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Parcours Babylone, La porte des dieux

Antiquités orientales - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

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L’adorant de Larsa, voué pour la vie de Hammurabi, époque paléo babylonienne
L’adorant de Larsa, voué pour la vie de Hammurabi, époque paléo babylonienne

© RMN / Franck Raux

00Introduction

Babylone, métropole prestigieuse de l'antique Mésopotamie, doit une grande part de sa renommée à la richesse de ses créations culturelles, profondément empreintes de ferveur religieuse. C'est cette ferveur qui anime les paroles d'un ancien hymne à Marduk, le dieu protecteur de la cité. Leur écho invite à redécouvrir quelques œuvres majeures de cette civilisation, redonnant vie à tout un univers symbolique dominé par les figures des grandes divinités qui gouvernaient le monde des babyloniens.

Lorsque Hammurabi monte sur le trône de Babylone, au XVIIIe siècle avant J-C, celle-ci n'est encore qu'une cité d'importance modeste. Ce roi conquérant, mais également soucieux de promouvoir la justice et de favoriser l'essor de la littérature et du savoir, va en faire la grande métropole politique et culturelle de la Mésopotamie, dont le rayonnement se perpétuera par-delà les vicissitudes du royaume. Dépositaire de la déjà longue tradition du monde sumérien et akkadien qui s'y était épanouie au IIIe millénaire, Babylone va en faire fructifier l'héritage tout en l'adaptant aux évolutions que connaît alors la Mésopotamie.
Parmi les nombreux textes à vocation littéraire et religieuse rédigés à l'époque de Hammurabi et de ses successeurs, un hymne au dieu Marduk invite à cheminer avec celui qui jouissait d'une vénération particulière en tant que protecteur de Babylone. L'intégration puis l'ascension de Marduk au sein d'un panthéon mésopotamien dominé par les grandes divinités héritées de l'époque sumérienne sont la source d'une rénovation religieuse et mythologique dont témoigne l'évolution des grands textes rédigés au IIe millénaire.
C'est dans cette dynamique du monde divin que s'enracinent les oeuvres de la civilisation babylonienne qui jalonnent ce parcours, écho de la profonde ferveur que les Babyloniens vouaient à des puissances dont dépendaient l'équilibre et la prospérité du monde.


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Depuis la pyramide, prenez la direction Richelieu. Après le contrôle des billets, tournez à droite et empruntez l'escalator. Entrez dans le département des Antiquités Orientales et allez jusqu'à la salle 3. Toutes les œuvres de ce parcours sont exposées dans la salle 3. Dirigez-vous tout  d'abord vers la vitrine 1.

 

Statuette d'homme agenouillé dit « l'Adorant de Larsa »
Statuette d'homme agenouillé dit « l'Adorant de Larsa »

© Photo RMN / Franck Raux

01Statuette d'homme agenouillé dit « l'Adorant de Larsa »

"Seigneur, le plus sage des Igigi, je veux chanter ton nom; Il est doux de te louer, prince fougueux, ô Marduk"
Ainsi débute un ancien hymne à Marduk, le dieu protecteur de la cité de Babylone. Et par la plus élevée des louanges puisqu'il y est glorifié parmi les Igigi, qui sont les grands dieux du panthéon mésopotamien, responsables de la bonne marche du monde.
L'hymne fut rédigé à l'époque de la dynastie de Hammurabi, et c'est à ce puissant souverain (1792-1750), qui fit de Babylone une grande métropole politique et culturelle, qu'est dédiée cette statuette d'un homme agenouillé en prière. Un dignitaire de Larsa l'a vouée au dieu Amurru, divinité dynastique, "pour la vie de Hammurabi" qui venait de conquérir la ville. Ce dignitaire figure en prière sur un côté du socle, tandis que le personnage représenté par la statuette coiffé du bonnet royal pourrait être Hammurabi lui-même. Il a un genou à terre en signe d'humilité et tient sa main droite à hauteur du visage, attitude caractéristique de la prière dite "à main levée". Il s'agit d'un des deux modes de prière ayant cours en Mésopotamie, le second s'accomplissant debout les mains jointes sur la poitrine.
La dévotion du souverain est toutefois investie d'une dimension particulière car son statut fait de lui l'interlocuteur privilégié du divin. L'élévation régulière vers la divinité protectrice de la prière royale, par sa fonction médiatrice entre le monde des hommes et celui des dieux, est un gage primordial de prospérité.

