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Accueil>Visites & Activités>Pistes de visite>Aux arts, les citoyens ! (2) ... à Delacroix

Pistes de visite Aux arts, les citoyens ! (2) ... à Delacroix, en lien avec Amnesty International

Durée : 1h30 - Niveau : Collège : 4ème / Lycée : 2nde - Disciplines : Histoire des arts, Histoire, Éducation civique et morale
Jours de faisabilité : Lundi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi, Dimanche

Handicap moteur Groupes scolaires Groupes Handicap visuel Handicap auditif Handicap mental

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Objectifs

Cette piste de visite doit permettre aux élèves de croiser des œuvres du Louvre, issues de la peinture française au tournant des XVIIIème et XIXème siècles, aux droits fondamentaux tels qu’ils sont définis mais aussi replacés dans l’actualité de ce début de XXIème siècle.

- Analyser une œuvre d’art (peinture), dans son contexte historique.
- Associer une œuvre à un ou des droits fondamentaux.
- Replacer ces droits dans l’Histoire des droits et des textes fondamentaux les garantissant.
- Associer chaque œuvre à un événement contemporain à travers une image (photo, dessin…)
- Réfléchir sur le caractère universel, iconique, de certaines œuvres d’art.

Parti pris

Le corpus repose sur six œuvres, choisies pour leur pertinence avec le thème des Droits de l’Homme.

La piste se divise en deux parties :


1/ Au musée, un travail en autonomie, en binôme, puis une restitution collective. On  privilégie la rencontre avec l’œuvre, afin de favoriser l’observation directe et de susciter la réaction des élèves.

a. Observation de l’ensemble des œuvres.
Durant 30 à 40 minutes, les binômes sont répartis dans la salle, pour un travail en autonomie devant chaque œuvre (environ 5 minutes par tableau) :
- Retrouver l’œuvre dans la salle, à partir de la reproduction du dossier.
- Relever et noter les éléments constitutifs du tableau les plus évidents (thème, personnages, symboles, composition).
- Tracer sur la reproduction, les grandes lignes de construction du tableau.
- Trouver trois mots-clefs qui caractérisent le mieux le tableau.
- Associer au thème du tableau un ou des droits fondamentaux.
- Enfin, indiquer sous la reproduction la notice (titre, auteur, date de réalisation).

b. Analyse approfondie d’une œuvre
Chaque binôme, sur son choix ou celui de l’enseignant (dans un souci d’équilibre), mène une analyse plus approfondie d’une des œuvres (environ 10-15 minutes) :
- Compléter la fiche de l’œuvre choisie en développant des clefs d’analyse : composition (différents plans), perspective, mouvement, lumière, couleurs, cadrage…

c. Restitution collective
A l’issue de ces deux phases d’observation et d’analyse, le groupe-classe est rassemblé pour une restitution collective.
Devant chaque œuvre, un rapporteur peut présenter son travail de recherche (analyse, mots-clefs, droits associés…), validé par le reste de la classe et le professeur. Celui-ci apporte également des informations complémentaires sur les œuvres.

 

2/ En classe, un travail de prolongement, autour des Droits de l’Homme et de leur résonnance avec l’actualité (voir le dossier professeur dans l'onglet "Ressources").

 

 

Matériel

- Un dossier élève avec, sur chaque page, la reproduction d’une des œuvres et un espace libre.
- Un crayon à papier.

La Liberté guidant le peuple - vue d'ensemble - 768x626 - [FR]
La Liberté guidant le peuple - détail - 140x87 - [FR]

© 2009 Musée du Louvre / Erich Lessing

1Le 28 Juillet. La Liberté guidant le peuple (28 juillet 1830)

Eugène Delacroix

Le 28 Juillet : La Liberté guidant le peuple
Eugène Delacroix

Salon de 1831
Huile sur toile
H. : 2,60 m. ; L. : 3,25 m.

Localisation : Galerie Denon, 1er étage, Mollien, salle 77.

