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Parcours A la chasse au lion, Sculptures françaises

Sculptures - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

Familles Enfants Groupes scolaires Groupes

Lion au serpent
Lion au serpent

© 2010 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

00Introduction

Le roi des animaux a été privilégié par les artistes en raison de son aspect impressionnant et de sa force. Dans la Bible et la mythologie, il sert de faire-valoir à des hommes ou à des héros. Ce parcours suit sa trace à travers les époques et les courants artistiques. En route pour la chasse au lion !

L’image du lion traverse les siècles. Sa force et  la puissance qui se dégage de son allure en font le roi des animaux. Certains récits de la mythologie ou de la Bible ont recours au lion pour montrer la supériorité des dieux ou de Dieu : le lion est vaincu par l’homme auquel les divinités confèrent leur puissance. Pour l’homme du Moyen Âge, c’est un animal fabuleux. Symbole de la supériorité divine, allégorie de la force, il devient le protecteur le plus efficace du sommeil des défunts : c’est pourquoi on le voit auprès des tombeaux. Mais son état sauvage peut encore prendre le dessus et en faire un adversaire redoutable : ainsi, certaines sculptures le représentent s’attaquant à des bêtes ou à des hommes. Divers aspects de sa fonction, symbolique et décorative, donnent l’occasion de se familiariser avec la sculpture et de découvrir les caractères des styles roman, gothique, Renaissance, maniériste, classique, baroque, et romantique.


Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
À partir du hall Napoléon, prenez la direction Richelieu, tournez à gauche puis à droite pour rejoindre la cour Marly. Montez l’escalier de la cour Marly. Sur la terrasse, allez à gauche et, dans le vestibule de l’escalier, entrez à droite dans la salle 1 où est présenté le début de la sculpture du Moyen Âge.

Daniel dans la fosse aux lions
Daniel dans la fosse aux lions

© Musée du Louvre/P. Philibert

01Deux lions doux comme des agneaux

Pour les hommes du Moyen Âge, le lion est un être fabuleux qu’ils n’ont jamais vu. Sa représentation est donc très stylisée : observez sa crinière qui s’enroule en boucles rondes. Le sculpteur a  représenté l’instant du miracle. Daniel, très calme, appuie sa tête sur son poing, dans une attitude de méditation et de tristesse. Il attend sans crainte les deux lions qui l’entourent. Daniel avait été condamné par Darius, roi des Perses, qui avait interdit à quiconque d’adresser une prière à un autre qu’au roi lui-même sous peine d’être jeté aux lions. Daniel, en priant Dieu, avait désobéi à cet ordre, mais Dieu envoie dans la fosse un ange qui ferme la gueule des lions affamés. Les figures s’inscrivent dans la forme parallélépipédique du chapiteau, les lions étant placés de façon symétrique de chaque côté de Daniel, qui est au centre. Héritier du chapiteau antique, celui du Moyen Âge conserve les volutes à l’angle, ici occupées par les têtes des lions. La tête du personnage prend pour sa part la place d’une rosette centrale. « Roman » est l’adjectif qui caractérise l’art qui s’est développé en Occident aux XIe et XIIe siècles. Les formes des motifs décoratifs sont très simples et s’adaptent à leur cadre. Leur rôle essentiel est d’enseigner la parole de Dieu à des fidèles qui ne savent pas lire. Elles racontent des épisodes de l’Ancien Testament, de la vie de Jésus et des saints. L’art est utilisé pour la « gloire de Dieu et l’honneur des hommes ».

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
L’œuvre suivante se trouve en face de vous devant la fenêtre, c’est la première en partant de la gauche.

Les Symboles des évangélistes et le Christ remettant les clefs à saint Pierre
Les Symboles des évangélistes et le Christ remettant les clefs à saint Pierre

© Musée du Louvre/P. Philibert

02Le lion de saint Marc

Le chapiteau de Saint-Pons-de-Thomières est un chapiteau double surmontant deux colonnettes. L’animal est représenté comme un pont : l’avant-corps dans le parallélépipède, les membres sur les cylindres. Les figures, très simplifiées, sont déformées pour entrer dans le cadre imposé. Le lion, par exemple, enjambe l’espace entre les deux colonnes, et ses ailes se courbent pour combler les vides. L’aigle qui tient l’Évangile dans ses serres, marque l’angle du chapiteau. Ces animaux sont le symbole des évangélistes, qui ont écrit la vie de Jésus dans les Évangiles. Ils sont appelés le « tétramorphe », tétra signifiant en grec « quatre », et morphe la « forme ». Le lion est le symbole de saint Marc, le taureau celui de saint Luc, l’aigle celui de saint Jean, l’homme représentant saint Matthieu. Ces quatre créatures apparaissent dans un texte de saint Jean intitulé l’Apocalypse, qui décrit la fin des temps : « Je vis [...] autour du trône quatre animaux remplis d’yeux devant et derrière. Le premier animal ressemble à un lion, le second à un jeune taureau, le troisième a comme la face de l’homme, et le quatrième ressemble à un aigle qui vole. Ces quatre animaux ont chacun six ailes. » Dans cette sculpture, le lion, comme les autres symboles des évangélistes, est pourvu d’ailes. Sa tête est auréolée d’un cercle, c’est le nimbe, signe de sainteté.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dirigez vous ensuite vers la salle 5, tournez à droite, continuez tout droit : la sculpture se trouve à l’entrée de la salle 9.

Charles IV le Bel (mort en 1328) et Jeanne d'Évreux (morte en 1371)
Charles IV le Bel (mort en 1328) et Jeanne d'Évreux (morte en 1371)

© Musée du Louvre, dist. RMN / Thierry Ollivier

03Le lion veille

À cette époque, la figuration des lions devient beaucoup plus réaliste, car les artistes pouvaient en observer dans les ménageries des rois de France. On voit ici que le lion se différencie de la lionne par la crinière. Dans le bestiaire médiéval, le lion évoque la force et le courage. Sur les tombeaux, il est aux pieds des chevaliers, tandis que des chiens, symboles de fidélité, veillent aux pieds de leur épouse, les jeunes filles étant accompagnées de licornes, symboles de pureté. On pensait que le lion dormait les yeux ouverts, ce qui en faisait un gardien idéal. Il était aussi symbole de résurrection : on croyait que les lionceaux venaient au monde mort-nés, le lion les ressuscitant par son souffle. Le couple est représenté jeune, visage souriant exprimant la confiance du chrétien dans la Résurrection. Ici, les gisants sont plus petits que nature, car le tombeau n’est destiné qu’à leurs entrailles – fonction représentée par le petit sac qu’ils serrent contre leur cœur. Les personnages importants du royaume avaient plusieurs tombeaux : un pour le corps, un pour le cœur, un pour les entrailles. On appelle art gothique l’art dominant en Occident entre le milieu du XIIe siècle et la Renaissance. Les figures sont plus proches de la réalité (visages souriants), le mouvement est suggéré par l’attitude des personnages. C’est l’époque de la construction des grandes cathédrales. Les sculptures se font plus nombreuses, pour orner les portails des églises, les tombeaux et les demeures.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Allez vers la salle 10, continuez tout droit jusqu’à la salle 12 : la chapelle se trouve en face de vous.

Bustes en orant de Philippe de Commynes (vers 1457 - 1511) et de son épouse Hélène de Chambes-Montsoreau ( † 1531)
Bustes en orant de Philippe de Commynes (vers 1457 - 1511) et de son épouse Hélène de Chambes-Montsoreau ( † 1531)

© Musée du Louvre / P. Philibert

04Chacun son rôle

Deux lions servent de motif décoratif pour le prie-Dieu. Leur torse bombé est évocateur de force. Au-dessous des deux statues figurent deux boucliers sur lesquels sont sculptés des symboles, qui sont les écussons portant les armoiries des personnages sculptés. L’une de ces armoiries porte un lion se dressant toutes griffes dehors : c’est celle d’Hélène de Chambes, l’épouse de Philippe de Commynes, lequel servit Charles le Téméraire et devint diplomate sous les règnes de Louis XI et de Charles VIII. Les lions héraldiques apparaissent fréquemment sur les armoiries. Ici, le lion est représenté debout sur ses pattes arrière, les deux pattes avant levées. Un dernier lion est représenté sur un des bas-reliefs décorant la chapelle et relatant l’histoire de Samson. On peut y voir celui-ci tuer le lion qui lui barrait le chemin, la mâchoire d’âne au-dessus est l’instrument à l’aide duquel il assomma mille philistins, le renard rappelle comment il brûla leurs champs de blé en accrochant des torches enflammées à la queue de trois cents renards, enfin la colonne brisée fait référence au palais de Dagon qu’il détruisit en s’appuyant sur une colonne. La Renaissance débute en France dès le XVIe siècle et marque une rupture avec le Moyen Âge ; on l’appelle ainsi car c’est une renaissance de l’art ainsi que des valeurs morales et intellectuelles de l’Antiquité. À côté de l’art religieux, l’art profane se développe.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Allez vers les sculptures de la Renaissance, dans la salle 14 le Lion de saint Marc est sur la gauche.

Saint Marc
Saint Marc

© Musée du Louvre/P. Philibert

05Un autre lion de saint Marc

Ce bas-relief très finement sculpté se trouvait dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Il ornait le jubé, c’est-à-dire la clôture séparant la nef, qui est la partie centrale de l’église où se trouvent les fidèles, du chœur, réservé aux religieux à au fond de l’église. On y voit saint Marc tenant l’Évangile, accompagné du lion qui le symbolise. Jean Goujon privilégie la figure de l’évangéliste, la gueule du lion est aplatie et peu réaliste, seules les pattes et la crinière permettent de bien identifier l’animal. Pour montrer qu’il s’agit d’une vision divine, il place l’évangéliste dans le ciel, sur des nuages. Il laisse de grands vides, lisses, sans décor, qui mettent en valeur la figure et facilitent sa lecture. Malgré la faible épaisseur de la pierre, il donne l’illusion de la profondeur en créant un premier plan (c’est-à-dire ce qui est le plus proche du spectateur, la jambe gauche) et un second plan (ce qui est plus éloigné, la jambe droite). Au lieu de figurer saint Marc de face, il le place de trois quarts. Le mouvement tournoyant, l’allongement des doigts, la force de la musculature appartiennent à un courant de l’art européen dénommé « maniérisme ». Ce courant artistique appartient à la Renaissance. Il a pour origine la maniera de Michel-Ange, admirée des jeunes artistes qui ont cherché à l’imiter. Il se caractérise par des formes étirées, des poses compliquées, une torsion des corps permettant de multiplier les points de vue.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dans la salle 15, prenez à gauche du mur central de la salle. La sculpture représentant David est sur la droite.

David vainqueur de Goliath
David vainqueur de Goliath

© Musée du Louvre/P. Philibert

06Le lion vaincu par David

David est représenté jeune, couronné de laurier – symbole de gloire –, car il a tué Goliath. Il s’appuie sur l’épée du géant, dont la tête gît renversée à ses pieds, et tient dans sa main droite une pierre et dans la gauche la fronde. Le bâton de berger et la peau de lion rappellent ses exploits contre les bêtes sauvages qui voulaient dévorer ses brebis lorsqu’il n’était qu’un gardien de troupeau. On passe de la tête du géant à celle du lion en suivant le bâton, puis on arrive à celle du futur roi de Jérusalem. Il y a de nombreux points communs entre la tête du géant et celle du fauve. Les deux ont les yeux mi-clos, la bouche ouverte, et la barbe du géant prend l’allure d’une crinière. Le jeune berger David, futur roi de Jérusalem, tuait les lions qui s’attaquaient à son troupeau de brebis. Un jour, il rencontra le géant Goliath qui le défia en duel. David accepta le combat en ayant pour seule arme son bâton de berger et sa fronde. Il lança alors une pierre, qui atteignit directement Goliath au front. Le géant s’effondra, et David s’empara de son épée pour lui trancher la tête. Cette sculpture est elle aussi représentative du maniérisme : le déhanchement de David est très peu naturel, les diagonales et les spirales sont accentuées. Les artistes aimaient représenter des héros nus ; c’était une façon pour le sculpteur d’exalter la force et la beauté du corps humain.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Continuez tout droit. Le monument du cœur d’Henri de Longueville s’élève sur votre gauche

Monument funéraire du coeurdu duc Henri Ier de Longueville (1564 - 1593)
Monument funéraire du coeurdu duc Henri Ier de Longueville (1564 - 1593)

© 1999 RMN / René-Gabriel Ojéda

07L’allégorie de la force

Ce monument, placé dans une église de Paris aujourd’hui disparue, rappelle le souvenir d’un héros, compagnon d’armes d’Henri IV. Le sculpteur a emprunté des éléments à l’art grec, romain ou égyptien, et les a mélangés pour créer un art nouveau, très personnel. Ici, il utilise un obélisque égyptien et le décore non de hiéroglyphes, mais de motifs évoquant les vertus du défunt (les arts, les trophées d’armes, le portrait). Aux angles, quatre statues féminines illustrent les vertus cardinales : force, justice, prudence, tempérance. Lorsqu’un personnage incarne une idée, on parle d’allégorie. La force est personnifiée par la femme vêtue d’une cuirasse. Elle porte la massue d’Hercule et la peau du lion de Némée, monstre vaincu par Hercule lors des douze travaux qui lui sont imposés par les dieux. Le lion est également présent sur un bas-relief près de la Force : on le voit s’attaquant à un sanglier. Ce combat évoque la force, mais aussi l’intelligence, car le sanglier fonce instinctivement sur son ennemi, tandis que le lion ruse et économise ses forces. Le style artistique qui domine au XVIIe siècle (sous les règnes d’Henri IV, Louis XII et Louis XIV) en France est dit « classique » : comme à la Renaissance, il s’inspire de l’Antiquité. C’est un style aux compositions calmes, sages et équilibrées, un art très intellectualisé et pensé, au service de la royauté. Il s’agit véritablement du culte du héros. Les rois aiment se comparer à Hercule ou aux grands conquérants des temps anciens.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez sur vos pas jusqu’à l’entrée de la salle de la Renaissance pour rejoindre la cour Marly. La Renommée se trouve sur la droite.

Mercure monté sur Pégase
Mercure monté sur Pégase

© Musée du Louvre/P. Philibert

08Le lion de Némée

La Renommée annonce au monde les victoires de Louis XIV à l’aide de sa trompette. Le cheval ailé Pégase est celui qui a permis à Persée de vaincre le dragon, allégorie poétique des victoires. Les trophées d’armes jonchant le sol évoquent les combats victorieux et la paix qui en résulte (paix de Ryswick, 1697). Les Bourbons, Henri IV, Louis XII, et surtout Louis XIV, le Roi-Soleil, organisent une véritable propagande autour de leur image. Les armes sous le corps du cheval supportent l’énorme masse du bloc de marbre. La taille de celui-ci représente un tour de force technique : il a été profondément creusé pour dégager les jambes du cheval qui donnent mouvement et puissance à l’ensemble de l’œuvre. Les pattes de la peau du lion de Némée, évocatrice d’Hercule, auquel Louis XIV s’identifie, recouvrent la cuirasse, faisant office de manteau. Hercule, fils de Jupiter et d’une mortelle, est un héros de l’Antiquité célèbre pour sa force. Tuer le lion de Némée que sa peau rend invincible est le premier de ses douze travaux : il l’étouffe et revêt ensuite sa peau pour devenir invincible à son tour. La massue et la peau du lion constituent les attributs d’Hercule, ils permettent de l’identifier, ou d’y faire référence. Dans cette cour ont été réunies des statues de marbre et de bronze provenant du château de Marly, aménagé par Louis XIV, non loin du célèbre château de Versailles. Le château de Marly a été détruit au XIXe siècle. Actuellement, seul le parc subsiste.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Descendez les escaliers pour sortir de la cour Marly, et dirigez vous vers la cour Puget. Au bas des escaliers, sur le mur qui fait face aux esclaves, vous trouverez le relief en bronze de la paix de Nimègue. C’est le troisième en partant de la gauche.

La Paix de Nimègue
La Paix de Nimègue

© Musée du Louvre/P. Philibert

09Le lion et l’agneau

Cette œuvre est un message secret, et seul Louis XIV, qui se trouve au centre de la composition, peut nous donner la clef de sa signification. Il est représenté devant le temple de Janus (reconnaissable à la tête de Janus, à deux faces, sur le fronton), dont on ferme les portes en temps de paix. Le dieu Janus représente la prudence. Il est doté de deux faces car Saturne, le père de Jupiter, lui a accordé le don de voir à la fois le passé et l’avenir. Le roi présente la figure de la Paix à l’Europe en guerre, symbolisée par une femme au pied de laquelle gisent des trophées d’armes renversés. L’allégorie de la paix, que l’on reconnaît à sa branche d’olivier, tient en laisse un lion et un agneau, symboles de force et de prospérité. Derrière le roi, l’Histoire écrit sur une tablette les hauts faits du souverain, qui resteront ainsi à jamais dans la mémoire des hommes. À gauche, la Justice brandit son épée et tient la balance indiquant l’esprit dans lequel a été réalisée la paix : en toute équité. Dans le fond de la composition, on retrouve la Renommée proclamant la grandeur du roi et ses victoires. C’est le duc de La Feuillade qui fit appel au sculpteur Desjardins pour réaliser ce bas-relief en bronze à la gloire de Louis XIV, destiné à être placé sur le monument de la place des Victoires à Paris. Il représente la paix de Nimègue, traité qui mit fin à plusieurs années de guerre, signée entre la France, la Hollande, l’Espagne et l’Empire germanique en 1678 et 1679.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Montez l’escalier face à vous, la sculpture de Puget se dresse sur votre droite.

Milon de Crotone
Milon de Crotone

© 2010 Musée du Louvre / Philippe Fuzeau

10L'homme vaincu

Puget a remplacé le loup par un lion, un animal plus sauvage et plus cruel, qui accentue l’effet dramatique. La coupe attribuée au vainqueur renversée au sol rappelle l’athlète victorieux qu’a été Milon dans sa jeunesse. Par jeu de contrastes, Puget augmente la violence et l’intensité de l’histoire. Il oppose le corps en extension de l’homme à celui complètement ramassé de la bête se jetant sur sa proie. Les jeux d’ombre et de lumière intensifient l’effet dramatique : Puget obtient ce résultat grâce à l’alternance des surfaces mates et striées à l’aide d’une râpe et des surfaces polies laissant glisser la lumière. Milon était un athlète qui avait remporté de nombreuses victoires aux Jeux olympiques. Vieillissant, il voulut se prouver qu’il était toujours aussi fort que dans sa jeunesse et essaya d’ouvrir un tronc d’arbre à la force des mains, mais le tronc se referma, l’emprisonnant. Un loup surgit alors, et Milon, ne pouvant pas se dégager, fut dévoré par l’animal sauvage. Le style baroque est contemporain du style classique. Ses caractéristiques sont l’exubérance des formes, le spectaculaire, l’illusion. Cet art qui vient d’Italie est moins sévère que le classicisme et privilégie les formes en mouvement et l’expression ; il a eu peu de succès en France. Parmi les grands sculpteurs français du XVIIe siècle, Pierre Puget a beaucoup d’importance. Il vivait à Marseille, loin de la cour et des autres artistes. C’est le représentant du baroque français, dynamique et contrasté.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Montez à nouveau un étage. La sculpture de Barye se trouve dans les salles qui font face à l’escalier. Prenez à droite vers la salle 31, La Chasse au lion est présentée dans la salle 33 dans une cage de verre accompagnée d’autres sculptures du même artiste, face à la fenêtre.

La Chasse au lion
La Chasse au lion

© Musée du Louvre/P. Philibert

11Combat de fauves

Cette sculpture fait partie d’un ensemble, qui comprend du même artiste un Lion dévorant un sanglier. Ces deux études en plâtre étaient destinées à la réalisation du grand surtout de table du duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe. Le surtout est un plateau richement décoré destiné à orner le centre de la table, où l’on plaçait les salières, boîtes à épices, sucriers. Les cavaliers enturbannés luttent dans une chasse mouvementée contre des animaux africains. Ils traduisent la fougue romantique et l’exotisme. Les corps des hommes, des chevaux, des lions et du buffle se confondent en une véritable mêlée qui accélère l’action et engendre la panique. Tout se déroule très vite lorsque le lion attaque. Le buffle est attaqué par le lion, attaqué à son tour par l’homme. La lionne attaque le cheval. Le sculpteur Barye se passionne pour l’étude des animaux. Cest un sculpteur « animalier ». Dans les vitrines, vous verrez de nombreux bronzes représentant des lions, mais aussi des chiens, des éléphants, des gazelles. Avec son ami Eugène Delacroix, ils observaient, et dessinaient inlassablement les fauves au Jardin des plantes pour restituer fidèlement leurs attitudes. Vous pouvez observer des peintures de Delacroix dans l’aile Sully au deuxième étage.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Retournez sur vos pas pour sortir des salles, rejoignez le lion en bronze qui se trouve face à vous sur le palier.

Lion au serpent
Lion au serpent

© 2010 Musée du Louvre / Thierry Ollivier

12Un combat inégal

Pour la première fois, nous sommes en face d’un lion grandeur nature que l’on pourrait entendre rugir ! Une multitude de détails confirment les nombreuses heures d’étude passées au Jardin des plantes. La morphologie et l’attitude du lion sont d’une précision extraordinaire. La tension des muscles, les épis des poils, les griffes sorties plaquant le serpent au sol sont indiqués avec un grand souci de réalisme. Le bronze ne se sculpte pas comme la pierre. C’est un métal fondu qui se coule dans un moule. Cette œuvre évoque la monarchie de Juillet, proclamée en 1830. Le Lion étant le signe astrologique du mois de juillet, ce serait un hommage à Louis-Philippe : La monarchie, représentée par le lion, écrase le serpent, symbole du mal et des ennemis du roi. En revanche, jamais Barye n’a pu observer un tel combat, qui est une interprétation romantique. Le romantisme se développe en France au XIXe siècle, Il s’oppose au style classique qui s’est imposé au début du XIXe siècle et qui prône les valeurs morales de l’Antiquité. Les artistes romantiques trouvent leurs sujets dans les faits divers, l’actualité, la nature. Ils suivent la même voie que les grands écrivains de leur temps, comme Victor Hugo, Chateaubriand, ou Alexandre Dumas. Ils redécouvrent la nature vierge et indomptée et représentent les animaux dans leur état originel, sauvages et violents, combattant, tels les lions, les tigres, les serpents ou les rhinocéros.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Pour rejoindre la pyramide, prenez les escalators en face de vous, et tournez à droite vers la sortie. Nous avons traqué un bon nombre de lions ! Protecteur, ami, symbole, allégorie, dompté, ennemi, mais il y en a encore beaucoup d’autres à voir…


Auteur(s) :
Geneviève Bresc Bautier
Mériam Ben Sassi