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Accueil>Visites & Activités>Pistes de visite>Lire les Métamorphoses d’Ovide avec les artistes

Pistes de visite Lire les Métamorphoses d’Ovide avec les artistes

Durée : 1h30 - Niveau : 6ème - Disciplines : Français, Histoire des arts, Histoire
Jours de faisabilité : Lundi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi, Dimanche

Pygmalion et Galatée, Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson
Pygmalion et Galatée, Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson_vignette

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Objectifs

Lors de cette visite, les élèves découvrent différentes représentations des Métamorphoses dans le cadre de l’étude de l’œuvre d’Ovide. Ils sont amenés à interroger les moyens narratifs mis en œuvre dans ces représentations sculptées et peintes ainsi que leur dialogue dans les choix muséographiques du Louvre.

Lors de cette visite, il va s’agir :
- d’apprendre lire l’image narrative
- d'identifier les correspondances entre texte et image
- d'identifier les moyens utilisés par les artistes pour représenter différents  moments d’un récit sur une seule image
- d’accompagner la définition de la notion de mythe vue en classe
- de donner du sens à l’étude des Métamorphoses d’Ovide comme texte fondateur, en montrant un aperçu de l’étendue de ses reprises dans les œuvres artistiques, même plusieurs siècles après l’Antiquité.

Cette visite au Louvre, parallèlement au travail sur Les Métamorphoses, a aussi pour but de familiariser des enfants souvent novices en la matière, à l’univers du musée : savoir se repérer, chercher des informations…

Parti pris

Matériel

- Crayon, feuille.

Persée et Andromède, Pierre Puget
Persée et Andromède, Pierre Puget_vignette

© RMN (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

1Persée et Andromède, Pierre Puget

Richelieu Entresol - Cour Puget : Persée et Andromède, Pierre Puget, 1678-1684. Marbre de Carrare. H. : 3,20 m. ; L. : 1,06 m. ; Pr. : 1,14 m.

Les élèves ont eu connaissance du mythe en classe et connaissent donc déjà l’histoire. Face à cette œuvre, il s’agit pour eux d’observer comment l’artiste arrive à représenter l’histoire dans son déroulement, sans s’en tenir à un simple instant du récit.

On leur demande de repérer quel moment précis du mythe Pierre Puget a choisi de représenter : il s’agit du moment où Persée délivre Andromède. On attend des élèves qu’ils justifient leur réponse : présence des chaînes, mouvement du personnage (équilibre précaire des personnages, muscles bandés de Persée en plein effort, mouvement du drapé) … et titre de la sculpture !

Les élèves font le tour de la statue afin d’observer tout ce qui se trouve aux pieds des personnages : des armes, des ailes, une tête de méduse et … un bébé (qui les intrigue beaucoup !) On interroge les élèves sur le rôle de ces objets afin de leur faire prendre conscience qu’ils permettent d’évoquer le début du mythe. La tête de méduse rappelle que Persée a tué ce monstre avant de délivrer la jeune femme. Les armes sont celles qui ont été données par Minerve (un bouclier poli comme un miroir, pour regarder le reflet de Méduse) et Mercure (une épée qui tranchera la tête de Méduse) afin d’aider le héros. Les ailes, enfin font allusion aux sandales ailées prises aux nymphes du Styx. Quant au petit bébé, on pourra évoquer Cupidon que les élèves retrouveront plus loin dans la visite.  Il ne s’agit plus alors de faire référence à ce qui s’est passé avant le moment où Persée délivre Andromède mais d’évoquer ce qui est en train de se jouer dans cet épisode : Persée tombe amoureux de la jeune femme. L’enfant est alors une allégorie de leur amour.

On peut proposer aux élèves de réaliser un croquis de la tête de Méduse, ce qui les oblige à observer de très près la sculpture et d’être sensibles à la précision des détails.

Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent, François-Joseph BOSIO
Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent, François-Joseph BOSIO

© RMN (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

2Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent, François-Joseph Bosio

Richelieu Entresol - Cour Puget : Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent, François-Joseph BOSIO. Bronze fondu par Carbonneaux en 1824. H. : 2,60 m. ; L. : 2,10 m. ; Pr. : 0,95 m.

Hercule fait partie des personnages généralement connus par les élèves. On choisit cette fois de présenter la sculpture sans avoir étudié le texte auparavant, pour susciter l’imaginaire.

Pour étudier l’art du récit face à cette sculpture, on demande aux élèves de repérer le moment du combat illustré par la statue : sans connaître forcément le texte, les élèves peuvent déduire que cette sculpture représente la fin du combat. Acheloüs semble vaincu, Hercule va gagner.

On interroge les élèves sur le rôle de la composition de la statue dans la représentation de la force du héros. Hercule se trouve au-dessus de son adversaire, dans un geste de combat qui fait ressortir ses muscles.
Pour susciter l’imaginaire, on pourra proposer aux élèves d’écrire à partir de cette œuvre : on pourra leur demander de prendre quelques notes pour imaginer en classe le récit correspondant à cette statue. Dans le cadre d’un projet d’écriture, il sera intéressant de confronter les propositions élaborées par les élèves au sujet de la peau de lion aux pieds d’Hercule (métamorphose antérieure du serpent ? d’Hercule ?..). Les élèves qui connaissent l’épisode du lion de Némée pourront alors faire partager leurs connaissances.

