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Parcours Bible et Mésopotamie

Antiquités orientales - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

Groupes Adulte

Code de Hammurabi, roi de Babylone (détail)
Code de Hammurabi, roi de Babylone (détail)

© R.M.N./H. Lewandowski

00Introduction

De nombreux parallèles sont perceptibles entre la culture mésopotamienne et la Bible, soulignant leur appartenance à une tradition commune L’influence mésopotamienne s’exerça particulièrement lors de l’exil des Hébreux à Babylone, quand, menacés de disparition, ceux-ci entreprirent la rédaction des textes majeurs de la Bible.

L’essor régulier des connaissances sur la civilisation mésopotamienne a permis d’opérer de multiples rapprochements avec des éléments significatifs du texte biblique. Ces similitudes tiennent pour une bonne part à la proximité entre les deux cultures au Ier millénaire av. J. C., et tout particulièrement au VI e siècle lors de l’exil des Juifs à Babylone. La plupart des exégètes s’accordent en effet à penser que c’est à cette époque, ou peu après le retour d’exil, que fut rédigée la majeure partie des textes fondamentaux de la Bible. C’est en particulier le cas pour le Livre de la Genèse, dans lequel l’influence des traditions mésopotamiennes est sensible. La formation du monde, la création de l’homme ou l’épisode de la tour de Babel en sont des illustrations notoires. Mais de pareilles influences sont aussi sensibles dans l’organisation de la fonction royale et ses rapports avec la puissance divine, comme dans la forme et le contenu des documents à vocation juridique. C’est l’épreuve de l’exil, avec la menace vitale qu’elle fit peser sur un peuple alors sans territoire, sans souverain et sans temple, qui conduisit à l’élaboration des textes majeurs de la Bible. Se fondant sur des documents de la tradition hébraïque, intégrant au passage des éléments de la culture babylonienne, cette vaste synthèse devait assurer la pérennité d’un peuple uni autour de la référence à une histoire exemplaire.


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Depuis la pyramide, prenez la direction Richelieu. Après le contrôle des billets, tournez à droite et empruntez l’escalator. Entrez dans le département des Antiquités orientales et dirigez-vous vers la vitrine 6 de la salle 1a.

Bas-relief votif de Dudu, prêtre de Ningirsu, au temps d'Entemena, prince de Lagash
Bas-relief votif de Dudu, prêtre de Ningirsu, au temps d'Entemena, prince de Lagash

© 2007 RMN / Franck Raux

01Relief perforé de Dudu

Cette plaque perforée sculptée en bas-relief, caractéristique de l’époque des dynasties sumériennes archaïques, fut vouée par un personnage du nom de Dudu, grand prêtre de Ningirsu, le dieu tutélaire de la ville de Girsu, dans l’Etat de Lagash. Le grand prêtre y est représenté debout, à côté de la figure de l’aigle léontocéphale agrippant deux lions, emblème de Ningirsu. Celui-ci reçoit l’offrande d’un veau sacrificiel au-dessus d’un grand entrelacs, symbole probable de la nappe souterraine des eaux douces. Cette évocation d’une cérémonie sacrificielle résume le rôle fondamental dévolu à l’homme et pour lequel celui-ci fut créé. Plusieurs mythes mésopotamiens racontent que dans les premiers temps du monde, alors peuplé par les seuls dieux, ceux-ci devaient assurer eux-mêmes leur subsistance. Lassés d’un trop lourd labeur, ils décidèrent de concevoir un « serviteur des dieux », et ce fut l’homme. Celui-ci fut modelé à partir de la terre fertile, et reçut une parcelle du divin. Dès lors, il se vit investi de la charge du service des dieux, contribuant à travers eux à la marche harmonieuse du monde. De même dans la Bible, Dieu « modèle l’homme avec la poussière du sol et insuffle dans ses narines l’haleine de vie ». Toutefois, la création biblique de l’homme ne répond pas à une nécessité divine de bénéficier des fruits de son travail. Le don de vie accordé à l’homme ne l’établit pas en dépendance, mais en fait un être autonome, un interlocuteur privilégié.