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Sommet de stèle orné d'une scène de libation devant un dieu assis - Fin du IIIe millénaire avant J.-C.
Sommet de stèle orné d'une scène de libation devant un dieu assis - Fin du IIIe millénaire avant J.-C.

© Musée du Louvre

02Sommet de stèle orné d'une scène de libation devant un dieu assis

"Toi qui rends le cours des rivières régulier au milieu des collines, qui ouvres les sources au milieu des montagnes,...qui fais foisonner le grain sur la vaste terre";
L'hymne au dieu Marduk se poursuit par la glorification de son rôle de dispensateur de vie, investi de la maîtrise des eaux fertilisatrices, qui assurent abondance des récoltes et prospérité des populations. Marduk était d'ailleurs à l'origine une modeste divinité agraire babylonienne et ce caractère lui demeurera attaché au long de son ascension au sein du panthéon.
Parmi les grandes divinités dont l'action contribue à la régénération régulière de la nature figure le dieu-Soleil Shamash. Sur cette stèle, il accueille avec bienveillance la libation rituelle qu’un souverain accomplit en son honneur. Celui-ci verse l'eau lustrale dans un autel en forme de vasque, duquel s'élève une grande palme chargée de dattes, symbole de fertilité. Le dieu, assis sur son trône, est coiffé d'une tiare à plusieurs rangs de cornes emblème d'une divinité de haut rang. Le disque solaire resplendit au-dessus de lui indiquant qu'il s'agit de Shamash. Le dieu-Soleil est aussi celui qui dispense la justice parmi les hommes, ce qu'évoquent la baguette et le cercle qu'il arbore dans sa main. Mais il est avant tout celui dont l’astre rayonnant vient chaque jour répandre lumière et chaleur sur le monde. Et c'est leur combinaison avec l'eau s'écoulant en flots fertilisateurs qui assure la croissance du vivant et la prospérité du monde.

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Dirigez-vous vers la vitrine 14. L'oeuvre est exposée sur un présentoir devant cette vitrine 14.

Kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à son fils Marduk-apla-iddina
Kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à son fils Marduk-apla-iddina

© 2007 RMN / René-Gabriel Ojéda

03Kudurru du roi Meli-Shipak II

"Tu es sans égal en haut et en bas...
Anu t'a rendu grand, qui réside dans les cieux,
le père des dieux, Nunamnir, a prononcé ton nom"
Marduk est loué comme l'élu des grands dieux, régnant dans le ciel comme sur et sous la terre, c'est-à-dire dans la totalité des espaces symboliques du monde. Et en particulier ceux d'où proviennent les eaux fertilisatrices qui fécondent le sol, apportées par les pluies d'orage ou le flot des cours d'eau.
L'équilibre naturel de la fertilité est sous-tendu par un ordre divin du monde dont rend compte cette stèle. Au sommet, comme accrochés à la voûte céleste, se tiennent les emblèmes des divinités astrales, l'astre radié du dieu-Soleil Shamash et le  croissant du dieu-Lune Sîn, encadrant le symbole de la déesse Ishtar, l’étoile figurant la planète Vénus. Ces divinités astrales accompagnent les dieux souverains, qui régissent l'équilibre du monde. Les tiares de majesté, à six rangs de cornes, posées sur des autels sont en effet les emblèmes du dieu du Ciel Anu, et de son fils Enlil, le dieu-Vent, également nommé Nunamnir. Divinités détentrices de la puissance suprême, Anu a conféré à Marduk sa grandeur, tandis qu'Enlil a prononcé son nom, et par là-même son destin. C'est à un niveau médian, entre ciel et terre, que se tient Marduk, le dieu protecteur de Babylone, représenté par la bêche pointue portée par le dragon cornu. L'emblème évoque sa dimension originelle de divinité agraire qui a dompté les forces redoutables de la fertilité naturelle.

