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Routes d’Arabie. Archéologie et histoire du royaume d’Arabie Saoudite

Hall Napoléon, 14 juillet – 27 septembre 2010
Commissaires : Musée du Louvre : Béatrice André-Salvini, Françoise Demange, assistées de Marianne Cotty,
département des Antiquités orientales, et Carine Juvin, département des Arts de l’Islam –
Arabie Saoudite : Ali Ibrahim Al-Ghabban, vice-président des Antiquités et des Musées (SCTA)

L’exposition, placée sous le haut patronage de S. M. le roi Abdallah bin Abdulaziz Al Saoud et du président Nicolas Sarkozy, est l’aboutissement d’un accord de collaboration culturelle signé en 2004 par S. A. R. le prince Sultan bin Salman bin Abdulaziz Al Saoud, président de la Commission pour le tourisme et les antiquités du royaume d’Arabie Saoudite, et le musée du Louvre.
« Routes d’Arabie » est la première grande exposition consacrée au passé du royaume d’Arabie Saoudite. Le Louvre a eu le privilège de pouvoir présenter, pour la première fois en Occident, une sélection d’environ trois cents oeuvres – dont deux cent cinquante antérieures à l’époque de l’Islam –, dans un parcours archéologique et culturel allant de la préhistoire à l’aube des temps modernes. Elles offraient un panorama inédit des différentes cultures qui se sont succédé dans la péninsule Arabique jusqu’à l’orée de la période moderne.
Les oeuvres, d’un intérêt historique, esthétique et symbolique majeur, révèlent un territoire encore mal connu. Venant majoritairement du musée national de Riyad, mais aussi du musée du département d’Archéologie de l’université Roi-Saoud à Riyad, et de plusieurs musées régionaux (Dammam, Jedda, Taymâ’, Al-’Ulâ), elles n’étaient – à deux exceptions près – jamais sorties d’Arabie Saoudite. Une partie d’entre elles, inédites et/ou issues de fouilles récentes, n’y sont pas exposées au public.
En dépit de conditions naturelles difficiles, du fait de sa position géographique centrale en Asie occidentale et de l’étendue de son territoire, l’Arabie Saoudite abrite dans son sol de nombreux vestiges de cultures remontant à la préhistoire.
Au fil de l’histoire, les relations ou le passage de relais entre ces cultures se sont faits le plus souvent au rythme des contacts avec les civilisations voisines de Mésopotamie, d’Iran, d’Égypte, du Levant ou du Yémen, puis avec les grands empires de la fin de l’Antiquité.
Des caravanes ont de tout temps sillonné l’Arabie d’est en ouest et du nord au sud. Elles ouvrirent et suivirent des routes tracées au gré des paysages et des lieux d’étapes ; elles entretinrent pendant des millénaires le rôle privilégié de la région en tant que noeud commercial et culturel, au coeur du commerce des matières précieuses et des circuits de l’encens.
C’est le long de ces routes que se créèrent les principaux centres habités, simples campements d’une tribu ou capitales d’un État.
Cette « itinérance » le long de parcours bien identifiés a conféré une particularité, une unité à ce pays aux paysages et au peuplement pourtant diversifiés. Elle a mis en contact, au cours de l’Antiquité, des régions, des tribus, des croyances, des cultures, des langues et écritures, ouvrant ainsi la voie à l’implantation et à la diffusion rapide de l’islam, né dans la région côtière nord-occidentale du Hijâz. Les routes de commerce devinrent routes du pèlerinage, reliant les grandes capitales musulmanes aux villes saintes de La Mecque et de Médine. Elles furent celles de l’unification politique du pays par la dynastie Al Saoud.
Dans ces lieux de confluence de divers courants intellectuels ou artistiques, un art original se développa pourtant à plusieurs époques, notamment dans les États du Hijâz au nordouest, au Ier millénaire avant notre ère. Le grès rouge des massifs montagneux de la région permettait une grande finesse de gravure et d’expressivité, comme le montrent par exemple les petites stèles funéraires du IVe millénaire avant J.-C. ou le développement de la sculpture monumentale du royaume de Lihyân (ive-iiie siècles avant J.-C.).
Pour reconstruire, dans une exposition, l’histoire du pays – véritable « melting pot » des civilisations alentour, où se mêlent et s’influencent les langues et écritures diverses qui donnèrent naissance à l’arabe d’aujourd’hui –, une approche archéologique s’imposait, permettant de replacer les développements régionaux dans le cadre historique plus vaste du Proche-Orient.
Les routes d’Arabie constituaient le fil conducteur de cette exposition qui proposait un parcours dans l’espace et dans le temps, conçu comme une succession d’étapes dans quelquessss unes des grandes oasis de la péninsule : dans la province orientale de l’Arabie, sur les rives du Golfe aux époques très anciennes (VIe-IIIe millénaire avant J.-C.) ; puis au nord-ouest, dans le Hijâz, carrefour des routes venant du Yémen et se dirigeant vers la Mésopotamie ou la Méditerranée au Ier millénaire, lorsque se développe le commerce de l’encens venu du Yémen ; enfin au sud-ouest, notamment pour l’époque hellénistique et romaine, en relation, de nouveau, avec la côte orientale. La naissance de l’islam nous ramenait dans la région côtière du Hijâz, où sont situées les villes saintes.
Cette approche fut facilitée par la volonté d’ouverture des autorités saoudiennes et par le développement très important de l’archéologie nationale et de la mise en valeur des sites depuis près d’un demi-siècle, mais particulièrement ces dernières années. Des pièces exceptionnelles ont été prêtées. Une collaboration exemplaire, autant institutionnelle que scientifique, s’est développée au cours de l’élaboration du projet.
Les recherches nécessaires à sa réalisation et la présentation au Louvre de nombreuses oeuvres inédites ont fait progresser la connaissance de l’histoire de l’Arabie. Ce travail commun a notamment permis que soient effectuées, au musée du Louvre, des restaurations spectaculaires. Les statues colossales des anciens rois de Lihyân ont été nettoyées et remontées au Louvre (voir chapitre « Restaurations » ci-dessus), avec la bienveillante permission et la confiance des autorités saoudiennes, qui nous ont permis d’intervenir sur la totalité des oeuvres venues au Louvre. De nouveaux programmes de coopération, portant sur la formation, la restauration et la muséologie, sont en projet.

B. André-Salvini

English Version

“Routes d’Arabie” (Roads of Arabia) was the first major exhibition about the history of the Kingdom of Saudi Arabia. In this mixed archaeological and cultural initiative, the Louvre was proud to exhibit a selection of around 300 works ranging from prehistory to the dawn of modern times, displayed together for the first time in the West. The exhibition provided an unprecedented panorama of the various cultures that succeeded each other in the Arabian peninsula, up until the beginning of the modern era.
The works shown had great historical, aesthetic, and symbolic importance, and provided insights into a still unknown territory. Most of the exhibits were provided by the Riyadh National Museum, the museum of the department of archaeology of the King Saud University in Riyadh, and several national museums (Dammam, Jeddah, Tayma’, and Al-’Ula).
Except in two cases, none of these items had ever left Arabia before, and some works were either previously unseen, or had been unearthed in recent excavations and had not yet been exhibited to the public.
The exhibition’s common theme was the great trade routes across Arabia. Visitors were taken on a journey through space and time, and shown the successive phases of development affecting one of the peninsula’s great oases, a journey spanning from the sixth millennium in Arabia’s eastern province, on the banks of the Gulf, through to Islam in the coastal region of Hejaz, the site of the holy cities.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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