Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Visites & Activités>Parcours à imprimer>Baouit

Parcours Baouit, L'église sud du monastère

Antiquités égyptiennes - Durée : 1h30 - Jours de visite : Vendredi Samedi Dimanche

Groupes scolaires Groupes

Salle de Baouit
Salle de Baouit

© Musée du Louvre/E. Revault

00Introduction

Le monastère de Baouit en Moyenne-Égypte fut dégagé des sables au début du XXe siècle. Les nombreux fragments envoyés au musée furent remontés à leur place d’origine au sein d’une structure moderne édifiée dans la salle C de la section copte du département des Antiquités égyptiennes en 1997.

Les premières églises sont le plus souvent de plan basilical. L’église sud de Baouit est divisée en trois nefs par deux rangées de colonnes de granit, remplois de l’époque romaine. Un abondant décor, sculpté et peint, orne les murs et souligne la structure architecturale. Les tympans sculptés au-dessus des portes constituent des endroits privilégiés pour les scènes chrétiennes. Le reste du décor est purement ornemental. Des chapiteaux, tous différents, coiffent les pilastres et les colonnes et quelques éléments de bois, des frises ou des linteaux de porte, complètent l’ensemble.
Les murs étaient enduits et peints. Hélas, la fragilité de ces peintures n’a pas permis leur conservation après leur découverte : les scènes figurées d’essence chrétienne semblent se limiter aux endroits importants, comme le fond des niches.
Fondé au IVe siècle par le moine Apollo, le monastère de Baouit est prospère jusqu’au IXe siècle. Au XIle siècle il est abandonné puis détruit. En partie dégagé des sables au début du XXe siècle par Jean Clédat, il constitue un précieux témoignage sur le monachisme égyptien. Deux églises contiguës ont été mises au jour dont l’église sud, remarquable pour son décor sculpté. Ainsi, le monastère de Baouit se révèle très proche d’autres établissements monastiques contemporains, tel celui de Saint-Jérémie à Saqqara. Si ces deux monastères disparaissent sous les sables à l’époque arabe, d’autres restent en activité grâce à la survivance d’une communauté fervente.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Prenez la direction de l’aile Denon. Après le contrôle des billets, tournez à gauche, montez quelques marches et traversez la galerie de la Grèce préclassique. La galerie d’art copte s'ouvre sur votre droite. Rendez-vous salle C.

Église sud de Baouit
Église sud de Baouit

© Musée du Louvre / Angèle Dequier

01Église sud de Baouit

Cette église a été dégagée en 1902. À la suite du partage du produit des fouilles entre l’Égypte et la France, le musée du Louvre acquiert une grande partie du décor sculpté
de l’église sud. Ces éléments ont pu, pour la plupart, être réintégrés dans la restitution de l’église. Celle-ci a été réalisée grâce à l’étude minutieuse des photos de fouilles et des archives.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez jusqu'à la maquette de l'église et comparez-la avec sa restitution grandeur nature.

Maquette au 1/10e de l'église sud, monastère de Baouit (VIe - VIIe siècle ap. J.-C)
Maquette au 1/10e de l'église sud, monastère de Baouit (VIe - VIIe siècle ap. J.-C)

© Musée du Louvre / Etienne Revault

02Maquette de l’église sud du monastère de Baouit

Le plan de type basilical, repris par les chrétiens, s’inspire de celui de la basilique civile romaine. Il se caractérise par sa forme rectangulaire, divisée en vaisseaux parallèles (appelés nefs) par des rangées de colonnes. Le mur oriental, ou chevet, est plat à l’extérieur ; c’est presque toujours le cas en Égypte alors qu’à Rome et dans d’autres provinces byzantines, il est marqué en son centre par une abside semi-circulaire. Le sanctuaire est séparé de la nef centrale par un mur de refend ; dans la large baie qui s’ouvre en son milieu devait s’élever une clôture en bois.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dirigez-vous maintenant vers ce qui était le mur nord de l’église. Il est percé de deux portes ; celle
de gauche donne accès au sanctuaire et est surmontée par un tympan sculpté.

Présentation du décor de l'église sud
Présentation du décor de l'église sud

© Musée du Louvre / Georges Poncet

03Présentation du décor de l'église sud

Les chrétiens ont très tôt représenté des scènes de l’Ancien Testament considérées comme des préfigurations d’épisodes de la vie du Christ. Ainsi, l’iconographie du prophète Jonas est très répandue dans les peintures des catacombes romaines. Jonas, englouti par le monstre marin, reste trois jours dans son ventre avant d’être rejeté. Cette scène a été mise en parallèle avec la résurrection du Christ qui eut lieu trois jours après sa mort.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Placez-vous maintenant devant la porte de droite, portail principal du mur nord de l’église.

Porte d'accès à la nef de l'église sud
Porte d'accès à la nef de l'église sud

© Musée du Louvre / Georges Poncet

04Porte d'accès à la nef de l'église sud

L’iconographie du saint cavalier est très fréquente dans l’art chrétien. Elle symbolise la victoire du bien contre le mal. Elle trouve son origine dans l’iconographie impériale figurant l’empereur à cheval terrassant ses ennemis. Cette scène occupait le centre du tympan et était entourée d’un décor végétal.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Observez le linteau, pièce ici de bois qui soutient le tympan.

Présentation du décor de l'église sud, détail du linteau (Salle de Baouit - salle C)
Présentation du décor de l'église sud, détail du linteau (Salle de Baouit - salle C)

© Musée du Louvre / Georges Poncet

05Présentation du décor de l'église sud, détail du linteau (Salle de Baouit - salle C)

Ce linteau de bois, à décrochements latéraux, se distingue par la richesse de son décor. Les trois registres supérieurs présentent des rinceaux végétaux alors que la poutre inférieure, la plus grande, est ornée en son centre d’une croix sous un édicule, flanqué de l’Α  et de l’ω, qui constitue un symbole chrétien très courant. D’autres inscriptions gravées dans le bois complètent ce décor.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Regardez sur la gauche de la porte principale. Un bloc de pierre a été remis à son emplacement sur le mur extérieur.

Dédicace du sculpteur Joseph
Dédicace du sculpteur Joseph

© Musée du Louvre / Georges Poncet

06Dédicace du sculpteur Joseph

L’inscription est d’un grand intérêt puisqu’il s’agit de la signature du sculpteur : « Le sculpteur, c’est moi Joseph. Priez pour moi, Amen. » Cette mention est en effet très rare, en Égypte comme ailleurs. Bien plus courants sont les graffitis laissés par les moines ou par les pèlerins un peu partout sur les murs, gravés ou peints.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Entre les deux portes, observez le mur nord où ont été insérés les éléments du décor sculptés dans le calcaire et dans le bois.

Présentation du décor de l'église sud, détail de la frise (Salle de Baouit- salle C)
Présentation du décor de l'église sud, détail de la frise (Salle de Baouit- salle C)

© Musée du Louvre / Georges Poncet

07Présentation du décor de l'église sud, détail de la frise

Ces décors végétaux, issus de la tradition hellénistique, sont d’une grande diversité et témoignent de l’imagination des sculpteurs. Traités le plus fréquemment sous la forme de rinceaux, ils constituent parfois des médaillons dans lesquels viennent se placer des oiseaux ou d’autres motifs animaliers. Cette iconographie ornementale n’est pas spécifique à la sculpture, on la retrouve dans d’autres techniques, comme celle de la tapisserie.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Pénétrez par la porte de droite à l’intérieur de l’église. Des colonnes (modernes) supportent les chapiteaux originaux. Regardez celui de droite en entrant.

Chapiteau de colonne
Chapiteau de colonne

© Musée du Louvre / Georges Poncet

08Chapiteau de colonne

Ce chapiteau de colonne appartient à la série de chapiteaux-corbeilles byzantins, ainsi nommés pour leur décor de vannerie et leur forme qui rappellent une corbeille. Celui-ci présente en outre, en partie supérieure, des protomés d’animaux malheureusement martelés. Entre ceux-ci, sur les quatre faces du chapiteau, prennent place successivement une croix dans un médaillon, un aigle aux ailes déployées, un oiseau et un panier.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Ressortez de l'église ; sur le pupitre gris, des photographies anciennes et un plan présentent la découverte du site de Baouit.

Peinture de la niche du choeur de l'église photographiée au moment des fouilles en 1901-1902 - (cliché Charles Palanque, d'après MIFAO, XIII, pl. XLIVIII
Peinture de la niche du choeur de l'église photographiée au moment des fouilles en 1901-1902 - (cliché Charles Palanque, d'après MIFAO, XIII, pl. XLIVIII

© Charles Palanque

09La Communion des apôtres (Salle de Baouit - salle C)

