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Œuvre Stèle "fausse-porte'' de Chéchi

Département des Antiquités égyptiennes : Croyances religieuses et funéraires

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Stèle "fausse-porte'' de Chéchi

© Musée du Louvre/C. Décamps

Antiquités égyptiennes
Croyances religieuses et funéraires

Auteur(s) :
Chloé Ragazzoli, Geneviève Pierrat-Bonnefois

La stèle fausse-porte assure au défunt le passage du monde des morts à celui des vivants. Cet élément fonctionnel important de la tombe égyptienne revêt donc la signification magique d'un simulacre. Il relève de la superstructure de la tombe, cette chapelle accessible aux vivants, par opposition à une partie souterraine murée lors de l'enterrement et qui contient le corps du défunt. Cette stèle-ci appartient à un dignitaire de l'Ancien Empire, Chéchi.

Une stèle comme une porte

La stèle emprunte la forme d'une porte dont le simulacre d'ouverture est constitué par la mince fente située en bas au centre. Elle est encadrée d'un tore enveloppé de lanières et surmontée d'une corniche incurvée, comme il est courant à cette époque. Fait rare, ses couleurs rouge, bleu et vert ont été conservées. Il s'agit de la reproduction d'une architecture de fibres végétales et de palmes qui transpose dans la pierre, pour les morts, les constructions en matériaux légers des vivants. Placée contre un mur de la chapelle de la tombe, elle fonctionne comme une porte pour le défunt Chéchi dont les noms et les représentations couvrent les parois.

Assurer la communication entre le mort et les vivants

Sous la corniche, trois lignes contiennent des prières à Osiris et Anubis au bénéfice du "Bienheureux auprès du grand dieu, l'inspecteur des greffiers, Chéchi" représenté à gauche, debout, avec un bâton et un pagne court. Au-dessous, deux lignes en retrait donnent les titres de ce fonctionnaire de justice attaché à la pyramide du roi Pépi. Encore plus bas, une lucarne contenant une petite plaque représente le défunt assis à une table d'offrandes sur laquelle sont disposées des tranches de pain très stylisées. Chéchi respire un vase à onguents et l'on remarquera une aiguière dans sa cuvette, en bas à droite. Cette scène prend place à l'intérieur du caveau.
La lucarne et la porte sont encadrées par deux groupes de doubles bandes verticales. Elles forment une prière courte en faveur du défunt, lui souhaitant "qu'il aille sur les beaux chemins de l'Occident, qu'il touche terre, qu'il traverse le firmament, qu'il monte vers le grand dieu, qu'il soit accompagné par ses ka". Sur le montant gauche sont inscrites des formules invocatoires pour qu'il dispose d'offrandes lors de toutes les belles fêtes. En bas de chaque montant, le défunt est représenté tenant sa grande canne d'une main et le sceptre-sekhem de l'autre. Par cette porte, il était censé communiquer avec le monde des vivants et en particulier bénéficier des comestibles et rafraîchissements déposés sur la table d'offrandes.

Un officiant du culte funéraire royal

On ne connaît donc pas précisément l'origine de cette stèle. Toutefois, la présence d'une divinité rare, Djed, qui semble entretenir des liens particuliers avec la nécropole de Saqqara, invite à faire de ce site l'emplacement de la tombe de Chéchi.
Les fonctions de ce personnage le rattachent au service de la pyramide de Pépi Ier, troisième roi de la 6e dynastie. On ne peut donc faire remonter la sépulture à une date antérieure. Néanmoins, le culte funéraire de Pépi se poursuivant assez tard, il faut s'en remettre aux indices de style pour proposer une date plus précise. Ainsi, la perruque à longues boucles horizontales tout comme les oreilles dégagées font davantage penser au règne de Pépi II, successeur de Mérenrê, lui-même successeur de Pépi Ier.

Bibliographie

Cénival Jean-Louis de, "A propos de la stèle de Chéchi. Étude de quelques types de titulatures privées de l'Ancien Empire", Revue d'égyptologie, n 27, 1975.
Desroches-Noblecourt Christiane, "Acquisitions de 1973", in Revue du Louvre, n I, 1974, pp. 49-53.
Goedicke Hans, "A deification of a private person in Old Kingdom", Journal of Egyptian Archeology, n 41, 1955, pp. 31-33.
Ziegler Christiane, Catalogues des stèles, peintures et reliefs égyptiens de l'Ancien Empire et de la première période intermédiaire, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1990, pp. 222-227.

Cartel

  • Stèle "fausse-porte'' de Chéchi

    vers 2300 - 2200 avant J.-C.

  • calcaire peint

    H. : 1,30 m. ; L. : 0,63 m. ; Pr. : 0,07 m.

  • E 27133

  • Antiquités égyptiennes

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Les tombes
    Salle 16
    Vitrine 1 : A l'Ancien Empire : ce que le mort emporte dans la tombe

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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