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Pierre Paul Prud'hon, Le Monument du pape Clément XIV par Canova

Prud’hon et Canova ont souvent été comparés : contemporains l’un de l’autre, le sculpteur de l’Amour et Psyché et le peintre de Psyché enlevée par les zéphyrs, chefs-d’oeuvre du néoclassicisme au Louvre, se sont connus à Rome. David verra en Prud’hon « un Canova en peinture » et, sur sa tombe, Quatremère de Quincy dira qu’il « avait contracté une liaison intime avec le célèbre Canova » et leur reconnaîtra en commun « cette grâce indéfinissable […], cette sorte d’ingénuité, de modestie native, vertu qui s’ignore elle-même, et se plaît à être ignorée ». Canova aurait offert au peintre son appui et son atelier.
Commencé en 1783, inauguré en 1787 à l’église des Saints-Apôtres à Rome, le monument du pape Clément XIV par Canova était d’une nouveauté révolutionnaire : il « fut pour la sculpture ce que Les Horaces avaient été pour la peinture » (Louis Hautecoeur). Dans ce manifeste du néoclassicisme pictural, peint à Rome au même moment (1784-1785), les figures de Sabine et de Camille pourraient se souvenir de la Tempérance et de la Mansuétude du monument sculpté.
Soucieux de diffuser une image fidèle et sensible de son premier grand ouvrage public, Canova entreprit aussitôt de le faire graver par Pietro Maria Vitali. Insatisfait du premier essai, il fit recommencer la gravure sur un « second cuivre, c’est-àdire celui qui sera fait d’après le tableau de Prud’hon », note-t-il dans son livre de comptes. De fait, la planche correspond en tout point au modèle peint. Ce n’est pas une grisaille, mais une vue « au naturel » qui rend compte des couleurs des différents marbres, des nuances de lumière dont dépend l’effet de la sculpture. Si l’estampe parue en 1788 ne mentionne que les noms du sculpteur et du graveur, c’est que Prud’hon ne tenait pas, à l’aube d’une carrière qu’il voulait éclatante comme peintre d’histoire, que son nom parût pour la première fois au public en tant que traducteur d’un autre artiste.
Rare exemple de ses débuts, le tableau de Prud’hon, très récemment reconnu, n’en témoigne pas moins d’un art accompli, d’une étonnante force plastique sensible sous les apparences de la douceur. Nourri de l’antique et des maîtres, Prud’hon conserve intact un sentiment de la grâce qui lui est propre, et réussit, pour informer le burin d’un graveur chevronné, à faire passer en peinture la puissance et les plus subtiles nuances d’un immense sculpteur.


Pierre Paul Prud’hon (Cluny, 1758 – Paris, 1823)
Le Monument du pape Clément XIV par Canova
1787
Huile sur toile. H. 90,5 cm ; l. 60 cm
Collection Carlo Virgilio ; achat
Département des Peintures (R.F. 2011-54)

S. Laveissière


English version

Often compared, Prud’hon and Canova met in Rome. The monument for the tomb of Pope Clement XIV in Santi Apolstoli (1783–87)—the Neoclassical sculptor’s first major public work—is contemporary to the Oath of the Horatii by David (1784). Keen to disseminate a faithful and detailed image of his work, Canova commissioned Pietro Maria Vitali to make an engraving of it “after the painting by Prud’hon”. This painting has been recently identified and incorporated into the Louvre’s collection.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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