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Fragment de kudurru avec la représentation du dieu Ea. Début 12e siècle avant J.-C.; transporté à Suse au 12e siècle avant J.-C.
Fragment de kudurru avec la représentation du dieu Ea. Début 12e siècle avant J.-C.; transporté à Suse au 12e siècle avant J.-C.

© RMN / Franck Raux

04Fragment de kudurru anépigraphe avec une représentation d'Éa, dieu des flots

"(Le dieu) Ea, dans l'Apsû, t'a conféré le savoir-faire"
Le dieu Ea compose, avec Anu et Enlil, la triade suprême du panthéon mésopotamien. Il était vénéré par les Sumériens sous le nom d'Enki, qui signifie le "seigneur-terre". Ea est généralement représenté avec des flots s'écoulant de ses épaules ou, comme sur ce kudurru, jaillissant d’un vase qu’il tient dans ses mains. Car il est le maître des eaux douces fertilisatrices qui jaillissent de l’Apsû, la vaste nappe des eaux souterraines, source inépuisable de vie. C'est à ce titre qu'il se tient ici sur un serpent cornu, ce dragon symbolisant les forces de fertilité qui surgissent des profondeurs du monde souterrain, et qui deviendra l'emblème de Marduk.
S'il est le maître de la fertilité du sol, Ea est aussi celui de la fertilité de l’esprit, de la connaissance et de la sagesse. Il est le dieu civilisateur, dispensateur de tous les savoirs, et c'est ainsi qu'il confère à Marduk le savoir-faire. Ea est aussi le protecteur indéfectible de l’humanité, qui fut créée à son initiative, et qu'il va notamment sauver de la fureur d'Enlil lorsque celui-ci déclenchera le Déluge.
Marduk deviendra, lors de son ascension au sein du panthéon babylonien, le fils de ce dieu de la sagesse qui témoigne d'une bienveillance sans faille envers les hommes. Il absorbera alors la personnalité et les pouvoirs d'Asalluhi, traditionnellement considéré comme le fils d'Ea, et associé aux côtés de son père à la magie et à la divination.

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Plaquette décorée d'une déesse ailée (Ishtar) debour sur deux bouquetins. Vers 1900 avant J.-C.
Plaquette décorée d'une déesse ailée (Ishtar) debour sur deux bouquetins. Vers 1900 avant J.-C.

© RMN / Franck Raux

05Déesse nue ailée figurant probablement la grande déesse Ishtar

"Ninmenna, la créatrice, t'a revêtu de gloire...
Damgalnuna a rempli ta vitalité d'éclat"
Après l'affirmation de Marduk comme élu des grands dieux, l'hymne loue la puissance vitale dont les déesses l'ont pourvu.
Ninmenna, la "Dame de la couronne", est l'une des nombreuses personnifications de la déesse-mère, d'où l'épithète de créatrice qui lui est attribuée. Quant à Damgalnuna, également à l'origine une déesse-mère, elle est devenue l'épouse du dieu Ea et est donc considérée comme la mère de Marduk. Elle est dite "remplir sa vitalité d'éclat", c'est à dire qu'elle lui confère en plus de l'existence l'aura de la splendeur divine.
Un grand nombre de déesses vénérées en Babylonie sont revêtues d'une fonction de déesse-mère et de déesse de la fécondité. Formes divines d'implantation locale à l'origine, elles constituent autant de personnalisations d'une conception générique d'un principe féminin associé à la maternité.
La plus importante d'entre elles est la déesse Ishtar. C'est elle qui est probablement représentée sur cette plaquette de terre cuite, nue et parée d'ailes. Portée ici par des bouquetins, animaux des montagnes, elle est l'image de la fertilité s'écoulant en flots depuis les hauteurs pour régénérer la nature au printemps. Déesse de l'amour et de la fertilité, Ishtar occupait une place éminente dans le panthéon mésopotamien, au point de devenir la divinité féminine par excellence dont le nom sera synonyme dans le langage courant du mot déesse.

