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Œuvre Taureau androcéphale couché

Département des Antiquités orientales : Mésopotamie

Statuette de taureau androcéphale

© 1993 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités orientales
Mésopotamie

Auteur(s) :
Claire Iselin

La représentation du taureau à tête humaine est attestée à travers toute l'histoire mésopotamienne. Plusieurs statuettes, datant de la fin du IIIe millénaire av. J.-C., représentent le monstre barbu, coiffé de la tiare à cornes divine, en position couchée et la tête tournée. Elles proviennent de divers sites sumériens, la majorité venant de Tello.

Le taureau à tête humaine

L'animal est représenté couché, la tête tournée sur le côté, la queue passant sous la patte droite. Sa tête est couverte de la tiare à trois paires de cornes des divinités. Son visage est celui d'un homme aux grands yeux allongés ; une barbe, coupée à mi-joues et rejoignant la moustache, tombe en nappe sur la poitrine, où elle se termine par de petites frisures, tandis que de longues boucles en spirale encadrent le visage. Toutefois, les oreilles restent celles d'un taureau. Le sculpteur a représenté des zones de toison aux épaules et à l'arrière train, permettant d'identifier l'animal avec un bison plutôt qu'avec un taureau. Un autre exemplaire du musée du Louvre montre un travail particulièrement soigné, puisque les yeux et tout le corps de l'animal ont été enrichis d'éléments rapportés, incrustés dans des cavités trilobées ou en forme de pastilles (pour les pattes). Il existe un petit groupe de ces taureaux couchés remontant à l'époque néo-sumérienne (vers 2150-2000 av. J.-C.), l'un d'entre eux est inscrit au nom de Gudea, le souverain de la deuxième dynastie de Lagash. A l'époque néo-assyrienne (IX-VIe siècle av. J.-C.), le taureau à tête humaine, pourvu d'une paire d'ailes, deviendra le gardien des portes du palais royal, encadrant le passage des visiteurs. Ce monstre est une divinité lama, un esprit bénéfique, protecteur, associé généralement au dieu-soleil, Shamash.

Support de vase ou support de statue divine ?

Une cavité allongée de forme irrégulière, située au milieu du dos de cette statuette et que l'on retrouve sur d'autres exemplaires, permettait peut-être d'y encastrer un godet à offrandes, amovible, selon une utilisation attestée dans l'iconographie mésopotamienne. En effet, une statuette de chien provenant de Tello, conservée au musée du Louvre et inscrite au nom du roi Sumu-ilum de Larsa (XIXe siècle av. J.-C.), porte sur son dos une mortaise, dans laquelle s'insère un tenon non poli, supportant un petit godet de forme ovale. Il se peut qu'il s'agisse d'une réutilisation. L'iconographie de la glyptique montre également une divinité assise (le plus souvent Shamash, le dieu-soleil) posant le pied sur le dos de créatures hybrides semblables, ce qui pourrait faire penser qu'elles ont servi de support à des statuettes divines. Sur une autre statuette de taureau androcéphale couché, deux perforations horizontales à la partie avant, plus étroite, pourraient faire également songer à la fixation d'un petit couvercle.

La stéatite, un matériau apprécié à l'époque de Gudea

La stéatite, une roche tendre, employée pour la fabrication de cette statuette, a souvent été choisie à l'époque de Gudea pour fabriquer de précieux objets en rapport avec le culte et les rituels, tels que des vases à libation ou des supports d'offrande. Des statuettes représentant le fidèle ont également été réalisées dans ce matériau : il s'agit en général de membres de la famille royale, comme la statuette de la femme à l'écharpe, ou de dignitaires de haut rang.

Bibliographie

- ANDRE-SALVINI B., Art of the first cities : The Third millenium B.C. from the Mediterranean to the Indus, catalogue d'exposition, New York, The Metropolitan Museum of Art, 8 mai-17 août 2003, p. 440, n 313. 

- BARRELET M., "Taureaux et symbolique solaire", in Revue d'Assyriologie et d'Archéologie orientale, 48, Presses Universitaires de France, Paris, 1954, pp. 16-27.

- CAUBET A., Exposition des quatre grandes civilisations mondiales : La Mésopotamie entre le Tigre et l'Euphrate, catalogue d'exposition, Setagaya, Musée d'art de Setagaya, 5 août 2000-3 décembre 2000, Fukuoka, Musée d'art asiatique de Fukuokua, 16 décembre 2000- 4 mars 2001, Tokyo : NKH, 2000, n 120.

- HEUZEY L., "Le taureau chaldéen androcéphale et la sculpture à incrustations", in Monuments Piot, VII, 1900-1901, pp. 7-11 et planche I.

- PARROT A., Tello, vingt campagnes de fouilles (1877- 1933), Albin Michel, Paris, 1948, p. 146, fig. 12b.

- HUOT J.-L., "The Man-Faced Bull L. 76. 17 of Larsa", in Sumer, 34, Bagdad, State Organization of Antiquities and Heritage, 1978, pp. 106- 108, fig. a.

- SPYCKET A., La statuaire du Proche-Orient ancien, Leyde, Brill, 1981, p. 220, n 184, pl. 147.

Cartel

  • Statuette de taureau androcéphale

    Epoque néo-sumérienne

  • Chlorite avec incustations

    H. : 12,10 cm. ; L. : 14,90 cm. ; Pr. : 8 cm.

  • Acquisition 1898

    AO 2752

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Mésopotamie, 2350 à 2000 avant J.-C. environ
    Salle 2
    Vitrine 4 : Mobilier des temples et des tombes

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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