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Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Tête d'homme criant

Assiette à l'ocre niellé

© 2011 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

Arts graphiques
XVIIe siècle

Auteur(s) :
Mancini Federica

L'attribution de cette feuille à Reni n'a jamais été remise en cause : c'est l'une des plus connues de l'artiste. Sa célébrité n'a cependant pas dissipé les doutes concernant la version peinte à laquelle ce dessin préparait. Plusieurs peintures ont en effet été rapprochées de cette Tête d'homme, dont deux sont conservées au musée du Louvre : Nessus enlevant Déjanire et Hercule sur le bûcher.

Anatomie d'un cri

L'étude de la figure descend jusqu'aux épaules : la tête tournée vers la droite, de trois quarts, est penchée en arrière, le cou est vu en raccourci. La bouche grande ouverte ainsi que les yeux révulsés témoignent de la souffrance de ce personnage qu'on a l'impression d'entendre crier. L'intensité est telle que la douleur devient spasme et que les traits du visage se muent en une grimace de laideur. La description précise et véhémente de l'homme est centrée sur la bouche : tout l'élan des plis semble engendré par cette partie entièrement sombre.

Premières pensées

Le dessin fait partie du groupe d'oeuvres mises en rapport avec Nessus et Déjanire, l'un des quatre tableaux de l'Histoire d'Hercule réalisée pour Ferdinando Gonzaga (musée du Louvre). La suite peinte présente néanmoins un ton plus souple que les versions dessinées. Cette différence dans le rendu des deux techniques a fait rapprocher notre feuille de la peinture d'Apollon et Marsyas (1622) de l'Alte Pinakothek de Munich : la douleur exprimée dans le cri du Marsyas écorché peut être comparée à celle décrite dans le dessin. Enfin, la Tête d'homme criant peut aussi sans doute correspondre à une première idée pour l'Hercule sur le bûcher du Louvre. Quoi qu'il en soit, l'étude révèle une recherche inlassable de Reni dans l'élaboration de la souffrance, caractérisant les commandes de cette période.

D'après Léonard

La Tête d'homme criant témoigne d'une exceptionnelle capacité technique ainsi que d'une culture approfondie : le dessin du Louvre témoigne de l'influence de modèles fameux de Léonard de Vinci, notamment l'Etude de guerrier du Szépmüvészeti Múzeum de Budapest. A cette référence, Reni ajouta une interprétation personnelle, dans le rendu de la chevelure, courte et sèche, et dans la recherche expressive, à la fois vigoureuse et repoussante.

Bibliographie

- CONTINI R., L'Anima e il volto, Ritratto e fisiognomica da Leonardo a Bacon, cat. exp. Milan, Palazzo Reale, 1998-1999, notice p. 253.

- LOISEL Catherine, Le dessin à Bologne, 1580-1620 : La réforme des trois Carracci, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1994, p. 120.

- MICHEL Régis, Le Beau idéal ou l'art du concept, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1989, p. 22-23.

Cartel

  • Rouen (première moitié du XVIIIe siècle)

    Assiette à l'ocre niellé

  • Faïence de grand feu

    D. : 24 cm.

  • Legs Giraudeau, 1895

    OA 3813

  • Arts graphiques

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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