- Au centre, une jeune femme, peu vêtue (drapé jaune, à l’antique), avec un bonnet phrygien, portant dans sa main droite un drapeau tricolore et dans sa main gauche un fusil à baïonnette. Elle participe au combat. Ce personnage est assimilé à Marianne, symbole révolutionnaire de la lutte et du peuple.
C’est une allégorie de la Liberté et de la victoire (le drapé et sa semi-nudité font référence aux victoires ailées antiques).
- Autour d’elle, deux jeunes garçons parisiens, armés, représentant la jeunesse révoltée par l’injustice (Gavroche dans Les Misérables de V. Hugo). Des ouvriers parisiens. Ils symbolisent les classes populaires parisiennes.
En bas, des cadavres.
- Un paysage de barricades. Au loin, les tours de Notre-Dame localisant l’action à Paris.

La structure est pyramidale, avec une convergence des lignes vers le drapeau tricolore (les armes participent à ces lignes). Il s’en dégage aussi une ouverture vers le spectateur.
L’ensemble combine des lignes horizontales (les cadavres au sol) et verticales (les personnages révolutionnaires).

Droits fondamentaux :
Liberté d’expression, liberté de la presse (cause de la révolte), souveraineté nationale.
Textes fondamentaux :
Déclaration universelle des Droits de l’Homme : art.19

Scène des massacres de Scio - 580x699 - {FR]
Scène des massacres de Scio - détail - 140x87 - {FR]

© R.M.N./H. Lewandowski

2Scène des massacres de Scio ; familles grecques attendant la mort ou l'esclavage

Eugène Delacroix

Scène des massacres de Scio ; familles grecques attendant la mort ou l'esclavage
Eugène Delacroix

Salon de 1824
H. : 4,19 m. ; L. : 3,54 m.

Localisation : Galerie Denon, 1er étage, Mollien, salle 77.

Dans cette scène qui n’a pas de véritable centre, on observe :
- A gauche, un ensemble d’une quinzaine de personnes où se mêlent les bourreaux (peu visibles) et les victimes. Les victimes sont des civils : personnes âgées, femmes et enfants, sans armes. Certaines sont mortes. Il en ressort une scène de désolation.
- A droite, sur un cheval cabré, est individualisé un soldat ottoman (reconnaissable à son turban) ; il emporte une jeune fille quasiment nue et enchaînée.
- Au fond, une scène de pillage et de massacre (sang et fumée)
Cela crée un contraste entre la défaite, à gauche, et la victoire, à droite.

Droits fondamentaux :
Droit à la vie, protection des populations lors d’un conflit armé, droits des femmes, droit des enfants.
Textes fondamentaux :
Déclaration universelle des Droits de l’Homme : art.3, 25 et 26 ; Convention de Genève ; Convention internationale des Droits de l’Enfant : art.6, 14, 30, 32, 37.

Le Radeau de la Méduse - 768x554 - [FR)
Le Radeau de la Méduse - détail - 140x87 - [FR)

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

3Le Radeau de la Méduse

Théodore Géricault

Le Radeau de la Méduse
Théodore Géricault

Salon de 1819
H. : 4,91 m. ; L. : 7,16 m.


Localisation : Galerie Denon, 1er étage, Mollien, salle 77.

 


Trois plans principaux, dans un mouvement ascendant et diagonal :
- En bas, à gauche (arrière du radeau) : les cadavres (corps nus ou en partie dénudés) et un homme regardant en arrière. Représentation du passé.
- Au milieu, des hommes dans l’attente : le présent.
- En haut à droite, des corps tendus vers un homme agitant un tissu rouge, regardant au loin, vers une minuscule frégate qui semble inaccessible : l’espoir et le futur.
La présence de personnages noirs peut faire référence à une critique de l’esclavage.
Ce tableau est à la fois romantique par le sujet (fait divers, épouvante de la situation, mouvement des corps) mais aussi classique par sa composition (structure pyramidale…).

 


Droits fondamentaux :
Liberté de circulation, droit des migrant, protection des populations
Textes fondamentaux :
Déclaration universelle des Droits de l’Homme : art. 13 et 14 ; Convention internationale des Droits de l’Enfant : art.22.

Les Sabines - 768x580 - [FR]
Les Sabines - détail - 140x87 - [FR]

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

4Les Sabines

Jacques-Louis David

Les Sabines
Jacques-Louis David

1799
H. : 3,85 m. ; L. : 5,22 m.
Localisation : Denon, 1er étage, Daru, salle 75.

 

- Au centre, Hersilie, les bras écartés, s’interpose et tente de séparer son père, roi des Sabins (à sa droite) de Romulus, son mari (à sa gauche). Son corps blanc (peau et drapé) se détache du fond à dominante ocre. Les deux guerriers sont nus et équipés d’armes : boucliers, lance, épée (présence de la louve sur le bouclier de Romulus).
- Autour d’Hersilie, un ensemble de femmes, les Sabines, s’interpose également en mettant en avant leurs enfants.
- Derrière ces personnages, une scène de bataille entre Sabins et Romains, figurée par un ensemble de lances ; le Capitole assiégé à l’arrière-plan.
La scène est construite sur le principe du bas-relief (horizontalité, sur le modèle antique), brisé par la position d’Hersilie et des autres femmes. Il consacre aussi la suprématie du nu académique en peinture.
L’aspect figé des hommes contraste avec l’expressivité des femmes (« Immobilité succédant à un grand mouvement », Alexandre Lenoir, dans Histoire des arts en France, et description chronologique, 1811)

Cette scène, malgré son thème antique, se veut un message de réconciliation après les troubles révolutionnaires.

 


Droits fondamentaux :
Protection des populations lors d’un conflit armé, droits des femmes.
Textes fondamentaux :
Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes : art.3 et 16.

Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils - 758x578 - [FR]
Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils - détail - 140x87 - [FR]

© R.M.N./G. Blot - C. Jean

5Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils

Jacques-Louis David

Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils
Jacques-Louis David

1789
H. : 3,23 m. ; L. : 4,22 m.

Localisation : Denon, 1er étage, Daru, salle 75

La composition semble classique (dallage et colonnes créant la perspective), tout en étant en rupture. En effet, au lieu d’un sujet central, on observe trois scènes qui se succèdent afin de créer une narration. Trois sources de lumière éclairent ces scènes.
- A gauche, les licteurs entrent et portent le cadavre d’un des fils de Brutus. Son corps est éclairé par la lumière extérieure mais sa tête est cachée par la statue, dans l’ombre, de la déesse incarnant Rome.
- A droite, éclairé par une lumière zénithale, un groupe de femmes en pleurs, représentant la mère et les sœurs des morts. Leur douleur est théâtralisée par leur pose et le rideau derrière elles.
- En bas, à gauche, Brutus, le personnage principal, assis et isolé par la colonne centrale, tourne le dos à la scène. Son corps est entre ombre et lumière, dans une position ambiguë : une lumière rasante éclaire ses jambes (il se marche sur les pieds), tandis que son buste est dans l’ombre, caché par la statue romaine, élément le plus sombre mais symbole du drame de la scène.

Droits fondamentaux :
Droit de la personne face à la raison d’Etat et la peine de mort.
Textes fondamentaux :
Déclaration universelle des Droits de l’Homme : art.3 et 5.

La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime - 711x600 - [FR]
La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime - détail - 140x87 - [FR]

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

6La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime

Pierre-Paul Prud'Hon

La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime       
Pierre-Paul Prud'Hon

1808
H. : 2,44 m. ; L. : 2,94 m.

Localisation : Denon, 1er étage, Daru, salle 75.

- En bas, à gauche, un personnage s’enfuyant. Cependant, son pied gauche, à plat sur le sol, montre son incapacité à le faire. Il représente le crime.
- A ses pieds, à droite, la victime. Sa nudité, ses bras en croix et sa blancheur montrent sa fragilité et son innocence. Son bras gauche est aussi une entrave à la fuite du crime.
Cette scène n’est pas sans rappeler l’épisode biblique du meurtre d’Abel par Caïn.
L’opposition entre criminel et victime est renforcée par le clair-obscur (l’éclairage provenant de la pleine lune). Bien que sur éclairé, le visage de la victime reste non visible.
- En haut, à droite, deux personnages ailés :
A gauche, l’un tient une torche qui identifie et désigne le criminel ; c’est l’allégorie de la Vengeance (ou Némésis, déesse grecque de la juste colère et de la vengeance). A droite, l’autre tient une épée et une balance ; c’est l’allégorie de la Justice (Thémis), qui va frapper le criminel.
Le mouvement général des personnages va vers la gauche.

Droits fondamentaux :
Droit à la vie, droit à la justice, lutte contre la peine de mort.
Textes fondamentaux :
Déclaration universelle des Droits de l’Homme : art.3, 5, 7, 8, 9 et 10.