La Chute d'Icare, Paul-Ambroise Slodtz
La Chute d'Icare, Paul-Ambroise Slodtz_vignette

© 2007 Musée du Louvre / Pierre Philibert

3La Chute d'Icare, Paul-Ambroise Slodtz

Richelieu RDC - salle 25 : La Chute d'Icare, Paul-Ambroise Slodtz, 1743. Morceau de réception à l'Académie. Marbre. H. : 38 cm. ; L. : 64 cm. ; Pr. : 54 cm.

Les élèves ont préalablement étudié le texte en classe, proposé leur propre illustration puis ils ont comparé leur représentation du mythe avec celle de Carlo Saraceni « La Chute d’Icare », et celle de Pierre Brueghel l’Ancien. L’idée étant de montrer aux élèves que l’artiste fait des choix et qu’un même texte peut donc faire l’objet d’interprétations artistiques différentes.

On demande aux élèves d’identifier le moment du mythe représenté par cette sculpture. On les amène à justifier leur réponse à l’aide d’une observation attentive de la sculpture : les plumes et les lanières des ailes d’Icare, le moutonnement des vagues, la position du corps sur le rocher… tous ces détails montrent qu’Icare est mort. On attire l’attention des élèves sur la finesse avec laquelle sont représentées les plumes et l’écume des vagues.

Les élèves sont ensuite invités à exprimer leurs sentiments : émerveillement devant la beauté du rêve (splendeur des plumes brillantes…), pitié provoquée par ce jeune homme mort dans la fleur de l’âge (beauté du corps, des muscles…)
On peut conclure avec les élèves que l’artiste cherche à mettre en valeur la beauté du rêve d’Icare.
La salle 25 regorge de sculptures mettant en scène des épisodes violents de la mythologie (Œdipe, Prométhée…) On laissera un moment aux élèves afin qu’ils puissent observer les sculptures et leur demander de choisir une sculpture puis de la décrire en montrant ce qui la rend violente (geste, objet, animal mis en valeur…)

Écho et Narcisse, Nicolas Poussin
Écho et Narcisse, Nicolas Poussin_vignette

© 2011 Musée du Louvre / Martine Beck-Coppola

4Écho et Narcisse, Nicolas Poussin

Richelieu 2ème étage - salle 13 : Écho et Narcisse, Nicolas Poussin, vers 1630. Huile sur toile. H. : 0,74 m. ; L. : 1 m.

Les élèves ont préalablement étudié les aventures d’Écho et Narcisse, connaissent les personnages, les éléments importants du décor et la nature de la métamorphose. Ils ont dessiné pour le jour de la sortie leur propre « tableau » représentant le récit.

On cache le titre du tableau et on invite les élèves à identifier le récit dont il s’agit parmi les différents récits préalablement étudiés. Les élèves justifient leur réponse par l’identification d’indices : le personnage féminin appuyé sur un rocher, le personnage masculin allongé au bord de l’eau, le décor champêtre.

Ils observent les détails du tableau et constatent que l’artiste a rassemblé deux moments distincts dans le récit d’Ovide : la métamorphose d’Écho en rocher et la métamorphose de Narcisse en fleur. Par ce raccourci, l’artiste nous livre les étapes du récit.
On s’attache alors à la façon dont l’artiste, réussit à représenter un événement en devenir. Les élèves constatent que les pieds et les mollets d’Écho plus foncés que le reste du corps sont comme « fondus » dans le rocher. Concernant Narcisse, c’est la « couronne » de fleurs autour de son visage qui signale sa métamorphose. Aucune partie du corps n’est altérée, sans doute pour nous laisser admirer sa beauté décrite dans le texte d’Ovide.
Les élèves sortent alors leur dessin, commentent leurs choix et les comparent avec ceux de l’artiste : quel(s) moment(s) du récit ont-ils choisi de représenter ? Quels moyens ont-ils trouvés pour rendre le mouvement d’une métamorphose ?
On leur demande de chercher les différences du tableau avec le texte source :
- ce n’est pas « une fleur jaune couleur de safran…» qui est représentée, mais un tapis de fleurs
- un troisième personnage apparaît sur le tableau : un Cupidon mettant en évidence le thème de l’amour.
Les élèves sont ainsi sensibilisés au fait que l’artiste ne réalise pas une simple « copie » du récit mais qu’il l’interprète et effectue des choix.

Orphée et Eurydice, Nicolas POUSSIN
Orphée et Eurydice, Nicolas POUSSIN_vignette

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

5Orphée et Eurydice, Nicolas Poussin

Richelieu 2ème étage - salle 14 : Orphée et Eurydice, Nicolas POUSSIN, vers 1650 -1653. Huile sur toile. H. : 1,24 m. ; L. : 2 m.

Les élèves, par l’observation d’indices, imaginent le récit « raconté » par le peintre. Ils font plusieurs propositions et hypothèses à l’oral ; le professeur prend des notes qui leur permettront, en classe, de rédiger un récit, qui pourra ensuite être comparé à celui d’Ovide.

