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Œuvre Stèle de Yehawmilk

Département des Antiquités orientales : Levant

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Stèle de Yehawmilk

© 2007 RMN / René-Gabriel Ojéda

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
E. Morero d'après Elisabeth Fontan

La stèle dite "de Yehawmilk" ou "de Byblos" est célèbre depuis sa découverte. Elle illustre parfaitement l'art phénicien du Ier millénaire : une scène aux caractéristiques iconographies proches des représentations égyptiennes contemporaines, illustrant un texte rédigé en phénicien. Avec ces particularités, le relief de Byblos représente un document précieux parmi les témoignages menant à la reconstitution de l'histoire phénicienne.

Une découverte fortuite

La stèle échappa à Ernest Renan lors de sa première "campagne " de fouille sur le site de Byblos en 1860-1861, dans le cadre de la mission d'exploration de l'ancienne Phénicie commandée par Napoléon III. Elle a été découverte par hasard, en 1869. Le lieu de cette trouvaille reste problématique et imprécis. L'hypothèse la plus probable situe le lieu de sa mise au jour à environ 25 ou 30 m. de l'angle sud-ouest de la forteresse. Elle était debout, placée entre deux lions de pierre. Elle fut acquise peu après par le grand collectionneur Louis de Clercq, ce qui lui vaut également le nom de "stèle De Clercq ". A cette époque elle reste encore incomplète, car l'angle inférieur droit manquait. Ce fragment n'a été trouvé que soixante ans plus tard (1920-1924), par Maurice Dunand sur le site, à l'emplacement d'un temple égyptien. Ce fragment se trouve encore actuellement conservé au musée de Beyrouth. Toutefois, une empreinte fut réalisée pour compléter la stèle, permettant de préciser la traduction. Etant donné l'importance du monument, un moulage fut acquis par le Louvre dès 1874 et exposé avec les collections phéniciennes.
L'oeuvre originale n'est entrée que récemment dans le musée, lorsque le comte Henri de Boisgelin, héritier de De Clercq, proposa de la mettre en dépôt au département des Antiquités Orientales en 1950. Elle fut définitivement acquise par le musée en 1967.

La scène gravée

Le tiers supérieur est orné sous le cintre d'une scène gravée. Le trait est assez maladroit en raison de la nature de la roche et certains détails sont difficiles à distinguer. La représentation est surmontée d'un motif constant dans l'art phénicien du Ier millénaire : le disque ailé égyptien qui épouse la forme en cintre du haut de la stèle. On observe également la trace d'un tenon métallique, vertical, et qui maintenait un emblème fiché au sommet de la stèle, peut être un disque et un croissant, comme le pensait le marquis de Voguë.
A gauche, une femme assise sur un trône salue un personnage debout. Elle possède toutes les caractéristiques de la déesse égyptienne Hathor : sa coiffure avec un disque solaire placé entre deux cornes, le sceptre ouadj, et sa robe collante. Le personnage de droite faisant face à la déesse n'a rien d'égyptien. Il est vêtu d'une longue robe plissée et coiffé d'un polos cylindrique, ce qui évoque le costume perse. Il est barbu, a les cheveux longs et porte un poignard à la ceinture. L'homme tient une coupe à anses et salue la déesse de son autre main. L'inscription phénicienne accompagnant la gravure permet d'identifier les personnages.

Inscription et Interprétation

L'inscription en phénicien, longue de 14 lignes, en caractères alphabétiques, a valu à la stèle de figurer en première place du Corpus des Inscriptions sémitiques. Les signes, maladroitement tracés sur une pierre dure, et l'absence pendant longtemps de l'angle inférieur droit de la stèle, ont rendu sa lecture difficile.
La traduction a été entreprise dès 1874 par le marquis de Voguë. Elle permet l'identification des personnages et indique que Yehawmilk, roi de Gubal, l'ancienne Byblos, dédicace cette stèle à la divinité protectrice de la cité : "Baalat Gubal", "la Maîtresse de Byblos", assimilable à la déesse égyptienne Hator. Vénérée dans de nombreux sanctuaires en Egypte, notamment à Dendéra, Hathor devint au Moyen Empire la déesse spécialisée dans les sites d'exploitation minière comme le Sérabit el- Khadin au Sinaï et les pays étrangers, tel Byblos. L'inscription décrit les travaux menés par Yehawmilk dans le temple de Baalat Gubal pour s'assurer sa protection : un autel de bronze est aménagé sur le parvis, ainsi qu'une porte sculptée et un portique. Cette stèle nous donne une image de l'architecture phénicienne très difficilement observable sur le site.

Bibliographie

- CAUBET A., FONTAN E., GUBEL E.,L'Art Phénicien, La sculpture de tradition phénicienne, musée du Louvre, Département des Antiquités Orientales, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 2002, p. 64-65.

Cartel

  • Stèle de Yehawmilk

    Vers 450 avant J.-C.

    Byblos, ancienne Gbeil (Liban)

  • Calcaire

    H. : 1,12 m. ; L. : 0,56 m. ; Pr. : 0,24 m.

  • Ancienne collection De Clercq, don H. de Boisgelin, 1967

    AO 22368

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : les royaumes phéniciens
    Salle 17 a, salle fermée au public, non exposé

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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