identification est assurée par le stylet que tient l'enfant. Des écritoires de ce type, en ivoire ou en bois, ont été retrouvées à Nimrud, capitale assyrienne, et dans le monde araméen. Elles sont composées de deux feuilles reliées par des charnières qui permettent de les replier. Destinées à prendre des notes à l'encre ou dans la cire avant de coucher le texte sur un support périssable, elles entrent en usage dans le monde araméen et assyrien à l'époque de notre stèle. Ces écritoires succèdent aux instruments des scribes rédigeant sur tablettes d'argile et signalent le passage progressif des écritures cunéiformes à l'alphabet.

L'écriture hiéroglyphique hittite

Dans le champ, au-dessus de la scène, le nom du défunt est inscrit en caractères hiéroglyphiques : Tarhunpiyas. L'épitaphe ne nous renseigne guère sur l'identité des modèles. Le choix de l'écriture hiéroglyphique pour indiquer le nom du défunt est probablement un choix politique, une affirmation de la continuité hittite ou de l'appartenance à une lignée ancienne. L'écriture que l'on appelle hiéroglyphique hittite note, non la langue hittite, mais un dialecte, le louvite, langue indo-européenne d'Anatolie. Cette écriture est attestée en Anatolie centrale depuis le milieu du IIe millénaire, puis dans les cités néo-hittites de Syrie du Nord aux IXe-VIIe siècles, où elle est une composante de la renaissance hittite. En Syrie du Nord, le hiéroglyphe hittite cédera progressivement la place à l'écriture alphabétique, plus souple, notamment l'araméen dont l'usage se répandra dans tout l'Orient à la faveur de l'Empire perse achéménide.

Cartel

  • Stèle du scribe Tarhunpiyas

    Epoque néo-hittite, fin du VIIIe siècle avant J.-C.

    Sans doute Marash, ancienne Gurgum

  • Basalte

    H. : 74,50 cm. ; L. : 28,30 cm. ; Pr. : 15,50 cm.

  • Acquisition 1936 , 1936

    AO 19222

  • Antiquités orientales

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet