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Trois têtes d'hommes en relation avec le lion

Arts graphiques
XVIIe siècle

Auteur(s) :
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Le 29 mars 1671, Le Brun relut devant l’Académie royale de peinture et de sculpture, en présence de Colbert, sa Conférence sur la Physionomie de l’homme et ses rapports avec celle des animaux. Si les rapports entre la figure humaine et celle des animaux, illustrés de dessins saisissants, sont les aspects les plus connus de sa théorie, l’artiste ne la limite toutefois pas à ces rapprochements : il s’intéresse fondamentalement à l’interprétation des traits du visage.

Des Passions à la Physiognomonie

A la suite des Passions de l’âme de Descartes (1649), Le Brun parla à plusieurs reprises, en 1668, à l’Académie, de l’Expression générale et de l’Expression des passions. Pour illustrer son propos, il exécuta des dessins dans lesquels, à l’aide de lignes horizontales, il montra les déformations, sous l’empire des sentiments, du visage humain, vu de face et de profil. En 1671, nouveau discours, sur la physiognomonie, dont l’original est perdu ; on en connaît une synthèse faite par Nivelon, des abrégés de Testelin (1696) et E. Picart (1698) et une « dissertation » de Morel d’Arleux, en introduction à l’édition des planches de 1806. Le Brun étudie quatre points précis : les traits et les hommes célèbres de l’Antiquité et les rapports entre leurs traits et leurs caractères, ensuite les traits des hommes par rapport aux animaux, puis les yeux et les sourcils, enfin le cerveau de l’homme. Le Louvre possède en deux albums près de 250 dessins physiognomoniques dans lesquels les visages d’hommes sont mis en parallèle avec la tête de l’animal correspondant à ses traits.

L'homme déshumanisé et l'animal humanisé

Comme Descartes avait identifié la glande pinéale (située presque au centre du cerveau) comme siège de l’âme, Le Brun attache une grande importance à l’angle formé par les axes des yeux et des sourcils ; il en tire des conclusions différentes selon que cet angle s’élève sur le front pour s’approcher de l’âme ou qu’il descend sur le nez et la bouche, considérés comme une partie animale. En traçant des lignes géométriques prenant en compte les éléments de la tête, Le Brun déduit les facultés ou les particularités des hommes et le caractère des animaux. L’animal est vu avec naturalisme, mais avec une « recherche d’expression [qui] lui donne comme un accent d’intelligence humaine ». Les hommes ont «les traits grossis et déformés… les nez et les bouches reprennent les formes… des museaux avec le maximum d’exactitude. [Pourtant…] tout est sérieux, tout est calculé et raisonné avec application » (J. Baltrušaitis, Aberrations. Essai sur la légende des formes, Paris, 1983, p. 26).

Des recherches toujours poursuivies

Les réflexions de Le Brun se situent dans la ligne des recherches sur la physiognomonie, suivie depuis l’Antiquité. Il reprend des travaux anciens, notamment ceux de Giovanni Battista della Porta (1535-1615), auteur d’un célèbre ouvrage intitulé De Humana Physiognomia (Naples, 1586, traduction française en 1655-1656) mais aussi ceux des naturalistes comme Conrad Gesner (1516-1565) et Ulisse Aldrovandi (1522-1605) ; elles ont eu une large postérité et ont, notamment, influencé profondément, au XVIIIe siècle, les travaux du théologien J.-C. Lavater. La publication des dessins de la Physiognomonie en 1806 les rend accessibles au grand public, d’autant plus intéressé qu’à cette époque on étudie aussi bien les caractéristiques des races et des visages que les rapports entre les hommes et les animaux et la psychiatrie.

Bibliographie

- BEAUVAIS L., PINAULT-SØRENSEN M., Musée du Louvre, département des Arts graphiques, Inventaire général des dessins. Ecole française. Charles Le Brun 1619-1620, t. II, Paris, RMN, 2000, p. 571 s.

- BEAUVAIS L., MEJANES J.-F. , dans Le Brun à Versailles, Paris, musée du Louvre, 1985-1986, n° 91-92

- PINAULT M., dans Dessin et sciences XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, musée du Louvre, 1984, n° 71-74

- Charles Le Brun, musée de Versailles, 1963, n° 133-135

Cartel

  • LE BRUN Charles

    Trois têtes d'hommes en relation avec le lion

    Cabinet du Roi

  • Pierre noire, plume et encre noire, pinceau et lavis gris, gouache blanche sur papier blanc jauni et taché. Mis au carreau, à la pierre noire. Annoté, au verso, au centre, à la pierre noire : '101 A'. Dessin restauré

    H. : 21.7 cm. ; L. : 32.7 cm.

  • Saisie royale

    3928156

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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