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Restauration de la statue vouée pour la vie d’Ikou-Shamagan, roi de Mari (musée national de Damas, Syrie)

Programme suivi par Sophie Cluzan et Muyassar Fatteh, conservateur du département des Antiquités orientales du musée de Damas
Restauration : Sabine Kessler et Julie André-Madjlessi
 

Dans le cadre de sa coopération avec la Direction des antiquités et des musées de Syrie, le département des Antiquités orientales mène un programme d’études et de restaurations de pièces emblématiques de sites dont il conserve lui-même des collections. Au sein de la partie consacrée aux oeuvres de Mari, l’année 2010 a permis d’achever la restauration, à Damas, de la statue vouée pour la vie du roi Ikou-Shamagan, datant du milieu du IIIe millénaire avant J.-C. Retrouvée en plusieurs fragments, cette pièce avait été remontée à l’époque de la découverte ; les yeux et le nez, manquants, avaient été refaits. Outre l’aspect disgracieux de cette reconstruction et sa relative incohérence avec ce que nous connaissons des visages des hommes de Mari, la statue dans son ensemble présentait un aspect heurté dû à la mauvaise qualité de bouchages effectués à la hâte, du vieillissement de leur matériau et de l’encrassement de surface résultant d’un manque de protection et de manipulations par le public.

La restauration a été faite par Sabine Kessler et Julie André- Madjlessi. Deux campagnes ont permis de procéder à l’ensemble des traitements. L’intervention de 2009 s’est focalisée sur la restauration du corps par nettoyage, reprise et remise à niveau des bouchages. Outre la lisibilité générale de l’oeuvre, ces opérations ont permis de retrouver certains détails, tels que des signes d’écriture de l’inscription dorsale, malencontreusement oblitérés par les anciens remontages. L’année 2010 s’est attachée à la délicate question du visage, pour laquelle il a été décidé de procéder en plusieurs étapes : étude puis dérestauration suivies d’une réflexion sur la question de l’opportunité d’une nouvelle reconstitution une fois l’état historique retrouvé.

Pour que la décision de dérestaurer le visage puisse être prise, il fallait pouvoir assurer aux responsables qu’une reconstitution plus conforme aux standards formels de Mari serait possible au cas où il serait décidé de ne pas laisser l’oeuvre dans l’état qui était le sien au moment de la découverte. Dans la mesure où ce chef-d’oeuvre est connu sous cette forme dans le monde entier et sert de référence à de nombreuses études, l’idée de le modifier pouvait en effet sembler effrayante. Néanmoins, après concertation, il a été décidé de procéder à la dérestauration du visage, qui a retrouvé son état historique, marqué par les stigmates du massacre des statues consécutif à la destruction de la ville par les armées d’Akkad, vers 2300 avant J.-C. Par la suite, le souci de voir l’oeuvre reprendre un aspect connu l’a emporté et le visage a donc été reconstitué. Dans cette voie, nos travaux ont été guidés par les heureux résultats obtenus grâce à la dérestauration, qui avait remis au jour les bords des cavités oculaires, l’accroche supérieure du nez, ainsi que celle de chacune des narines. Grâce également aux études préalables par infographie, ces éléments structurants des traits du visage ont permis d’en proposer une reconstitution au plus près de ce qu’il a pu avoir été, tout en redonnant à la sculpture une allure proche de celle qui fut la sienne depuis la découverte.

S. Cluzan


Statue vouée pour la vie du roi Ikou-Shamagan par Shiboum
Mari, temple de Ninni-zaza, époque des Dynasties archaïques,
vers 2400-2350 avant J.-C.
Albâtre, lapis-lazuli (sourcils). H. 1,12 m
Fouilles André Parrot, 1952
Damas, musée national (m. 2382)
 

 

 

English Version

As part of its ongoing cooperation with the Syrian Department of Antiquities and Museums, the Louvre Department of Oriental Antiquities is carrying out a programme of examination and restoration of the Museum’s more emblematic pieces originating in Syrian sites. Discovered at Mari in several fragments, the statue dedicated for the life of King Iku-Shamagan (mid-3rd millennium bc) was reassembled when it was found, and the missing eyes and nose were reconstructed. Apart from the tasteless reconstruction and its lack of correspondence with the known faces of the people of Mari, the statue’s uneven appearance was due to the poor quality of the filled areas, the ageing of the material used, and the surface dirt. Sabine Kessler and Julie Madjlessi carried out the restoration work in two phases, which enabled certain details to be uncovered, such as the traces of writing of the inscription on the back, unfortunately obliterated by previous attempts at reassembly. With the aim of restoring a natural appearance to the work, the face was reconstructed. An attentive cleaning procedure and corrective restoration has revealed the edges of the ocular cavities, the upper nasal joint, as well as the joints for each nostril.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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