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Quatre cartons de Charles Le Brun restaurés en 2010

Restauration : André Le Prat, Hélène Bartelloni, Eve Menei, Laurence Caylux, Christelle Desclouds, Anna Gabrielli et Ariane de la Chapelle
 

Le département des Arts graphiques conserve environ deux cents cartons préparatoires au décor de la voussure de l’escalier des Ambassadeurs du château de Versailles. La vie de ces cartons est mouvementée. Ils ont d’abord séjourné à la manufacture des Gobelins, où se trouvait l’atelier de Le Brun. Nous retrouvons leur trace dans une note écrite en 1730 par Charles Coypel : « Ces cartons de Tres peu de Valeur que feu mon père trouva presque pourris sont au vieux Louvre dans mon atelier. » Un mémoire daté du 2 juin 1749 rappelle que « ces cartons ayant été peu soignés et renfermés dans des lieux humides sont presque en lambeaux ».

Deux groupes bien distincts sont conservés séparément ; d’une part, les cartons roulés sur des barres de bois depuis le XVIIIe siècle, et, d’autre part, des cartons marouflés sur toile au XIXe siècle. Tous ces dessins ont souffert de mauvaises conditions de conservation : ils n’ont été protégés ni de la lumière, ni de la poussière, ni de l’humidité. Le contact avec des matériaux acides a provoqué un jaunissement prononcé des papiers, en particulier ceux des cartons marouflés au XIXe siècle. Toutes ces feuilles sont déchirées sur les bords, de plus elles sont souvent lacunaires.

Une première campagne de restauration (1992) a consisté à dépoussiérer et consolider les nombreuses déchirures qui fragilisent ces feuilles, afin qu’elles puissent être photographiées en toute sécurité. Après la rédaction du premier catalogue raisonné (2000), la véritable restauration a commencé.

Pour le traitement des cartons, trois protocoles ont été mis en oeuvre :
- L’hydrolyse enzymatique des colles de pâte. La colle de pâte est constituée de colle de farine et de colle de peau. Cette hydrolyse est obtenue, pour la partie amylacée, au moyen d’une solution d’amylase. Le processus mis au point définit les seuils de concentration optimums pour affaiblir l’ancien adhésif afin de le solubiliser et de l’éliminer en milieu aqueux sur une table basse pression. Il précise également les modes opératoires pour ce qui est de la température, du pH et de la durée d’activité des enzymes.

- Nouveau marouflage. La suite de l’intervention se prolonge par le marouflage sur une nouvelle toile. L’approche choisie diffère radicalement des recettes artisanales traditionnelles. Elle s’inspire de techniques japonaises de doublage, grâce à l’utilisation de papier de Kozo et de colle d’amidon de blé.

- Nouveaux châssis extensiométriques. Du fait de leurs dimensions, les grands formats sont soumis à des tensions mécaniques plus importantes, engendrées par les variations hygrométriques. Pour pallier ces inconvénients, un châssis extensiométrique a été mis au point avec un atelier de mécanique. Ce châssis adapté à l’amplitude du mouvement des papiers permet d’en amortir la force dynamique liée aux variations hygrométriques et de l’équilibrer continuellement à son niveau de tension minimum.

Ces trois volets de l’évolution du traitement des grands formats participent d’anciens procédés tels le marouflage et la mise en tension sur châssis. L’atelier a gardé le principe de ces méthodes car elles s’inscrivent dans notre culture de conservation et d’exposition. Mais il s’est inspiré des méthodes traditionnelles japonaises, qui procurent toutes les garanties d’innocuité et de pérennité. Leur assimilation apporte une amélioration qualitative qui réhabilite le marouflage.

A. Le Prat

Charles Le Brun (Paris, 1619-1690)

Un esclave
Vers 1674-1679
Pierre noire, avec rehauts de craie blanche, sur plusieurs morceaux de
papier beige réunis. Annoté à la pierre noire, en bas à gauche : 10.
Traits repassés au stylet. Contours irrégulièrement découpés. Marouflé
sur toile. H. 1,57 m ; l. 1,73 m
Département des Arts graphiques (INV. 29 902)
 

Mercure et Pégase
Vers 1674-1679
Pierre noire, avec rehauts de craie blanche, sur plusieurs morceaux de
papier beige réunis. Inscrit dans un cercle tracé à la pierre noire. Annoté
à la pierre noire, en bas à gauche : 61. Traits repassés au stylet. Marouflé
sur toile. H. 1,86 m ; l. 1,57 m
Département des Arts graphiques (INV. 29 901)
 

La Vigilance
Vers 1674-1679
Pierre noire, sur plusieurs morceaux de papier beige réunis. Traits
repassés au stylet. Contours irrégulièrement découpés. Marouflé sur
toile. H. 1,98 m ; l. 86 cm
Département des Arts graphiques (INV. 29 941)
 

Une Renommée
Vers 1674-1679
Pierre noire, avec rehauts de craie blanche, sur plusieurs morceaux de
papier beige réunis. Inscrit dans un cercle tracé à la pierre noire. Annoté
à la pierre noire, en bas, à droite : 60. Traits repassés au stylet. Marouflé
sur toile. H. 1,67 m ; l. 1,57 m
Département des Arts graphiques (INV. 29 904)

Historique : Atelier de Le Brun ; entrés dans les collections royales en
1690 ; dernière provenance : Cabinet du Roi ; mode d’acquisition : saisie
royale ; année d’acquisition : 1690

English Version

The Department of Graphic Arts holds around 200 preparatory cartoons for the decoration of the coving of the Escalier des Ambassadeurs (Ambassadors’ Staircase) at the Château of Versailles. These cartoons were never treated with the greatest of care, and a report dated 2 June 1749 stated that they “have been neglected and kept in a damp place, so they are almost in tatters”.

Two very distinct groups can be identified: on the one hand, cartoons that had been left rolled on wooden bars since the eighteenth century, and, on the other hand, cartoons mounted on canvas in the nineteenth century. An initial restoration programme (1992) involved the dust removal and the consolidation of the numerous tears that made the sheets fragile.

After the first catalogue raisonné of Le Brun’s drawings in the Louvre was published in 2000, the actual restoration phase commenced.

The restoration of these cartoons was carried out using three treatments:
- enzymatic hydrolysis of the adhesive paste;
- mounting cartoons on new canvas;
- the addition of new extensometric stretchers.
These three steps in the treatment of large-format works involve traditional processes such as marouflage and mounting on stretchers. The studio adhered to the principle of these methods, as they are integral to our conservation and exhibition culture. However, the conservation procedure also incorporated traditional Japanese-paper methods, which provide every guarantee of reversibility and permanence. The assimilation of these techniques has resulted in qualitative improvements that rehabilitate marouflage as a viable technique.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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