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Recherche sur les relations entre les musées et les municipalités en Europe

Partenariat Louvre – Centre d’économie de la Sorbonne – université Paris I Sorbonne (groupement d’analyse politique financé par l’Union européenne)

 

Synthèse des principaux résultats

À la suite de l’étude menée en 2005 sur l’impact économique du Louvre, qui a fait l’objet d’une publication par Xavier Greffe, professeur d’économie à la Sorbonne, dans la revue The Journal of Arts, Management, Law and Society1, la recherche sur les relations entre les musées et les municipalités en Europe s’est attachée à étudier l’importance des musées dans la vie économique et sociale de leurs territoires (voir RML 2010, p. 96). Elle visait à conduire une analyse comparative en France, en Angleterre, et dans un pays en phase d’entrée dans l’Union européenne, la Croatie, afin d’étudier leurs situations respectives dans des contextes territoriaux, sociaux et politiques européens différenciés. Cette première approche d’étude a été suivie de plusieurs consultations auprès de professionnels des musées, d’experts et de professionnels des collectivités territoriales. Elle a permis, ensuite, la réalisation de quatorze études de cas, et la mise en oeuvre d’une enquête quantitative en ligne, effectuée auprès d’un échantillon de deux cent cinquante musées et collectivités territoriales en Europe.

 

Des liens étroits mais limités entre musées et municipalités

L’un des premiers résultats de l’enquête fut de constater que, même si les musées européens ne dépendent pas administrativement des collectivités locales, ils entretiennent pratiquement tous des relations suivies avec leurs municipalités. Des diverses situations municipales étudiées, qu’elles soient locales (Anvers, Barcelone, Bilbao, Dunkerque, Lyon, Paris, Rouen, Split, Venise) ou nationales (Allemagne, Finlande, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Portugal, Suède), il ressort que l’engagement des municipalités est déterminant pour ce qui est des financements mais aussi des partenariats en faveur des populations vivant sur le territoire. Dans ce contexte, les musées, quels que soient leur taille ou leur statut, voient, pour beaucoup d’entre eux, leurs marges de manoeuvre réduite par un modèle de soutien financier annualisé. Cet agenda ne leur permet pas d’introduire – avec un design pluriannuel et de moyen terme indispensable pour la conduite de leurs projets – la souplesse, la réactivité et le temps nécessaires pour atteindre leurs objectifs, consolider leur politique d’acquisitions, développer des projets culturels durables ou encore mettre en place d’éventuelles actions correctives. L’enquête montre ainsi que les municipalités craignent de n’être perçues que comme de simples « financeurs », tandis que de nombreux musées accordent à leurs partenaires municipaux un rôle d’apporteurs d’argent au cas par cas, et estiment que, bien souvent, leurs municipalités les ignorent. Dans l’enquête, les musées ont d’ailleurs été très nombreux à souhaiter une évolution de leur modèle de gestion et l’instauration de relations de moyen terme avec les municipalités correspondantes.

 

L’attente d’un élargissement des missions et du rôle des musées sur leurs territoires

Dans cette perspective, les attentes des musées et celles des municipalités trouvent de nombreux points de convergence, sans que les missions des musées fassent pourtant l’objet d’une réflexion réellement approfondie et partagée sur leur rôle à l’égard des territoires. Autant les musées semblent compétents pour ce qui est du développement et du suivi de leurs activités les plus traditionnelles (accueil des visiteurs, activités pour les scolaires, élargissement à certaines catégories de publics), autant ils sont encore nombreux à sous-estimer la place qu’ils peuvent occuper en matière de cohésion sociale, de bien-être des populations, d’augmentation des compétences locales et de développement de partenariats avec d’autres secteurs d’activité ou d’autres acteurs territoriaux, que ceux-ci appartiennent au champ social ou économique. Leur contribution au déploiement « durable » des territoires, sur le plan économique et social et sur le plan environnemental, représente un axe de développement majeur pour les musées, mais ils sont souvent démunis et ne disposent pas toujours des moyens et des indicateurs qui leur permettraient de valoriser ces dimensions. S’ils sont capables de bien accueillir leurs visiteurs, de mettre en place des activités en faveur de publics cibles et de certaines catégories sociales, telles les personnes en situation de handicap, ils développent encore peu de relations professionnelles et d’activités intersectorielles avec les entreprises locales et leurs salariés comme avec les autres secteurs professionnels publics et privés situés sur leur territoire (transport, formation continue, emploi, loisir, santé, etc.). S’agissant de l’innovation, s’ils sont parfaitement conscients du rôle des technologies de l’information et de la communication pour ce qui est de l’ouverture à de nouveaux publics, ils peinent toutefois à exploiter au mieux leur potentiel en matière de droit de propriété intellectuelle, de création de nouveaux produits et de services, et de valorisation de leur patrimoine immatériel, au bénéfice de leur territoire.

