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Remontage de panneaux appartenant à la frise des Archers de Suse

Programme suivi par Agnès Benoit
Restauration : Marie-Christine Nollinger, Sandrine Gaymay et Jeanne-Marie Séton

Depuis une douzaine d’années, le département des Antiquités orientales a entrepris une campagne de remontage de panneaux de briques indépendants les uns des autres, représentant des archers. Ces derniers ont initialement appartenu à la plus grande et à la plus célèbre des frises colorées ayant orné, vers 500 avant J.-C., les murs du palais du roi Darius Ier à Suse. Connue sous le nom de « frise des Archers », elle se compose de deux défilés convergents de personnages, tous de même taille pour respecter la règle d’isocéphalie propre à l’art perse et presque tous identiques, hormis le sens de leur marche, vers la droite ou vers la gauche, et les couleurs et broderies de leur robe plissée. Ils formaient une suite homogène et volontairement monotone, chargée d’incarner la stabilité d’un empire qui se voulait universel et détaché des contingences individuelles.

À la suite des fouilles menées à Suse dès 1885 par le couple Marcel et Jeanne Dieulafoy puis, plus tard, par Roland de Mecquenem, les réserves du musée accueillirent des milliers de briques éparses plus ou moins complètes retrouvées sur les différents tells de la capitale perse, provenant de tous les décors architecturaux qui avaient revêtu les façades et les murs internes du prestigieux palais.

Pour répondre à des demandes croissantes de prêts concernant les panneaux qui étaient exposés dans les salles du département et qui ne pouvaient être satisfaites – car il était impossible de désinsérer des murs des oeuvres de faible épaisseur installées à grand-peine qui auraient laissé la maçonnerie à nu –, il fut décidé d’exploiter le fonds de briques en réserve, avec comme seule restriction à ce remontage de conserver dans les panneaux à venir un pourcentage d’éléments originaux supérieur à 50 %, mais sans être certain d’atteindre ce chiffre. En effet, de très nombreuses briques, rangées sur les étagères par thèmes décoratifs, portaient un motif de manche de lance, mais aurait-on suffisamment de carquois, d’extrémités d’arc à tête de canard, de chaussures en cuir à lacets, de galons de robes pour atteindre l’objectif fixé ? Avant même de commencer, on savait qu’il n’y avait plus aucune brique originale correspondant au milieu du visage des Archers. Cette partie devrait donc être restituée. Mais la bonne surprise fut de trouver suffisamment de briques correspondant à un troisième décor de robe, celui de fleurs inscrites dans un losange, non représenté dans les salles du département, où les robes des archers sont brodées soit de rosaces sur un fond jaune, soit de petites maquettes de forteresses sur un fond blanc.

Il a d’abord fallu trier les briques, grâce à des patrons de papier qui permettaient de repérer l’emplacement de chaque élément – puisque les assises, au nombre de vingt et un, avaient été numérotées, de même que les briques qui les composaient (deux briques complètes ou une brique centrale complète accostée de deux moitiés). Ensuite, il fallut nettoyer les briques retenues, les consolider au paralloïd, faire des empreintes des éléments manquants et les restituer en plâtre, assembler pour chaque assise le plâtre et les parties originales, assembler les assises trois par trois en veillant à garder une certaine continuité dans l’avancée des bas-reliefs à chaque niveau, puis, après la mise en place sur un cadre à étagères, rendre solidaires les assises des parties métalliques et enfin mettre en couleur les parties restituées, un ton en dessous pour que la distinction entre partie originale et partie restituée se fasse sans hésitation. Dernière étape, il fallut combler avec du nid d’abeilles les manques près du cadre et finir par les joints. La construction de l’armature, fabriquée par les ateliers du Louvre d’abord en bois puis en métal, est une étape importante, car les assises de briques doivent être très cohérentes entre elles au moment des transports.

Depuis l’année 2000, quatre archers ont été remontés, qui ont nécessité chacun environ dix-huit mois de travail, exécuté par les mêmes restauratrices (Marie-Christine Nollinger et Sandrine Gaymay d’abord, auxquelles est venue se joindre Jeanne-Marie Séton) car il s’agit d’une entreprise complexe qui ne peut que s’améliorer au fil d’une expérience acquise.
Sb 21965 : Le premier archer est à décor de rosaces et marche vers la droite (2000).
Sb 23177 : Le second est à décor de forteresses et marche vers la droite (2003).
Sb 23335 : Le troisième est à décor de fleurs dans un losange et marche vers la gauche (2007).
Sb 23364 : Le quatrième, qui a fait l’objet d’un généreux mécénat de la part du Cercle des mécènes du Louvre, est à décor de fleurs dans un losange et marche vers la droite (début 2010).

Chacun de ces panneaux mesure à peu près 2 mètres, sur 48 cm de largeur et 22 cm de profondeur (à l’exception du troisième, dont les briques sont plus larges), et pèse un peu plus de 200 kg.

Un cinquième archer sera mis en chantier en 2011 et un sixième est prévu. Mais le fonds restant dans la réserve ne permet plus d’en envisager d’autres. Tous les archers remontés ont entre 56 % et 64 % de parties originales.

A. Benoit

English Version

In response to increasing demands for loans concerning the Archer frieze panels, which, in about 500 bc, adorned the walls of King Darius I’s palace at Suse, the Department decided to use the original bricks in storage. Indeed, as a result of the excavations carried out in Suse in 1885 by Marcel and Jeanne Dieulafoy, and then, later, by Roland de Mecquenem, the Museum possesses thousands of assorted bricks in various conditions found on the tells in the Persian capital, originating from the architectural decorations on the palace’s facades and interior walls.

Since 2000, four Archer figures have been reassembled. Each one has required around 18 months of work carried out by a single team of restorers (Marie-Christine Nollinger and Sandrine Gaymay initially, joined later by Jeanne-Marie Séton), as the complex operation is facilitated by the cumulative experience gained over time. Each panel measures around 2 metres by 48 cm wide, and is 22 cm thick (except for the third, whose bricks are thicker), weighing slightly over 200 kg.

Work on the reassembly of a fifth Archer is being undertaken in 2011, and there are plans to assemble a sixth panel. However, there are insufficient bricks remaining to enable another Archer to be assembled. The completed Archers comprise between 56% and 64% of original elements.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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