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Revenez au présentoir situé devant la vitrine 14.

Kudurru "inachevé"
Kudurru "inachevé"

© 1998 RMN

06Kudurru "inachevé"

"Ta majesté est la plus redoutée, Seigneur, de celle des dieux,
Tu enfles massivement la mer comme le flot d'un combat,
Tu brûles les ennemis comme le Feu furieux,
Ta colère est celle d'un dragon"
Distingué par les grandes divinités du panthéon qui l'ont pourvu de qualités éminentes, Marduk s'affirme comme un dieu guerrier à la puissance redoutable. Source de vitalité, celle-ci peut aussi s'avérer dévastatrice à l'image de ces éléments naturels vitaux que sont l'eau et le feu.
L'emblème de cette puissance est le dragon cornu mushhushu, que Marduk mit à son service après sa victoire sur Tiamat, une divinité primordiale conçue comme représentant la mer primitive. Le grand poème babylonien de la création, rédigé à la fin du IIe millénaire, raconte le triomphe de Marduk sur les forces du chaos conduites par Tiamat, puis comment, à partir des différents éléments de la dépouille de celle-ci, il édifia le cosmos.
C'est le dragon de Marduk, sous les traits d'un serpent cornu, qui se déploie sur ce kudurru demeuré inachevé. Un autre serpent s'enroule au sommet, sous lequel figurent les emblèmes des grandes divinités, puis un cortège de dieux guerriers musiciens accompagnés d'animaux. Une enceinte crénelée hérissée de quatre tours encadre une zone préparée pour accueillir une inscription. Elle repose sur le corps ondulant d'un immense serpent dont la tête cornue se dresse menaçante, image du dragon de Marduk protégeant la cité, peut-être Babylone elle-même.

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Plaquette : menuisier au travail, taillant le timon d'un char avec son herminette. Vers 1900 avant J.-C.
Plaquette : menuisier au travail, taillant le timon d'un char avec son herminette. Vers 1900 avant J.-C.

© RMN / Franck Raux

07Ouvrier au travail : il taille avec une herminette un devanteau de char

"Celui qui est humble et qui craint, qui est à genoux, le dieu l'accompagne...
Marduk, le dieu des hommes qui absout tout,
Dieu de délivrance, prince de bon conseil"
C'est en la bienveillance et la justice divines que l'homme humble s'en remet au bout du compte pour le soutenir dans une vie souvent difficile. Et Marduk, dieu protecteur de la cité de Babylone, est ainsi naturellement invoqué afin qu'il apporte à tous, et singulièrement aux plus humbles, le réconfort et l'équité que la société des hommes trop souvent leur refuse.
Car si par sa puissance Marduk peut s'avérer redoutable, il sait aussi être un dieu juste, pesant avec mesure les actions des hommes. Alors que sa fureur s'exerce contre celui dont le comportement est mauvais, il accorde sa mansuétude à celui qui reconnaît ses fautes et étend sa protection sur tous ceux qui le vénèrent avec sincérité et dévotion.
Ainsi pour chaque homme, le témoignage régulier de sa piété et l'accomplissement scrupuleux de la tâche qui lui incombe constituent la meilleure assurance de bénéficier de la protection divine. A l'image de ce menuisier, penché sur la pièce de bois qu'il est en train de travailler avec grand soin au moyen d'une herminette, et sans doute destinée à devenir un devanteau de char.
La ferveur envers Marduk, divinité tutélaire et ultime recours contre les injustices, a toujours été vive au sein du peuple de Babylone, et elle ne cessera de croître avec l'ascension du dieu jusqu'au sommet du panthéon.

