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Parcours Héraclès, Une autre image du héros

Antiquités grecques, étrusques et romaines - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

Groupes scolaires Groupes

00Introduction

Nous connaissons tous Héraclès et ses douze travaux, Hercule et sa peau de lion qui lui couvre la tête et les épaules. À travers ce parcours, nous découvrirons d'autres visages du héros, quelques exploits certes, mais aussi des images plus inattendues qui font partie des collections grecques, étrusques et romaines.

Héraclès : homme, dieu ou héros ? Peu d'entre nous ignorent sa légende : héros grec, grand navigateur et civilisateur. Il se transforme en "héros culturel", porte drapeau de l'hellénisme en terre ";sauvage", en Occident comme en Orient, où sa diffusion suit souvent les traces d'Alexandre le Grand. Il rencontre des "cousins" parmi les dieux phéniciens, iraniens ou parthes, avec lesquels il entre parfois en concurrence ou bien auxquels il s'assimile. Fondateur mythique, ancêtre des découvreurs de sites, il est aussi le violent, le furieux. Héros, fort et viril, des soldats, des jeunes, des enfants de naissance illégitime et des athlètes, il fonde les premiers jeux Olympiques et le grand autel de Zeus à Olympie. C’est encore celui qui endure le travail pénible et l'effort douloureux, qui s'initie aux Mystères, descend aux Enfers, meurt, ressuscite et devient immortel. Nous lui connaissons d'innombrables sanctuaires où il était quasiment toujours honoré comme un dieu, bénéficiant, comme eux, de sacrifices sanglants. À Lindos, et dans d'autres sanctuaires, il apparaît comme un dieu mangeur de bœuf, divin glouton dont la comédie illustre la gourmandise, l'appétit sexuel et la démesure en toutes choses. Ce trait rituel fondamental le différencie certes des autres Olympiens, mais il n’en est pas moins un dieu, et sa gloutonnerie fonde à la fois sa personnalité et son culte. N'est-il pas le seul à courir le risque – mortel ! – de ne pas se contenter des fumets comme les dieux de l'Olympe mais de participer aux banquets des mortels ?


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Plusieurs salles du département des antiquités grecques, étrusques et romaines étant actuellement fermées pour réaménagement, ce parcours n’est plus réalisable mais garde néanmoins son intérêt dans une approche thématique des collections. Les six premières oeuvres du parcours ne sont pas visibles. Rejoindre, les salles étrusques (Denon, rez-de-chaussée) pour commencer ce parcours.

Elément d'architrave sculptée : scène de banquet
Elément d'architrave sculptée : scène de banquet

© Musée du Louvre

01Elément d'architrave sculptée : scène de banquet

Le temple d'Assos dédié à Athéna est le seul édifice d'ordre dorique conservé en Asie Mineure et présente la particularité d'être décoré, en plus des métopes et triglyphes, d'une frise ionique ornée de sujets tirés de la mythologie.
Après avoir accompli les douze travaux, Héraclès prit part à un concours de tir à l'arc organisé par le roi d'Œchalie, Eurytios. Le prix était la main de sa fille Iolé. Héraclès fut le vainqueur, mais les frères d'Iolé s'opposèrent à cette union et accusèrent Héraclès d'avoir volé du bétail. Le héros furieux quitta le palais et tua le fils du roi Iphitos. À la suite de ce nouveau crime, Héraclès fut vendu en esclavage par Hermès et acheté par la reine Omphale. L'histoire prétend que cette nouvelle démence a été, encore une fois, envoyée par Héra.
Sur cette partie de la frise, composée de quatre fragments, on distingue à gauche, près d'un cratère à colonnettes, un jeune échanson qui sert à l’aide d’une oenochoé le premier des quatre convives. Ils sont allongés sur des lits de banquets, appuyant leurs coudes sur des coussins et tenant un vase à boire dans la main. Le troisième homme tourné vers la gauche offre une couronne à son convive que l'on suppose être Héraclès. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un invité d'honneur, car il s'appuie sur un double coussin et porte la main droite sur la poitrine en signe de reconnaissance. Si, comme il est suggéré, le personnage est Héraclès, il s'agirait alors du banquet offert au héros par le roi d'Œchalie.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Cette oeuvre n'est pas visible actuellement.

Elément d'architrave sculptée : combat d'Héraclès et de Triton
Elément d'architrave sculptée : combat d'Héraclès et de Triton

© 2006 Musée du Louvre / Daniel Lebée et Carine Deambrosis

02Elément d'architrave sculptée : combat d'Héraclès et de Triton

Selon Hésiode qui le mentionne le premier, Triton est un dieu marin, fils de Poséidon et d'Amphitrite, être monstrueux mi-homme mi-poisson à double queue. Sa demeure se trouvait dans le lac Tritonis en Libye. Il assistait son père dans ses combats et, lors du combat des Grecs contre les Géants, il effraya ses adversaires grâce au son inouï de sa conque.
Il apparaît dans l'iconographie pendant la deuxième moitié du VIe siècle av. J.-C., luttant avec Héraclès, bien que cet affrontement ne s'associe à aucune légende connue ou source littéraire. Leurs noms se trouvent réunis sur quatre vases attiques à figures noires. Toutefois, sur nombre de vases, Héraclès combat un autre monstre marin, Nérée, le vieux dieux de la Mer, lui aussi mi-homme mi-poisson. Cette lutte intervient quand Héraclès tente de soutirer le secret du chemin vers le jardin des Hespérides. Il semble que l'iconographie de Nérée se soit progressivement confondue avec l'image de Triton, d'ailleurs tous deux puisent leurs origines dans des modèles venant du Proche-Orient.
Le fragment du Louvre est constitué de deux composantes : à gauche, six Néréides, représentées à petite échelle, reproduisant le même geste. À droite, les deux énormes figures enlacées dans un puissant corps-à-corps. Le carquois sur son dos, débarrassé de sa léonté et de son arc, Héraclès, la jambe gauche fortement pliée, l’autre tendue vers l’arrière, pousse son corps vers l’avant afin d’arrêter le monstre dont le corps semble continuer à onduler et avancer.

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Cette oeuvre n'est pas visible actuellement.

Arula
Arula

© 1995 Photo RMN / Hervé Lewandowski

03Arula

Vous voyez ici une arula, un de ces petits autels, petits meubles le plus souvent en terre cuite, sur le dessus desquels on disposait des offrandes. Connues en Grèce continentale, c'est en Italie méridionale et en Sicile, où elles devaient jouer un rôle important dans la religion locale et servaient peut-être dans les cultes domestiques et funéraires, qu'on en a recueilli le plus grand nombre.
La scène qui décore la face principale est en relief polychrome. L'artiste a choisi, plutôt que celui de la lutte, le thème de la poursuite de Triton par Héraclès, plus adapté au format, tout en longueur, de la composition. D'ailleurs, par le corps ondulant du monstre, qui dépasse même son cadre, il a renforcé l'impression de la différence de tailles entre le gigantisme de Triton et le corps du héros.
L'artiste a tiré entièrement profit de l'étroit espace disponible entre la corniche et le socle, et la disposition des corps crée l'illusion d'une scène qui se déroule dans l'élément liquide. Triton, tenant une couronne et un poisson, les bras pliés dans un mouvement de nage, se propulse vers la droite. Héraclès, les mains accrochées à la première nageoire et à la chevelure du monstre, flotte dans l'eau, sa dernière brasse à peine achevée, le corps tendu formant une ligne presque horizontale.
La scène est encore plus animée grâce à une vive polychromie, nous constatons par ailleurs que cet épisode connaît peu de variations depuis son apparition dans l'art.

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Cette oeuvre n'est pas visible actuellement.

Portrait d'un jeune garçon en Hercule
Portrait d'un jeune garçon en Hercule

© 2006 Photo RMN / Hervé Lewandowski

04Portrait d'un jeune garçon en Hercule

Le culte d'Hercule à Rome aurait été institué par le Grec Évandre à Ara Maxima sur le Forum Boarium. Les manifestations publiques de ce culte remonteraient à la fin du IVe siècle av. J.-C. au plus tard, avec la fondation du temple d'Hercule Invictus près du Circus Maximus. Mais l'existence d'une statue étrusque en terre cuite d'Héraclès, datant du VIe siècle, était attestée par Pline. La conquête de la Grèce au IIe siècle coïncide avec un renouveau d'intérêt des Romains pour Héraclès-Hercule, et nous notons une vague de constructions ou de restaurations de temples effectuées afin d'abriter les statues faisant partie du butin de guerre rapporté de Grèce. Héraclès fut alors une source d'inspiration pour les artistes romains, qui reproduisirent, en copiant ou en créant, avec plus ou moins de variantes, des nouveaux types iconographiques sur les gemmes, les monnaies ou la statuaire.
Parmi eux, des statuettes d'enfants avec les attributs d'Héraclès. Ils portent habituellement la léonté qui couvre la tête et les épaules, les pattes avant nouées sur la poitrine, tenant ou, comme ici, s'appuyant sur la massue. Ce jeune garçon adopte également la position dite d'« Hercule au repos », d'après la fameuse statue Hercule Farnèse, dont vous admirerez un peu plus loin une copie sous la forme d'une statuette en bronze.

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Fragment de statuette d'un enfant en Hercule
Fragment de statuette d'un enfant en Hercule

© Musée du Louvre

05Fragment de statuette d'un enfant en Hercule

On a autrefois tenté d'identifier les jeunes garçons représentés sur ces statues à Éros (l'Amour) déguisé en Hercule, mais l'absence d'ailes ne confortait pas cette éventualité.
Il existe un grand nombre d'exemplaires de ce type statuaire, dont l'origine doit remonter à la fin de l'époque hellénistique, pour la plupart datant du IIe siècle ap. J.-C. Nous pensons que ces statues, malgré leurs visages qui nous semblent légèrement idéalisés, avaient une fonction funéraire et qu'elles constituaient donc une façon d'immortaliser le jeune défunt sous les traits du héros divinisé.
La déconcertante facilité avec laquelle étaient acceptées non seulement l'héroïsation mais aussi l'apothéose posthume des jeunes enfants dans la société romaine s'explique à la fois par la vieille croyance italique au Genius, double surnaturel de l'individu, et par la théorie de l'évhémérisme selon laquelle les dieux de l'Olympe ne seraient autres que des mortels divinisés.

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Cette oeuvre n'est pas visible actuellement.

Hercule
Hercule

© 1999 Photo RMN / René-Gabriel Ojéda

06Hercule

Cette statuette en bronze et argent d'Hercule est très bien conservée. Il est représenté dans la force de son âge, en marche, le pied gauche en arrière et sur la pointe, il tient dans la main gauche la massue et probablement un vase à boire dans la main droite. Cet élément rapporté, peut-être un canthare, a disparu. La peau de lion, la léonté, couvre son épaule. Elle est fondue à part et forme une seule pièce avec le bras gauche, venant s'appuyer sur l'épaule, et cache complètement le point d'attache.
L'image d'Héraclès debout, avançant la main dans laquelle il tient une coupe, geste qui lui a valu l'appellation de « bibax », (« grand buveur »), devient fréquente au IVe siècle. Nu et barbu, sa position dérive des canons établis par le sculpteur Polyclète, un des maîtres du classicisme avec Lysippe.
Le visage représenté ici est marqué, le front bosselé, le nez épais, la bouche entrouverte. Le regard est accentué par l'utilisation d'incrustation d'argent pour les yeux, les prunelles sont indiquées, les pupilles creusées.
Le vase à boire associe Héraclès à Dionysos, à sa participation aux banquets des dieux et par conséquent à son immortalité. D'autre part, dans le cas où le vase tenu serait un skyphos, l'artiste romain aurait pu faire allusion au voyage d'Héraclès vers l'ouest, vers l'Occident, dans la coupe du Soleil.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Cette oeuvre n'est pas visible actuellement. Commencez le parcours en rejoignant les salles étrusques, Denon, rez-de-chaussée.

Miroir : Herclé accompagné de trois femmes et un homme
Miroir : Herclé accompagné de trois femmes et un homme

© 2006 Photo RMN / Hervé Lewandowski

07Miroir : Herclé accompagné de trois femmes et un homme

Héraclès occupe une place très importante dans l'imagerie étrusque dès la fin du VIIe siècle. On le retrouve sur les vases, les ex-voto funéraires, sur les objets de luxe comme les miroirs et les bijoux, et en architecture sous forme de reliefs ou de statues en terre cuite. Malgré sa présence et son nom (Hercle) dérivant du grec, il possède une identité propre. Adoré à travers l'Italie plus qu'aucun autre héros divinisé, sa nature varie selon les régions et le niveau d'assimilation du héros grec avec les divinités locales. Son culte est également lié à des ex-voto anatomiques et à des cultes de l'eau.
Les miroirs antiques, quelquefois en métal précieux, étaient le plus souvent en bronze, et leur revers était gravé d'une scène figurée inspirée de la mythologie grecque ou locale.
Sur ce miroir, l'homme à gauche est peut-être Hercle car il tient une massue, et le type iconographique est attesté par des inscriptions sur d'autres miroirs. Mais il est souvent malaisé d'identifier la scène si aucune inscription n'accompagne les personnages. Les artistes étrusques ont puisé leurs thèmes dans le répertoire hellénique en le réinterprétant et en utilisant, comme les peintres de vases grecs, des « carnets » de modèles préétablis. Cette scène peut avoir un rapport avec la légende d'Héraclès et d'Omphale et un rite d'amour. D'aucuns ont vu une assemblée des dieux ; Héraclès (Hercle) assis près d'Aphrodite (Turan), Athéna (Menerva), une troisième déesse non identifiée et Iolaos (Vile) coiffé de son bonnet phrygien.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez, et sur la gauche, salle 19, dans la vitrine murale 4, vous voyez l'œuvre suivante au numéro 20.

Diadème : feuilles de laurier, baies et feuilles de lierreAux extrémités : lutte d'Héraclès et Achéloos
Diadème : feuilles de laurier, baies et feuilles de lierreAux extrémités : lutte d'Héraclès et Achéloos

© 2005 Musée du Louvre / Erich Lessing

08Diadème : feuilles de laurier, baies et feuilles de lierreAux extrémités : lutte d'Héraclès et Achéloos

Cette couronne en or à usage funéraire, une des plus riches qui aient été découvertes dans ce genre, était fixée par des liens sur la tête du défunt comme l'indiquent les deux petits œillets percés à chaque extrémité, portée lors de la « prothésis » (« l'exposition du mort ») ou déposée dans l'urne avec les cendres du défunt. Selon certains chercheurs, elle pouvait aussi bien être offerte du vivant de la personne et portée à l'occasion de cérémonies religieuses ou civiles.
Elle est composée d'une lame très large et très fine aux extrémités arrondies, sur laquelle sont disposés des groupes de feuilles et des baies de laurier. Chacune des deux extrémités représente Héraclès terrassant Achéloos.
Achéloos est le nom du dieu d'un fleuve d'Étolie, fils d'Océan et de Thétis, pouvant prendre n'importe quelle apparence. Quand il demande la main de Déjanire, celle-ci, effrayée par ses métamorphoses, refuse de l’épouser et accepte la proposition d'Héraclès, ce qui contraint le héros à combattre le prétendant rejeté.
Héraclès parvint à vaincre Achéloos qui avait pris la forme d’un taureau en lui arrachant une de ses cornes. Celui-ci réclama sa corne et lui fit cadeau en échange d’une corne de la chèvre Amalthée, la nourrice de Zeus, qui répandait en abondance des fleurs et des fruits.
Selon certains auteurs, cette corne serait la corne d'Achéloos lui-même.
Achéloos est montré dans sa forme canonique, doté d'un corps de taureau et d’une tête humaine à cornes. Héraclès, nu, tient Achéloos par les cornes, l'obligeant à se mettre à genoux.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez un peu jusqu’à la salle suivante, la salle 18, en haut du mur sur la droite vous voyez la dixième étape.

Acrotère : Héraclès <i>(Hercle)</i> et Minerve <i>(Menerva)</i>
Acrotère : Héraclès <i>(Hercle)</i> et Minerve <i>(Menerva)</i>

© 1980 Musée du Louvre / Maurice et Pierre Chuzeville

09Acrotère : Héraclès (Hercle) et Minerve (Menrva)

Chez les Étrusques, tous les éléments décoratifs d'un temple sont en terre cuite. Ce groupe fragmentaire exécuté dans les ateliers de Caeré est un acrotère décorant le fronton d'un temple. Il représente Athéna et Héraclès ou, sous leurs formes étrusques, Menerva debout, versant à boire à Hercle assis. C'est une adaptation connue déjà des peintres attiques.
Protectrice d'Héraclès dès les poèmes homériques, Athéna, souvent présente lors de ses exploits, l'aide parfois. Dans l'art archaïque, pour renforcer l'union mystique de la déesse avec le héros, celle-ci est représentée participant à une libation ou esquissant le geste de « déxiosis », c'est-à-dire de « serrer la main ».
Les scènes de libation, courantes pendant le VIe siècle, sont surtout effectuées par des mortels lors des cérémonies de départ et, ensuite, pendant le Ve siècle, entre divinités. Ici Hercle s'approcherait de Menerva en tant que divinité, il pourrait donc s'agir d'une scène ayant lieu après son apothéose et son immortalité. Cette iconographie inhabituelle, presque intime, principalement athénienne, est reprise ici par les artistes étrusques dans un style archaïque très décoratif, rendu vivant grâce au goût du détail et à la polychromie, traits coutumiers de l'art étrusque.
Athéna-Menerva est reconnaissable grâce à son égide décorée d'une tête de Gorgone, Héraclès-Hercle assis s'appuie sur sa massue. La main droite du héros a disparu, mais il tenait sans doute une coupe ou une phiale, sorte de coupe peu profonde sans pied, dont les traces sont visibles sur la tunique de la déesse.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez un peu vers la rotonde et tournez à droite. Avancez jusqu’à la salle 11, à droite, dans la vitrine murale 1 (iconographie royale à l'époque hellénistique) vous voyez sous le n° 10 un autre aspect d'Héraclès.

Statuette d’un roi en Héraclès (?)
Statuette d’un roi en Héraclès (?)

© 2006 Photo RMN / Hervé Lewandowski

10Statuette d'un souverain hellénistique en Héraclès ?

Sur cette statuette en marbre nous retrouvons deux éléments caractéristiques essentiels de la sculpture grecque hellénistique : d'une part les influences du sculpteur Lysippe, fort répandues à partir du IIIe siècle av. J.-C., à savoir la musculature forte et nerveuse, la tête petite et tournée vers la droite, le visage imberbe et les yeux enfoncés dans leurs arcades sourcilières. D'autre part, une caractérisation certaine du visage, avec le bandeau qui ceint la chevelure courte et bouclée, et le mouvement volontaire de la tête qui n'est pas sans rappeler certaines statues de princes hellénistiques.
Un troisième point attire notre attention : ce sont les attributs tenus par le jeune homme. Dans la main gauche subsiste encore une partie de la massue, tandis que la léonté, enroulée autour du même bras, couvre en partie, et très judicieusement, le support de la statuette en forme de tronc d'arbre. Nous sommes sans doute devant une représentation d'Héraclès, mais, au-delà de cela, il s'agit peut-être aussi d'une de ces images de princes hellénistiques divinisés et immortalisés sous les traits du héros grec.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Revenez sur vos pas et entrez dans la salle des Caryatides qui s'ouvre sur votre droite. Tout de suite à droite vous vous trouvez face à la douzième œuvre.

Héraclès (Hercule) et Télèphe
Héraclès (Hercule) et Télèphe

© 1993 Photo RMN / Droits réservés

11Héraclès (Hercule) et Télèphe

Télèphe est le fils d'Héraclès et d'Augé. Dès l'Antiquité, deux séries de traditions relatent les circonstances de sa naissance : les unes remontant à des sources épiques, les autres utilisées par les tragiques. Ce groupe statuaire fait allusion au deuxième courant. Télèphe, séparé de sa mère vendue comme esclave, fut abandonné dans les montagnes et nourri par une biche. Recueilli par un berger, il fut ensuite élevé par le roi Corythos qui l'appela Télèphe, nom dans lequel nous retrouvons le mot grec « élaphos » signifiant « cerf » ou « biche ».
Le groupe d'Héraclès portant son fils mesure 2,43 m. Il s'agit sans doute d'une copie romaine de l'époque antonine, d'une œuvre originale pergaménienne du IVe siècle av. J.-C., analogue à la statue d'Eiréné portant Ploutos de Céphisodote ou à celle d'Hermès portant l'enfant Dionysos de Praxitèle.
Des adaptations romaines des originaux venant de Pergame, près de deux fois plus grandes que nature, ont été conçues pour décorer les colossales réalisations architecturales des bains et palais de Rome.
Héraclès, la léonté couvrant la tête et les épaules, tient la massue de la main droite et de l'autre un petit enfant. Une biche fait partie du groupe, levant la tête vers l'enfant. Sur cette statue et sur les deux autres copies assez proches, à Wilton House et au Metropolitan Museum, nous remarquons le mouvement exagéré de la hanche, qui apparaît encore plus perceptible ici, avec Télèphe contrebalançant la composition. Par ailleurs, on peut rapprocher la tête d'Héraclès d'une peinture de Pompéi sur le même sujet.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez un peu et, dans l'enfoncement à droite sur un socle, vous trouvez l'étape suivante.

Mithridate VI Eupator, roi du Pont (120 - 63 avant J.-C.) en Héraclès
Mithridate VI Eupator, roi du Pont (120 - 63 avant J.-C.) en Héraclès

© 2003 Photo RMN / Hervé Lewandowski

12Mithridate VI Eupator, roi du Pont (120 - 63 avant J.-C.) en Héraclès

Mithridate VI Eupator, dernier souverain du royaume de Pergame, a vécu entre 132 et 63 av. J.-C.
Lors de son avènement, l'idéalisation de l'image royale devient beaucoup plus marquée. Nous distinguons clairement cette intensification ainsi que les composantes héroïques et divines sur les portraits royaux.
Un premier type apparaît sur les monnaies vers 100 av. J.-C. Les traits sont réalistes, le souverain y est âgé de trente ans, les cheveux tombant sur les épaules. Après la guerre contre Rome, en 89-88 av. J.-C., et l'invasion des provinces de l'Asie, un deuxième type monétaire voit le jour et servira d'image officielle jusqu'à sa mort à 69 ans ; il y est plus jeune, plus idéalisé et plus exalté. Ces portraits étaient destinés aux populations grecques de l'Asie Mineure comme l'étaient  les pièces de monnaies à son effigie sous les traits d'Alexandre-Héraclès ou Alexandre-Ammon. Mithridate par ses portraits affirme son statut de chef de l'hellénisme de la Grèce de l'Est, se vantant être le descendant des grands rois Cyrus et Alexandre.
Ce portrait-ci, à peu près de taille humaine, finement travaillé, semble être une version proche du premier type des portraits plus individualisés.
Les portraits de Mithridate ne sont pas des copies d'Alexandre ou de Séleucos de la fin du IVe et début du IIIe siècle av. J.-C., mais une adaptation et une évolution du type séleucide contemporain. La léonté rapproche Mithridate plus d'Alexandre que d'Héraclès. Certes la peau de lion, l'anastolé, et l'expression exaltée sont celles des portraits d'Alexandre ; il a peut-être voulu ressembler à Alexandre, mais en fait c'est son image qui va influencer les représentations d'Alexandre au Ier siècle.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Traversez la salle des Caryatides. Ensuite montez l'escalier Henri-II tout de suite à votre droite, arrêtez-vous au premier palier. À droite vous pénétrez dans la salle des Bronzes. Dirigez-vous vers la vitrine centrale 3.

13Héraclès au repos

Le type statuaire présentant Héraclès âgé, fatigué, s'appuyant lourdement sur la massue recouverte de la léonté, semble trouver ses origines dans une création du sculpteur Lysippe. Il emprunte à ce sculpteur la posture : Héraclès s'appuyant sur la massue placée sous l'aisselle, sa main gauche pendant mollement. La musculature et la pondération restent néanmoins des traits polyclétéens. D'autre part, Polyclète est considéré comme étant le premier à avoir représenté Héraclès avec la main derrière la hanche.
Ce type d'Héraclès au repos, lourd et las, a été très largement diffusé, des monnaies aux figurines, des statues en marbre aux gemmes. Il est aussi appelé, d'après la statue colossale, 3,17 m de haut, conservée à Naples, « Hercule Farnèse ». Elle est basée sur le prototype en bronze de la fin du IVe siècle et caractérisée par sa taille monumentale, sa musculature lourde et exagérée de façon dramatique, et surtout par la lassitude et la mélancolie qui émanent tant de la position que du visage d'un héros traditionnellement représenté robuste et viril.
De taille humaine ou miniatures, différentes versions existent : aux traits torturés caractéristiques du baroque hellénistique, ou plus fines et aux émotions contenues à la manière du style propre à la fin du IVe siècle. On peut même dire qu'il s'agit de la statue la plus copiée et imitée de toute l'œuvre de Lysippe.
Une autre version du même type, en marbre celle-là et d'une hauteur totale de 1,80 m, orne la grande galerie des Peintures.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Quittez la salle des Bronzes, ensuite traversez la salle Henri-II avec le Trésor de Boscoréale, la salle des Verres et, à gauche, la salle des Sept Cheminées pour arriver dans la galerie Charles-X où sont exposées les figurines en terre cuite. Dans la salle 37, vitrine 9, vous voyez la quinzième étape du parcours sous le n° 5.

Héraclès assis
Héraclès assis

© Musée du Louvre

14Héraclès assis

Héraclès est représenté ici assis sur un rocher couvert de la léonté, tenant une coupe dans la main droite et s'appuyant sur la massue de la main gauche, levant la tête vers le ciel. L'original est une commande d'Alexandre, signé par Lysippe ou d'après une copie de Lysippe, fabriqué vers 332 av. J.-C. lors de la campagne d'Alexandre le Grand en Phénicie. Il se trouve ensuite à Rome du temps de l'empereur Domitien, célébré par deux poètes romains Martial et Statius. Il s'agissait d'une statuette en bronze destinée à être placée sur la table d'Alexandre. De là provient l'épithète « épitrapézios » signifiant «sur la table» de cet objet déjà connu des Phéniciens.
Dans l'Héraclès Épitrapézios, la vigueur du corps exprime l'idée de la force, mais ici la position évoque un certain relâchement. Le visage est marqué par la douceur et même la lassitude. L'attitude de repos indiquerait l'idée qu'après avoir accompli les travaux, il demande aux dieux sa récompense, à savoir recevoir dans la coupe le nectar de l'immortalité.
Nous avons ici un des nombreux exemples de ce nouveau style plus proche de la nature humaine, s'éloignant de l'idéal classique, faisant disparaître les dernières traces de dureté, et rendant avec une vérité nouvelle ce qui est le plus vivant dans le corps humain : la chair.
Les formes du corps n'ont rien d'héroïque, et la position se rapproche même un peu de celle de certaines représentations des silènes. Mais n'est-ce pas justement le rôle que cette statuette « sur la table » toujours en petite échelle devait jouer, c’est-à-dire un ornement de festin, un peu bacchique ?

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dans la salle 38, vitrine 10 en bas à droite n° 11, vous voyez la dernière étape du parcours.

Acteur tragique
Acteur tragique

© 1991 Photo RMN / Droits réservés

15Acteur tragique

Cette figurine en terre cuite représente un acteur tragique dans le rôle d'Héraclès. Il est vêtu d'un chiton long à manches plissées recouvert d'une robe sans manches à ceinture haute et chaussé de cothurnes, les chaussures des acteurs à hautes semelles. La main droite est appuyée sur la massue, la gauche tient un masque tragique barbu avec un haut « onkos » (« masse de cheveux ») sous la tête du lion.
L'« onkos » sur les masques n'apparaît pas avant 320 av. J.-C., tandis que les cothurnes sont introduits au IIe siècle.
Le haut «onkos» était réservé aux rôles principaux, et le plus modeste aux rôles secondaires. En conséquence, ici l'acteur tient un rôle central. Nous connaissons deux tragédies où Héraclès est le protagoniste : «les Trachiniennes» de Sophocle et «Héraclès furieux» d'Euripide, œuvre très appréciée à l'époque hellénistique et adaptée par Sénèque à l'époque romaine. La tragédie d'Euripide se présente sous la forme d'un triptyque. Elle comprend un tableau central «Héraclès furieux» qui est le plus important, encadré de deux autres tableaux qui s'opposent, «Héraclès sauveur» et «Héraclès triomphant». Certains masques d'Héraclès ont le nez étroit, pincé, et les sourcils tombants. Nous pouvons supposer que l'acteur changeait de masque lors de la pièce et d'un personnage arrogant et sûr de lui au début devenait un personnage affligé à la fin.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Poursuivre la visite dans la Galerie Campana où sont exposées les céramiques grecques ; rejoindre la salle 43

Cratère en calice attique à figures rouges
Cratère en calice attique à figures rouges

© Musée du Louvre, dist. RMN / Philippe Fuzeau

16Cratère en calice attique à figures rouges

Fils de Poséidon, dieu des Mers, et de Gaïa, la Terre, le géant Antée habitait la Libye où il contraignait les voyageurs à lutter contre lui. De leurs dépouilles il décorait le temple de son père. Tant qu'il touchait le sol, il était invincible. Héraclès, lors de sa quête des pommes d'or dans le jardin des Hespérides, parvient à l'étouffer en le soulevant sur ses épaules. Sur ce cratère, les deux figures, monumentales par rapport aux trois femmes qui s’enfuient, sont présentées nues, enlacées comme des lutteurs de pancrace ; position que l'on retrouve sur les scènes de la lutte contre le lion.
Le peintre a joué sur les contrastes pour animer la scène et la rendre plus intense et ainsi différencier le héros civilisé du géant primitif. Par le traitement de leurs chevelures et de leurs barbes : contours définis par des lignes en relief, dessinés en vernis noir, et rehaussés à l'aide de grènetis pour Héraclès, incisés, leur masse étant rendue par des traits de peinture diluée pour Antée. Par leur expression le visage hagard, haletant d’Antée, la bouche entrouverte dans un rictus découvrant les dents, s'oppose à celui placide d'Héraclès. Par leur position Héraclès situé à gauche est déjà désigné comme le vainqueur de ce combat. Sur la gauche, la léonté, symbole avec la massue du héros, est représentée avec soin: la tête de face, les yeux clos soulignés par des cils, les quatre pattes.
Les noms des deux protagonistes sont gravés près d'eux, ainsi que la signature du peintre (« Euphronios a peint »).

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Auteur(s) :
Alexandra Kardianou