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Tablette à écriture précunéiforme

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

Antiquités orientales
Mésopotamie

Auteur(s) :
Claire Iselin (d'après une notice de Béatrice André-Salvini)

C'est à Uruk IV, vers 3300 av. J.-C., qu'apparaissent les premières tablettes d'argile qui sont pour la plupart des pièces de comptabilité ou d'inventaire. Sur ces documents un chiffre, noté par une encoche, est suivi d'un nom de personne, d'animal ou de denrée désigné par un dessin ou un pictogramme. Ce système d'écriture graphique puis cunéiforme fut, pendant près de trois mille ans, la caractéristique fondamentale et le facteur d'unité de la civilisation mésopotamienne.

Un outil de communication nouveau

Au cours de la deuxième moitié du IVe millénaire av. J.-C., en Mésopotamie, la complexité d'un nouvel ordre social lié à la naissance des villes et de la notion d'État entraîne l'invention d'un outil de communication original. La première écriture apparaît dans les cités-États vers 3300 av. J.-C. Au sud, la ville d'Uruk, située au coeur de la région désignée ensuite dans les textes comme le "pays de Sumer", en est le site éponyme. Environ 5 000 étiquettes et tablettes en argile, parfois en pierre, y furent mises au jour depuis la fin des années 1920 (niveaux IV et III). Des éléments d'archives épars, contemporains, ont été découverts plus au nord, principalement à Habuba Kabira et à Tell Brak (Syrie) dans la région couverte par la culture dite d'Uruk. Cette diffusion géographique prouve que l'écriture s'inscrit dans un courant de civilisation que l'on peut désormais appeler historique et dont elle est la caractéristique essentielle.

La pictographie, une première tentative pour conserver le langage

A ses débuts, le système d'écriture est logographique ou idéographique : les signes représentent un mot ou une idée. Ils ne permettent pas d'identifier la langue écrite mais notent, vraisemblablement, la langue sumérienne. Ils peuvent être classés en quatre catégories :
. les pictogrammes, images réalistes représentant le tout ou une partie d'un objet désigné ;
. les symboles réalistes ou abstraits transcrivant un concept ou une idée, dont la signification figurative n'était pas reconnaissable immédiatement ;
. les signes numériques composés d'encoches ou de cercles imprimés dans l'argile molle avec un stylet rond ;
. les signes complexes formés par l'addition ou l'imbrication de deux signes, livrant des informations élaborées.
Ainsi la ration d'orge, salaire journalier des ouvriers, est figurée par la représentation d'un épi devant une tête stylisée symbolisant un individu ; à côté est tracée l'image d'une écuelle semblable à celles, en terre grossière, qui ont été retrouvées sur le site d'Uruk et qui servaient à contenir la quantité de nourriture allouée à chacun (environ 0,8 litre d'orge). La nécessité de noter des noms propres entraîna dès le début une amorce de phonétisme. Les signes étaient utilisés en effet autant pour leur son que pour leur sens même si, à l'origine, l'écriture des noms propres relève certainement d'une convention graphique (musée du Louvre, AO 29560 et AO 19936). L'une des tablettes (musée du Louvre, AO 29560) comporte l'idéogramme de Dilmun (actuelle île de Bahrein), ce qui démontre que le système d'échanges est donc déjà fixé et très élaboré.

Les archives administratives d'un grand organisme d'État

Ces petites tablettes rectangulaires concernent les revenus et les dépenses, les entrées et les sorties de marchandises (denrées alimentaires, tissus, bétail) ainsi que les mouvements du personnel. Des tablettes documentent l'élevage du bétail ; d'autres traitent du calcul des surfaces et de l'administration des champs. Leur surface est divisée en colonnes et cases, chacune contenant une information unique. Elles faisaient partie d'un système d'archives élaboré dont les éléments d'information se complétaient, ce qui multiplie les difficultés de lecture et de déchiffrement modernes. Les scribes d'Uruk IV-III (3300-3000 av. J.-C.) ne notaient que l'essentiel : des mots isolés et non la structure grammaticale de la phrase, absence qui rend incertaine la nature de la transaction. En outre, il existait plusieurs systèmes de numérotation en fonction de la nature des biens répertoriés.

Bibliographie

- ANDRE-SALVINI Béatrice, "Notices", in Naissance de l'écriture : cunéiforme et hiéroglyphes, catalogue d'exposition, Galeries nationales du Grand Palais, 7 mai-9 août 1982, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1982, p. 52, n 7-8.

- ANDRE-SALVINI Béatrice, "Les Tablettes cunéiformes de Qal'at al-Bahrein", in Bahrein, la civilisation des deux mers, catalogue d'exposition,  Institut du monde arabe, 18 mai-29 août 1999, Paris, Institut du monde arabe, 1999, p. 41.

- DAMEROW Peter, ENGLUND Robert K., NISSEN Hans J., Frühe Schrift und Techniken der Wirtschafts-verwaltung im alten Vorderen Orient. Informationsspreicherung und verarbeitung vor 5000 Jahren, catalogue d'exposition, 16 mai-29 juillet 1990, Franzbecker, 1990, p. 205, n 4.28.

- Les Donateurs du Louvre, catalogue d'exposition, musée du Louvre, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1989.

Cartel

  • Tablette à écriture précunéiforme

    Époque d'Uruk III, fin du IVe millénaire avant J.-C.

  • Calcaire

    4.5 L ; 4.3 LA ; 2.4 EP

  • Acquisition 1947 , 1947

    AO 19936

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    La Mésopotamie du Néolithique à l'époque des Dynasties archaïques de Sumer
    Salle 1a
    Vitrine 3 : Naissance de l'écriture

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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