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Dirigez-vous vers la vitrine 1. L'œuvre est exposée juste devant la vitrine 1.

Tête royale dite « tête de Hammurabi »
Tête royale dite « tête de Hammurabi »

© Musée du Louvre, dist. RMN / Raphaël Chipault

08Tête royale dite "tête de Hammurabi"

"Vers le commerce du quai du port, dont le trafic est intense,
Tu hâtes le chemin du roi de l'univers, à qui l'on ne résiste pas et que l'on n'attaque pas.
Tu protèges les biens, tu exemptes le grain."
Si Marduk sait être le protecteur des gens humbles qui lui témoignent leur ferveur, il est avant tout le dieu tutélaire de Babylone, se tenant aux côtés du souverain qu'il a choisi pour monter sur le trône, et qui à ce titre doit être reconnu comme "roi de l'univers". Gràce à cette faveur divine, commerce et production agricole s'y montrent florissants.
C'est un souverain babylonien que représente cette tête de statuette portant le bonnet à hauts bords, coiffe royale traditionnelle à la fin du IIIe millénaire et au début du IIe. Il pourrait s'agir de Hammurabi, qui bâtit la grandeur de la cité, mais certains caractères stylistiques plus anciens évoqueraient plutôt l'un de ses prédécesseurs sur le trône de Babylone. Le traitement du visage tranche avec celui, lisse et serein, que l'on prête habituellement aux souverains. Il nous donne à voir un roi marqué par les ans, empreint de gravité et peut-être d'une certaine lassitude.
Pour le souverain de Babylone comme pour l'ensemble de son peuple, la bienveillance de Marduk revêt un caractère vital. C'est du dieu que le roi tient symboliquement sa charge, il en est le représentant sur terre, médiateur entre le divin et l'humain. De la vigueur et de la pérennité de ce lien dépendent la prospérité du pays et la stabilité du royaume.

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L'œuvre est exposée au centre de la salle 3.

Code de Hammurabi, roi de Babylone
Code de Hammurabi, roi de Babylone

© 2009 RMN / Franck Raux

09Code de Hammurabi, roi de Babylone

"Constamment, tu veilles sur toutes choses,
Tu redresses le faible, tu mets à l'abri le miséreux...
O Marduk, tu accordes ta faveur à ceux qui sont tombés,
Le pauvre se tient sous ton ombre et tu ordonnes qu'il vive."
De toutes les qualités divines qui font la grandeur de Marduk, celle de dieu juste, garant de l'équité parmi les hommes, est la plus haute. Car c'est du divin que procède la justice que le souverain, son représentant, est chargé de faire régner au sein de son peuple.
C'est ce à quoi s'attacha particulièrement le roi Hammurabi en promulgant un "code" de justice, inscrit sur de hautes stèles de pierre accessibles à tous. Ses 282 articles ne sont pas à proprement parler des lois mais plutôt des sentences à propos de cas exemplaires ayant donné lieu à jurisprudence. Ces sentences concernent tous les secteurs de la vie quotidienne, traitant aussi bien du vol et des coups et blessures que de la construction et de l’entretien des habitations, de la famille et du mariage que du travail agricole, du grand et du petit commerce, ou de l’exercice de diverses professions. Elles délimitent un cadre juridique protecteur, fondé sur des principes d'éthique sociale, dont le roi est le garant. C'est ce modèle du souverain que proclame Hammurabi dès les premières lignes de son code, s'affirmant comme celui qui, au nom des dieux, "fait prévaloir la justice dans le pays, pour éliminer le méchant et le pervers, et pour empêcher le fort d'opprimer le faible".

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Regagnez la salle 2 puis la salle 1 pour rejoindre la Pyramide.


Auteur(s) :

Patrick Pouysségur