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Accueil>Expositions & Actualités>Musique>Platée, de Jean-Philippe Rameau

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Séance présentée par Raphaëlle Legrand

Parmi les opéras de Rameau, Platée (1745) occupe une place à part. Par bien des traits, cette comédie lyrique, appelée dans certaines sources « ballet bouffon », se rattache à une tradition fort ancienne : le travesti masculin pour incarner une femme âgée ou ridicule, notamment, est directement hérité du théâtre du xviie siècle ou de l’opéra vénitien (on pense aux nourrices de Monteverdi). La dimension totalement parodique de la pièce, qui démarque tous les ingrédients de la tragédie en musique pour s’en moquer, appartient davantage au théâtre forain – auquel Rameau a d’ailleurs collaboré – qu’à la scène très sérieuse de l’Académie royale de musique où elle a été reprise après une création officielle à la cour, à l’occasion du mariage du Dauphin. Le public parisien d’alors a su cependant goûter tout le sel d’une telle autodérision, familier qu’il était des codes du grand genre.

On pourrait penser qu’une œuvre aussi chargée de références aurait peiné à toucher un auditoire actuel. Bien au contraire : depuis l’inimitable incarnation de la nymphe des marais par Michel Sénéchal au Festival d’Aix-en-Provence en 1956, Platée a conquis de nombreuses scènes lyriques dans le monde et inspiré les mises en scènes les plus inventives et les plus folles, parmi lesquelles celle de Laurent Pelly a fait date. Sans doute parce qu’au-delà des allusions parodiques deux atouts majeurs nous rendent cet opéra éminemment proche. Au premier chef, la merveilleuse musique de Rameau, toujours neuve, étonnante et touchante. Mais également une méditation douce-amère sur l’altérité, la différence, illustrée de la façon la plus humaine qui soit par ce personnage féminin chanté par un ténor, par cette grenouille rêvant, depuis son marécage, d’un inaccessible Olympe.
Raphaëlle Legrand

Ballet bouffon (comédie lyrique) en trois actes et un prologue, livret de Adrien-Joseph Le Valois d’Orville ; Création : Grand Manège de Versailles, 31 mars 1745 (Académie royale de musique, 4 février 1749)
Chœur et orchestre des musiciens du Louvre-Grenoble 
Orchestre des musiciens du Louvre-Grenoble

Dir. : Marc Minkowski
Mise en scène et costumes: Laurent Pelly; chorégraphie : Laura Scozzi ; décors : Chantal Thomas; lumières : Joël Adam
Avec Paul Agnew (Platée), Mireille Delunsch (La Folie, Thalie), Yann Beuron (Thespis, Mercure), Vincent Le Texier (Jupiter), Laurent Naouri (Cithéron, un satyre), Doris Lamprecht (Junon), Valérie Gabail (L’Amour, Clarine)
Réal. : Don Kent (captation récompensée d'un Diapason d'or).
Prod. : LGM / Opéra national de Paris / Mezzo, 2002, 2h30
Distr. : Arthaus Musik

Cycle(s) : De Rameau à Daho, musique française au Louvre Musique filmée
Evénement(s) : De Rameau à Daho, musique française au Louvre

Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarifs :
Tarif D : 12 euros, 10 euros (réduit), 6 ou 4 euros (solidarité et jeunes, groupes scolaires et centres de loisirs)
Gratuit avec la CLJ (Carte Amis du Louvre Jeunes) dans la limite d’un quota de places garanties.
Retrait des billets 45 minutes avant aux caisses de l’auditorium.

Réservations :
. Par téléphone : Au 01 40 20 55 00, du lundi au vendredi (sauf mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.
. Sur place, à la caisse de l’auditorium, du lundi au samedi (sauf mardi) de 9h à 17h30, jusqu’à 19h30 les mercredis et vendredis, et jusqu’au début des séances les soirs de programmation.

Informations :
01 40 20 55 55, de 9h à 19h du lundi au vendredi.
Fermeture du 30 juin au 2 septembre 2014 inclus.

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