Cette photo de fouilles nous permet d’imaginer le décor peint de l’église. On y devine le Christ, qui se distingue par son nimbe crucifère, donnant la communion aux apôtres. Cette peinture, réalisée selon la technique de la détrempe, témoigne d’un style élaboré et soigné : les personnages présentés sur deux plans sont montrés dans des postures diverses, vêtus de drapés dont le traitement rend compte du modelé des corps. S'il est impossible de restituer la polychromie de ce décor perdu, que les archéologues n'ont pas décrit, on peut néanmoins l'imaginer grâce aux fragments de peintures murales retrouvés dans l'église nord en 2003 (le Louvre et l'Institut français d'archéologie orientale du Caire viennent de reprendre les fouilles à Baouit). Deux grands panneaux géométriques accrochés dans la salle témoignent à leur tour de la palette vive employée sur ce site.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
A votre gauche, sur le mur, sont accrochés de grands panneaux peints qui proviennent également du monastère de Baouit.

Panneaux à décor géométrique
Panneaux à décor géométrique

© Musée du Louvre/C. Larrieu

10Panneaux à décor géométrique

Ces deux panneaux peints appartenaient au décor d’une grande salle rectangulaire, vraisemblablement une pièce commune du monastère où devaient se réunir les moines.
Leur décor géométrique très simple révèle l’emploi du compas. Il est rehaussé d’une polychromie aujourd’hui atténuée qui garde le souvenir de la palette chromatique des peintres. Leur surface est couverte de nombreux graffitis antiques laissés par les moines et les pèlerins.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez consulter le panneau didactique gris.

Niche peinte retrouvée dans la 'salle 6' du monastère de Baouit (d'après MIFAO, LIX, pl. XXI, A)
Niche peinte retrouvée dans la 'salle 6' du monastère de Baouit (d'après MIFAO, LIX, pl. XXI, A)

© Jean Maspero

11Christ triomphant et Vierge entourée d'apôtres (Salle de Baouit - salle C)

Vous pouvez voir sur le panneau didactique un cliché d’archive datant de 1913 d’une niche peinte découverte lors des fouilles de Baouît. Cette niche actuellement conservée au musée copte du Caire, interrompait le bandeau des panneaux géométriques qui courait tout autour de la grande salle. Son décor peint, particulièrement bien conservé, s’organise sur deux registres. Une Vierge à l’Enfant trônante, entourée des douze apôtres et de deux saints locaux, constitue le registre inférieur. Le cul de four de la niche présente un Christ en gloire dans une mandorle d’où surgissent les quatre vivants de l’Apocalypse : le lion, l’homme, l’aigle et le taureau, qui deviendront les symboles des quatre évangélistes.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Toujours sur le même panneau gris.

Porte principale de l'église sud photographiée au moment des fouilles en 1901-1902 (cliché Emile Chassinat, d'après MIFAO, XIII, pl. XXIV)
Porte principale de l'église sud photographiée au moment des fouilles en 1901-1902 (cliché Emile Chassinat, d'après MIFAO, XIII, pl. XXIV)

© Emile Chassinat

12Porte principale de l'église sud photographiée au moment des fouilles en 1901-1902 (Salle de Baouit - salle C)

Cette photo, prise au moment des fouilles, témoigne de l’état du monument lors de son dégagement. Quelques éléments du décor sculpté sont encore en place. D’autres ont déjà été arrachés ou sont tombés et demeurent sous les sables. C’est l’étude de ce type de photos, des sculptures exhumées et de monuments comparables qui a permis la restitution de l’église dans les nouvelles salles coptes du musée du Louvre.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Sur le même panneau didactique gris, sur la gauche.

Présentation du décor de l'église sud
Présentation du décor de l'église sud

© Musée du Louvre / Georges Poncet

13Présentation du décor de l'église sud

Ce plan approximatif du site nous indique les parties qui ont été dégagées au début du siècle sur l’ensemble du kôm (colline de sable qui renferme des vestiges d’architecture antique). Très limitées par rapport à l'étendue du site, ces fouilles ont mis au jour de nombreuses constructions, notamment dans la partie nord et, au centre, un complexe constitué de deux églises parallèles. Au vu de ce plan, le monastère de Baouit ne semble pas présenter une organisation particulière, comme ce sera le cas pour les monastères occidentaux médiévaux.Une nouvelle carte a été levée par des topographes en 2003. Les bâtiments découverts ou redécouverts y seront reportés au fur et à mesure des travaux repris à Baouit par le musée du Louvre et l’Institut français d’archéologie orientale du Caire.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
C’est ici que se termine la visite de l’église du monastère de Baouit. Repassez dans la galerie consacrée à la Grèce préclassique pour retrouver le hall Napoléon sous la pyramide.

Auteur(s) :
Cécile Giroire