Ils partent du cadre spatio-temporel du récit : un décor champêtre, un point d’eau, un ciel ombragé, un château en flammes et placent des personnages dans ce décor : un pêcheur, des baigneurs, un musicien et des femmes qui l’écoutent, et une jeune femme placée au centre, l’air effrayé.

Les élèves imaginent le déroulement du récit et formulent des hypothèses.
Est-ce une scène de loisirs ? Qu’arrive-t-il à la jeune femme au centre du tableau ? Pourquoi est-ce que personne ne semble prêter attention à son appel ? En les invitant à observer en détail le tableau, ils constatent la présence d’un serpent dans l’herbe. Va-t-elle ou vient-elle d’être piquée ? Pourquoi cette fumée à l’arrière-plan et cette ombre au premier plan ? Est-ce un présage funeste ? Le tableau rassemble donc un avant (la scène de loisir), un pendant (la morsure du serpent) et un après (l’ombre qui s’avance).
On peut tirer de la composition du tableau des indices pour la constitution du récit : le contraste entre la clarté et l’obscurité, entre l’insouciance et la situation dramatique. Cette ligne de partage peut être associée au partage entre la vie et la mort, elle soutient l’hypothèse d’un basculement irréversible.
On pourra demander ce qui, dans le décor, peut sembler anachronique. La présence du château Saint-Ange permettra de préciser que le peintre peut introduire dans un tableau s’inspirant d’un récit antique, des éléments propres à son époque. Cela confirme l’idée qu’il ne s’agit pas de réaliser une « copie » fidèle du récit, mais d’en livrer sa propre interprétation.

Pygmalion et Galatée, Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson
Pygmalion et Galatée, Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson_vignette

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

6Pygmalion et Galatée, Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

DENON 1er étage - salle 75 : Pygmalion et Galatée, Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson. Huile sur toile. Salon de 1819. H. : 2,53 m. ; L. : 2,02 m.

Les élèves ont lu l’histoire de Pygmalion et Galatée de façon autonome. En plus de l’étude de la composition, ce tableau sera l’occasion, en clôture de visite, de s’interroger de façon plus générale sur le lien entre l’artiste et son œuvre, ainsi qu’entre le moment de la création et la postérité d’une œuvre d’art.

Comme pour les autres tableaux, les élèves sont invités à identifier le moment du mythe représenté par l’artiste. Ici, la statue s’anime, elle est en train de prendre vie.

On pourra interroger avec les élèves le rôle de la lumière : que met-elle en valeur ? D’où vient-elle ? quelle présence est suggérée à travers elle ? En effet, si la lumière met en valeur la beauté de Galatée, son orientation (elle vient du haut) et le regard du petit Amour suggèrent la présence divine de Vénus hors cadre. Le passage de la prière de Pygmalion à Vénus est ainsi rappelé.
De plus, c’est en partant de l’observation de Pygmalion que l’on pourra suggérer une réflexion plus large sur le statut de l’œuvre d’art : en interrogeant les élèves sur les sentiments que semble éprouver Pygmalion (qui paraît à la fois étonné et admiratif), on pourra soumettre aux élèves quelques propositions visant à identifier l’image générale que la peinture de Girodet donne de l’artiste :
- un artiste est le maître absolu de ses créations
- un artiste se désintéresse de ses créations une fois qu’elles sont terminées
- une création artistique réussie contient une « magie » indéfinissable
- l’œuvre d’un artiste continuera à vivre sans lui
- l’œuvre artistique ne peut vivre sans son créateur

Pygmalion et Galatée, Étienne-Maurice Falconet
Pygmalion et Galatée, Étienne-Maurice Falconet_vignette

© 1994 Musée du Louvre / Pierre Philibert

7Pygmalion et Galatée, Étienne-Maurice Falconet

Richelieu RDC - salle 22 : Vitrine 2 : Pygmalion et Galatée, Étienne-Maurice Falconet. Salon de 1763. Marbre. H. : 83 cm. ; L. : 48 cm. ; Pr. : 38 cm.

On peut approfondir le travail autour du mythe de Pygmalion avec la sculpture d’Etienne-Maurice Falconet.

On y interroge avec les élèves le rôle du décor dans la construction de l’œuvre : si les outils aux pieds de Pygmalion rappellent que la belle est l’œuvre d’un sculpteur, les nuages sur lesquels semblent reposer l’ensemble évoquent le rêve éveillé du jeune homme. On retrouve aussi l’allégorie de l’Amour, embrassant la main de la jeune fille, signe de la passion de Pygmalion pour son œuvre, de la présence de Vénus… voire de l’hommage de Falconet, sculpteur, à son personnage…

Ce questionnement permettra aussi éventuellement de faire construire le récit par des élèves qui ne connaîtraient pas l’histoire, montrant ainsi le véritable rôle narratif des différents éléments de l’œuvre.

Pour conclure, on n’hésitera pas non plus à interroger les élèves sur ce qui a attiré leur attention dans le musée, sur ce qu’ils retiendront, sur l’œuvre qui les a le plus touchés…