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Dans cette même salle 1a, dirigez-vous vers la vitrine centrale.

Stèle de victoire d'Eannatum, roi de Lagash dite "Stèle des Vautours"
Stèle de victoire d'Eannatum, roi de Lagash dite "Stèle des Vautours"

© 1995 RMN / Hervé Lewandowski

02Stèle des vautours

Partiellement reconstituée à partir de plusieurs fragments découverts dans les vestiges de la cité sumérienne de Girsu, cette stèle de victoire, dite « stèle des vautours », constitue le plus ancien document historiographique connu. Elle exalte le triomphe d’Eannatum, souverain de Lagash vers 2450 av. J.-C., dans le conflit qui l’opposa à la cité-Etat voisine d’Umma. Le décor de la face dite « historique » montre Eannatum marchant à la tête de ses troupes qui foulent aux pieds les cadavres ennemis, ainsi que les cérémonies funéraires qui clôturent l’engagement militaire. La seconde face, dite « mythologique », est dominée par la figure imposante de Ningirsu, le dieu protecteur de la cité-Etat de Lagash, tenant les troupes ennemies emprisonnées dans un filet et les frappant de sa masse d’armes. Cette répartition symbolique, tout en rendant compte de l’action des hommes, met en valeur l’intervention divine, sans laquelle nulle victoire n’est possible. De même que les succès d’Eannatum procèdent de la faveur divine qui lui est confirmée en songe, les souverains fondateurs de la monarchie israélite assoient leur pouvoir grâce à la protection divine. Ainsi, c’est Dieu qui choisit David et le conduit à la victoire avant de lui promettre un « trône affermi à jamais ». Et son fils Salomon, à qui Dieu se manifeste en songe, le remerciera de l’avoir choisi et le priera de lui donner « un cœur qui ait de l’entendement pour gouverner son peuple ».

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Sortez de la salle 1a et allez jusqu’à la salle 2, au centre de la salle.

Gudea, prince de LagashStatue dite "l'Architecte au plan'' dédiée au dieu Ningirsu
Gudea, prince de LagashStatue dite "l'Architecte au plan'' dédiée au dieu Ningirsu

© 2011 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

03Statue acéphale de Gudea, prince de Lagash

Cette statue monumentale, dont la tête n’a pas été retrouvée, représente Gudea, prince de Lagash vers 2125 av. J. C. Celui-ci se tient assis, les mains jointes dans le geste de la prière. Sur ses genoux repose une tablette, portant gravé le plan d’un vaste édifice, ainsi qu’un stylet et une règle graduée. La statue est dédiée au dieu Ningirsu, protecteur de la cité-Etat, et le plan est vraisemblablement celui de l’enceinte à redans percée de nombreuses portes qui délimitait le sanctuaire consacré à ce dieu au cœur de la cité de Girsu. Reconstruit et peut-être agrandi par Gudea, il symbolise l’œuvre de restauration architecturale et culturelle à laquelle s’attacha le prince sumérien tout au long de son règne. La réalisation de son ambitieux programme de constructions pieuses nécessita l’importation de matières premières en abondance, telles que bois précieux, pierres et métaux. Ces produits, qui faisaient cruellement défaut en Mésopotamie, proviennent de sources souvent lointaines, depuis l’Anatolie jusqu’à l’Oman et la vallée de l’Indus.
Dans la Bible, le grand roi bâtisseur est Salomon. Comme avant lui Gudea, il couvre les cités de son royaume d’édifices prestigieux, dont le joyau est le temple de Jérusalem. Sa réalisation nécessite de réunir des matériaux provenant de contrées diverses, et Salomon bénéficie pour y parvenir de l’appui du roi Hiram de Tyr. Pour la Bible comme à Sumer, la gloire d’un règne se mesure à l’ampleur des constructions accomplies par le souverain.

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Allez à la salle 3 et dirigez-vous vers la vitrine 5a.

Prisme portant la liste chronologique de la dynastie de Larsa
Prisme portant la liste chronologique de la dynastie de Larsa

© Photo RMN / Franck Raux

04Prisme portant la liste chronologique de la dynastie de Larsa

Ce prisme de grande taille en argile porte inscrite une liste royale provenant de la ville de Larsa, en concurrence avec Isin au début du IIe millénaire pour s’assurer l’hégémonie sur la basse Mésopotamie. Cette liste énumère les rois de la dynastie, d’origine amorrite, qui régna sur la cité de Larsa depuis la fin du IIIe millénaire. Elle s’achève avec le plus puissant de ses souverains, Rîm-Sîn, qui régna entre 1822 et 1763, et parvint à unifier la basse Mésopotamie sous son autorité après la conquête d’Isin en 1794. La fin du texte évoque le roi de Babylone Hammurabi, qui prend la ville en l’an 30 de son règne, soit en 1763, mettant un terme définitif à la dynastie de Larsa. Si les premiers souverains sont simplement cités, pour les autres, la liste précise leurs années de règne, avec leur désignation officielle, choisie d’après un événement marquant, construction royale ou victoire militaire. Le découpage annuel, assorti d’une dénomination spécifique, permet d’inscrire le cours du temps dans un cadre officiel, référence unique pour l’ensemble des membres d’une communauté. Les généalogies sont récurrentes dans la Bible, dont elles constituent la trame temporelle. La succession continue des générations depuis le premier homme est un élément de structuration fondamental d’un texte conçu comme la référence collective d’un peuple menacé. Un même soin est apporté à rendre compte de la continuité dynastique dans les royaumes d’Israël et de Juda, après la division en deux royaumes.

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Dans cette même salle 3, dirigez-vous vers la cimaise centrale.

Peinture murale dite "l'Ordonnateur du sacrifice"
Peinture murale dite "l'Ordonnateur du sacrifice"

© Musée du Louvre/A. Dequier

05Peinture murale dite "l'Ordonnateur du sacrifice"

Cette remarquable peinture murale, malheureusement fragmentaire, provient du palais royal de la cité de Mari, sur le cours moyen de l’Euphrate. La scène représentée, dite « de l’ordonnateur du sacrifice », est dominée par un personnage dont la taille magnifiée ainsi que la riche tunique festonnée indiquent qu’il s’agit du roi. Il conduit un cortège de prêtres, qui portent une coiffe globuleuse et un collier à médaillon, et s’apprêtent à accomplir une cérémonie sacrificielle. Tenant un bâton de cérémonie à la main, l’ordonnateur du sacrifice s’avance, suivi d’un assistant chargé de conduire le taureau. Cette cérémonie revêt une importance particulière puisque ses participants sont tous richement parés. Il n’est pas jusqu’au taureau qui n’ait été orné avec faste, avec les extrémités de ses cornes recouvertes de pointes modelées en or ou en argent, comme doit l’être la parure rituelle en forme de croissant posée sur son front. La proximité d’une autre peinture murale illustrant la cérémonie d’investiture royale laisse penser que le sacrifice lui était associé. Il était destiné à garantir que le règne qui s’ouvrait serait porteur de prospérité. Dans la Bible, le rite fondamental de l’investiture royale est l’onction, et rien n’indique qu’il soit accompagné du sacrifice d’un taureau. Toutefois, un tel sacrifice apparaît souvent dans les textes bibliques, où le taureau, du fait de sa valeur, représente l’offrande la plus importante, réservée à des événements exceptionnels.

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Toujours dans la salle 3, au centre de la salle.

Code de Hammurabi, roi de Babylone
Code de Hammurabi, roi de Babylone

© 2009 RMN / Franck Raux

06Code de Hammurabi, roi de Babylone

Retrouvée sur le site de Suse parmi le prestigieux butin emporté de Babylonie au XIIe siècle av. J. C., cette haute stèle monumentale porte le « code » de justice promulgué six siècles plus tôt par le roi Hammurabi, qui avait fait de Babylone la capitale politique et culturelle de la Mésopotamie. Le Code d’Hammurabi, le plus complet que l’on connaisse, se compose d’un prologue et d’un épilogue encadrant un corps de 282 articles. Il ne s’agit pas réellement de lois mais d’un recueil de sentences concernant des cas exemplaires ayant donné lieu à jurisprudence. Ces sentences touchent tous les secteurs de la vie quotidienne, et sont réparties en grands chapitres. Elles traitent ainsi du faux témoignage et du vol, des allocations royales de terres et du travail agricole, de la construction et de l’entretien des habitations, du grand et du petit commerce, des dépôts et mises en gage de personnes. Un long chapitre est consacré à la famille, au mariage et aux enfants, un autre aux coups et blessures, un dernier à l’exercice de différentes professions. La Bible contient plusieurs recueils juridiques dont le plus ancien est celui dit du « code de l’Alliance », incorporé dans le livre de l’Exode. Ces recueils s’inscrivent dans une longue tradition juridique dont témoigne le Code d’Hammurabi. Si les règles touchant à la vie quotidienne ont pour la plupart un parallèle babylonien, la Bible manifeste toutefois sa spécificité par la large place qu’elle accorde à la réglementation cultuelle.

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Œuvre également située dans la salle 3, face à la vitrine 12.

Kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à son fils Marduk-apla-iddina
Kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à son fils Marduk-apla-iddina

© 2007 RMN / René-Gabriel Ojéda

07Kudurru du roi Meli-Shipak II

Cette stèle de pierre sculptée et inscrite appartient à un type dit « kudurru », support d’actes de donation de terres des souverains de la dynastie kassite de Babylone en faveur de membres de leur famille ou de hauts dignitaires. Sans doute déposés dans les temples afin d’être exposés au regard de tous, ces actes de donation étaient placés sous la protection de puissantes divinités, dont chacune était figurée sur la stèle par son emblème. Sur ce kudurru, c’est même l’ensemble des grandes divinités présidant à l’ordre du monde qui sont rassemblées, en un véritable microcosme symbolique. Il illustre la richesse d’un panthéon regroupant les multiples puissances de la nature. Il est dominé par les divinités astrales, Sîn, la Lune, Shamash, le Soleil, et Ishtar, et les dieux souverains du monde, Anu et Enlil, les dieux du Ciel et de l’Air, Ea, le seigneur des Eaux douces, et la déesse de la Terre Ninhursag. Puis viennent les dieux guerriers, qui assurent la sauvegarde de l’ordre du monde, précédant Marduk, le démiurge protecteur de Babylone. En bas, les divinités de la fertilité terrestre suivies du serpent et du scorpion, emblèmes des divinités chthoniennes des Enfers. C’est une vision du monde bien différente que présente le livre biblique de la Genèse. Pas de foisonnement de divinités mais un unique Dieu créateur qui par la puissance de son verbe fait apparaître les éléments de la nature. Ainsi est affirmée la prééminence de ce Dieu ordonnateur du cosmos, le dieu d’Israël.

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Quittez la salle 3 et dirigez-vous vers la salle 6, jusqu’à la vitrine de l’époque néo-assyrienne.

Le démon assyrien Pazuzu
Le démon assyrien Pazuzu

© 2007 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

08Statuette de Pazuzu

Le démon Pazuzu est un personnage familier de l’iconographie assyrienne au Ier millénaire av. J C. Fils d’un dieu du monde infernal nommé Hanbu, il a l’aspect d’un monstre hybride. Sa face grimaçante est celle d’un lion aux yeux exorbités, et deux cornes se dressent sur sa tête. Son corps nu, recouvert d’écailles, porte des ailes dans le dos. Ses mains sont pourvues de griffes de lion et ses pieds de serres de rapace. Son aspect terrifiant exprime la puissance maléfique qu’il peut manifester en tant que chef des démons, responsable en particulier de la propagation des épidémies. Mais Pazuzu possède aussi une dimension bénéfique, car sa puissance peut être retournée contre d’autres démons, qui grâce à lui pourront être vaincus. Il permet ainsi de lutter contre les vents pestilentiels, porteurs de fièvres, et est invoqué contre son épouse, la démone Lamashtu, afin de la contraindre à se retirer du corps des malades. Des statuettes ou des amulettes à son effigie étaient suspendues au chevet des femmes enceintes ou en couches afin de les protéger de l’action malfaisante de la Lamashtu. La place des démons dans la Bible apparaît limitée. Le Lévitique condamne les offrandes aux « satyres », terme désignant les génies à forme animale, et Isaïe annonce la destruction par Yahveh du monstre marin Léviathan. En revanche la question de la fécondité des femmes y est primordiale et dépend directement de la volonté divine.

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L' œuvre suivante n’est temporairement pas exposée.

Tablette dite " de l'Esagil "
Tablette dite " de l'Esagil "

© 2007 Musée du Louvre / Raphaël Chipault

09Tablette de l'Esagil

Cette tablette, qui date de la monarchie séleucide, est la copie d’un document plus ancien, remontant à l’époque de la dynastie chaldéenne de Babylone. Elle concerne l’Esagil, le vaste sanctuaire du dieu Marduk, protecteur de Babylone, qui s’étendait entre la rive de l’Euphrate et la grande voie processionnelle venant de la porte d’Ishtar. Au sanctuaire de Marduk proprement dit était associée la grande ziggurat, la tour à étages qui portait le nom d’Etemenanki, c’est-à-dire « le temple fondement du Ciel et de la Terre ». C’est elle que décrit principalement la tablette dite « de l’Esagil ». Ses dimensions étaient colossales, et d’une parfaite régularité puisqu’elle s’élevait à 90 mètres de haut pour une base carrée de 90 mètres de côté. Sont aussi consignées les dimensions de chacun des sept étages qui la constituaient. Les mesures qu’elle livre privilégient les multiples de trois et de cinq, et semblent répondre à une numération symbolique. La tablette révèle qu’au sommet du septième étage se dressait un temple, résidence du dieu Marduk. C’est cette ziggurat, dont la monumentalité frappait les imaginations, que la Bible a immortalisée dans l’histoire de la tour de Babel. Dans la cité de Babel, les hommes bâtirent une tour « dont le sommet pénètre les cieux », afin de leur permettre de « se faire un nom ». Aussi la punition divine s’abattit-elle sur Babel, dont la Bible fait dériver le nom d’une racine signifiant « confusion », car Yahveh en dispersa les habitants et « confondit » leur langage.

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Dans la salle 6, dirigez-vous vers le mur mitoyen avec la salle Khorsabad

Panneau de briques : lion passant
Panneau de briques : lion passant

© Photo RMN / Franck Raux

10Relief du lion de Babylone

Ce relief en briques glaçurées appartenait au décor ornant les murs de la voie processionnelle de Babylone, à l’époque de l’apogée de la cité sous le règne de Nabuchodonosor II (604-562). Les richesses tirées de son vaste empire furent mises au service d’une politique d’agrandissement et d’embellissement de la capitale. Ses édifices prestigieux, au décor somptueux, dominés par la haute ziggurat, la célèbre « tour de Babel », contribuèrent à une renommée qui débordait de beaucoup les frontières de l’empire. Axe majeur de Babylone, la grande voie processionnelle qui mène de la porte d’Ishtar, au nord, jusqu’au sanctuaire de Marduk, le dieu tutélaire de la cité, expose ainsi tout le faste d’un décor de reliefs en briques moulées. Celles-ci sont dites à glaçure car recouvertes d’un revêtement vitreux brillant. Le décor se compose d’un semis de figures animales de grande taille, emblèmes des divinités majeures de la cité. A côté du dragon de Marduk apparaît ainsi le lion, animal attribut de la déesse Ishtar. Il est représenté gueule ouverte, menaçant, en gardien vigilant de la pérennité de la ville et de la prospérité de ses habitants. C’est Nabuchodonosor qui va intégrer à son empire le dernier royaume hébreu indépendant. Jérusalem est définitivement conquise en 587, au terme d’un long siège. Le Temple, le palais, la ville sont pillés et incendiés, et une partie de la population déportée. C’est l’exil à Babylone qui va conduire à la rédaction des textes fondamentaux de la Bible.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Vous regagnerez le hall Napoléon en revenant sur vos pas

 

Auteur(s) :
Patrick Pouyssegur