Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Urne cinéraire avec des époux sur le couvercle

Œuvre Urne cinéraire avec des époux sur le couvercle

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art étrusque (du IXe au Ier siècle av. J.-C.)

Urne cinéraire : couple à demi-étendu sur une klinè (lit), faisant les gestes de l'offrande du parfum

© 2011 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art étrusque (du IXe au Ier siècle av. J.-C.)

Auteur(s) :
Marie-Bénédicte Astier

Découverte dans la même nécropole que le Sarcophage des époux de Cerveteri, cette urne cinéraire témoigne à sa manière, même si de façon plus modeste, de l'essor de la sculpture de terre cuite dans les ateliers de Caere à l'époque archaïque. Les défunts sont figurés dans l'attitude des banqueteurs, à demi étendus sur la cuve en forme de lit, selon une mode née en Asie Mineure. Ils procèdent à l'offrande du parfum, l'une des composantes essentielles du rituel funéraire des Étrusques.

La sculpture de terre cuite à Caere

De dimensions moindres et de qualité plus modeste que le célèbre Sarcophage des époux de Cerveteri conservé au musée du Louvre (CP 5194), cette urne cinéraire présente une forme et un décor comparables, un style et une signification religieuse semblables à cet illustre exemple. Elle provient, selon toute vraisemblance, de la nécropole de la Banditaccia, à Cerveteri, dans laquelle le sarcophage a été trouvé en 1850. Exécuté en argile vers 510-500 avant notre ère, à la fin de la période archaïque, l'urne était rehaussée, à l'origine, d'une polychromie dont il ne reste plus trace désormais. À cette époque, la sculpture en terre cuite connaît un essor considérable dans les ateliers de Caere, tant pour la sculpture funéraire que pour les décors architecturaux. Par sa souplesse, ce matériau offre de très larges possibilités permettant aux artisans de pallier la pénurie de pierre adaptée à la grande sculpture qui affecte cette région de l'Étrurie méridionale.

Le rituel funéraire

Cette urne, qui était destinée à contenir les cendres du ou des morts après leur incinération, se présente sous la forme d'un lit sur lequel reposent les défunts dans l'attitude des banqueteurs, à demi étendus, selon une mode née en Asie Mineure. Le thème du banquet, réel ou funéraire, apparaît fréquemment dans l'art étrusque, en sculpture comme dans la peinture d'alors. Contrairement au monde grec où le banquet est réservé aux hommes, la femme étrusque, qui occupe une place importante dans la société, est représentée aux côtés de son mari, à la même échelle que lui et dans une attitude similaire. Le couple est à demi allongé sur des coussins en forme d'outre qui évoquent le partage du vin, une des cérémonies du rituel funéraire. Tendrement enlacée par son époux, la défunte verse dans la paume de la main gauche de celui-ci quelques gouttes du parfum contenu dans un alabastre, accomplissant ainsi le geste de l'offrande de parfum, autre composante essentielle du rituel des funérailles. Dans la main gauche, elle tient une grenade, symbole d'immortalité.

L'influence de la Grèce de l'Est

Le mode de composition et le style de cette urne sont largement redevables de l'influence exercée par les artistes de la Grèce de l'Est sur l'art étrusque, dans la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C. Les Ioniens, en particulier, arrivent massivement en Étrurie, contraints à l'exil par la menace perse. Le raffinement des parures de la femme, les détails des tissus et des chevelures devaient être notés par la peinture et ne sont plus perceptibles aujourd'hui, mais l'influence de l'art ionien reste sensible dans le profil fuyant des visages au sourire discret, dans les formes pleines des corps des défunts. Certains traits sont plus caractéristiques de l'art étrusque, comme le désintérêt pour la cohérence et le volume des corps, visible surtout dans le traitement des jambes, et l'attachement à la gestuelle des personnages.

Bibliographie

- BRIGUET Marie-Françoise, "Urnes archaïques étrusques", in Revue Archéologique, 1968, t. 1, pp. 50-57, fig. 3, 7 et 9.

- BRIGUET Marie-Françoise, Le Sarcophage des époux de Cerveteri du musée du Louvre, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1988, p. 67, fig. 61-65.

Cartel

  • Urne cinéraire : couple à demi-étendu sur une klinè (lit), faisant les gestes de l'offrande du parfum

    Vers 510 - 500 avant J.-C.

    Provenance : Cerveteri

    Production : Cerveteri

  • Terre cuite

    H. : 56 cm. ; l. : 58 cm. ; L. : 28 cm.

  • Collection Campana, 1863 , 1863

    Cp 5193

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

    Aile Denon
    Rez-de-chaussée
    Etrurie I
    Salle 18

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet