Richelieu 2ème étage - salle 14 : Orphée et Eurydice, Nicolas POUSSIN, vers 1650 -1653. Huile sur toile. H. : 1,24 m. ; L. : 2 m.
Les élèves, par l’observation d’indices, imaginent le récit « raconté » par le peintre. Ils font plusieurs propositions et hypothèses à l’oral ; le professeur prend des notes qui leur permettront, en classe, de rédiger un récit, qui pourra ensuite être comparé à celui d’Ovide.
Ils partent du cadre spatio-temporel du récit : un décor champêtre, un point d’eau, un ciel ombragé, un château en flammes et placent des personnages dans ce décor : un pêcheur, des baigneurs, un musicien et des femmes qui l’écoutent, et une jeune femme placée au centre, l’air effrayé.
Les élèves imaginent le déroulement du récit et formulent des hypothèses.
Est-ce une scène de loisirs ? Qu’arrive-t-il à la jeune femme au centre du tableau ? Pourquoi est-ce que personne ne semble prêter attention à son appel ? En les invitant à observer en détail le tableau, ils constatent la présence d’un serpent dans l’herbe. Va-t-elle ou vient-elle d’être piquée ? Pourquoi cette fumée à l’arrière-plan et cette ombre au premier plan ? Est-ce un présage funeste ? Le tableau rassemble donc un avant (la scène de loisir), un pendant (la morsure du serpent) et un après (l’ombre qui s’avance).
On peut tirer de la composition du tableau des indices pour la constitution du récit : le contraste entre la clarté et l’obscurité, entre l’insouciance et la situation dramatique. Cette ligne de partage peut être associée au partage entre la vie et la mort, elle soutient l’hypothèse d’un basculement irréversible.
On pourra demander ce qui, dans le décor, peut sembler anachronique. La présence du château Saint-Ange permettra de préciser que le peintre peut introduire dans un tableau s’inspirant d’un récit antique, des éléments propres à son époque. Cela confirme l’idée qu’il ne s’agit pas de réaliser une « copie » fidèle du récit, mais d’en livrer sa propre interprétation.