 

Une amélioration du dialogue de gestion à travers une réflexion approfondie sur le rôle des musées et sur les indicateurs de suivi

Dans l’enquête, la manière dont les musées et les municipalités envisagent le rôle des indicateurs – entendus ici comme instruments de dialogue de gestion et systèmes d’information sur les missions, les objectifs et les responsabilités respectives des musées et des collectivités territoriales – est très significative : les musées disposent aujourd’hui de données assez précises sur leur action éducative, et sur leurs activités et événements culturels. Ils se déclarent, en revanche, beaucoup plus démunis pour analyser les conséquences de leurs politiques du point de vue social, leurs effets sur l’individu et la collectivité, sur la cohésion et la diversité, sur l’ouverture à de nouvelles communautés vivant sur leur territoire, sur les apprentissages et la formation, et, d’un point de vue général, sur la création de valeur économique et sociale. Les musées sous-estiment en particulier le potentiel de valeur, notamment économique, et de créativité, qui peut être issu des références artistiques offertes par leurs collections et par l’expertise de leurs équipes. Aujourd’hui, les ressources artistiques et culturelles bénéficient peu aux habitants et aux entreprises locales, au-delà des domaines et des secteurs traditionnellement attachés aux musées (artistes plasticiens, mode ou design). En revanche, les municipalités ont des demandes beaucoup plus fortes et beaucoup plus précises concernant le rôle des musées en matière de bien-être social et d’activité économique. Musées et municipalités s’accordent d’ailleurs à déplorer le manque d’outils permettant de mesurer la contribution des musées au bien-être social et au développement économique de leurs territoires, et à souhaiter disposer des indicateurs correspondants.

 

Valorisation des résultats de la recherche

Les résultats de la recherche sont disponibles en ligne. Le rapport et ses annexes, comportant quatorze études de cas, sont accessibles, en français et en anglais, sur le site de la Commission européenne : http://ec.europa.eu/culture/news/20110829_en.htm.

La recherche a également fait l’objet de deux présentations en 2011 :
– présentation des résultats aux représentants des vingt-sept États membres de l’Union européenne (Working Group of Member States Experts on Cultural Diversity, Intercultural Dialogue and Accessible and Inclusive Culture), Bruxelles, 8 mars 2011 ;
– présentation des résultats dans le cadre de la conférence internationale « T he Arts in Times of Crisis: British and French Perspectives », organisée conjointement par le centre de recherche « Civilisations et identités culturelles comparées » – université de Cergy-Pontoise et le Centre for Cultural Policy Studies de l’université de Warwick (Royaume-Uni), Cergy-Pontoise et Paris, 15-16 décembre 2011.

 

A. Krebs

1. Greffe (X.), « The Economic Impact of The Louvre », The Journal of Arts, Management, Law and Society, XLI, 2011.

 

English version

Following the 2005 study of the economic impact of the Louvre, which was published in The Journal of Arts Management, Law and Society (volume 41, 2011), research on the relations between museums and municipalities in Europe (financed by the European Union and jointly directed by the Louvre’s Studies and Research Department and the Centre d’Economie de la Sorbonne) has focused on studying the significance of museums in the economic and social life of their communities. A comparative analysis of the state of relations between various museums and their municipalities across Europe was used to study situations in differentiated geographical, social and political contexts. Following a literature review, consultations were carried out with professionals in cultural fields, researchers and experts, followed by the implementation of fourteen case studies in various European cities, regions and countries, and by a quantitative survey conducted with a sample of 250 museums and local authorities in Europe. This research has highlighted areas of convergence or divergence between municipalities and museums; through it we have been able to identify the expectations of museums and municipalities respectively with regard to issues of governance and development in their communities. The results point both to synergies and differences concerning the goals of the museums and the mutual expectations of the partners. The research also opens up discussion of the types of contractual relation and innovation that would enable museums to strengthen their role as drivers of cultural, social and economic development within their communities.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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