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Parcours La grande déesse, Mythologie de la fertilité

Antiquités orientales - Durée : 1h30 - Jours de visite : Lundi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

Groupes scolaires Groupes

Vase décoré de déesses nues dit "vase d'Ishtar"  (détail)
Vase décoré de déesses nues dit "vase d'Ishtar"  (détail)

© RMN / J. Galland

00Introduction

Des débuts du néolithique jusqu'aux derniers feux de Babylone, la pensée religieuse mésopotamienne apparaît marquée par l'image d'une déesse incarnant les forces naturelles de la fertilité et de la fécondité. La forme la plus aboutie est celle d'Ishtar, à qui furent consacrés de nombreux mythes.

La profonde mutation sociale qui caractérise le "néolithique" a conduit les populations de chasseurs-cueilleurs du Proche-Orient à s'établir en villages d'agriculteurs sédentaires. Prolongeant une pratique ancienne de la cueillette, la domestication de plantes nutritives a sans doute induit un rapprochement symbolique entre la fertilité de la terre et la fécondité de la femme. Ainsi s'est peu à peu constituée une mythologie de la vitalité incarnée par l’image féminine, référence vraisemblable à une puissance protectrice conçue comme une "déesse-mère", ou en tout cas à un principe de fécondité garant de la pérennité du groupe. Avec l'émergence des cités-Etats, cette mythologie de la fertilité va s'enrichir, accompagnant le développement de la société. C'est ainsi qu'à Uruk, elle s'incarne dans l'image de la déesse Inanna, protectrice de la cité. D'autres déesses apparaissent dans les diverses cités du monde sumérien, donnant corps à ce principe de fertilité / fécondité, dont elles privilégient chacune un aspect particulier. Mais aucune n'atteindra le prestige et la pérennité de l'Inanna sumérienne, qui se perpétue sous le nom d'Ishtar dans le monde akkadien. De nombreux poèmes mythologiques lui sont consacrés, ce qui en fera la déesse par excellence. Combinant symbolisme de la fertilité et puissance guerrière, elle sera l'objet d'une grande vénération tant de la part des souverains assyriens que de ceux de Babylone, prolongeant ainsi une ferveur qui ne se sera jamais démentie au cours de la longue histoire mésopotamienne.

 

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Depuis la pyramide, prenez la direction Richelieu. Après le contrôle des billets, tournez à droite et empruntez l'escalator. Entrez dans le département des Antiquités orientales et dirigez-vous vers la vitrine 1 de la salle 1a. (Les numéros des vitrines sont placés en haut à droite de celles-ci).

Statuette féminine
Statuette féminine

© R.M.N./H. Lewandowski

01Figurine féminine de Tell-es-Sawwan

Cette petite figurine stylisée, taillée dans l'albâtre, provient du site néolithique de Tell es-Sawwan, situé sur la rive orientale du Tigre, à l’entrée de la grande plaine alluviale de Mésopotamie méridionale. Une irrigation sommaire à partir du fleuve permettait à ses habitants d’y cultiver diverses variétés domestiques de céréales et de légumineuses. La période principale d’occupation du site correspond à l’époque néolithique à céramique peinte dite de Samarra (vers 6200-5700 av. J.-C.), mais les figurines d’albâtre qui y ont été retrouvées pourraient remonter à la période précédente, celle de Hassuna (vers 6500-6000 av. J.-C.). Elles proviennent de tombes individuelles, pour la plupart d’enfants, creusées sous une grande maison rectangulaire en briques crues, qui devait être celle d’un personnage important du village. La plupart des figurines retrouvées dans les tombes de Tell es-Sawwan sont des représentations féminines. On a pu y voir une image des mères censées accompagner dans l’au-delà les enfants inhumés, mais certaines de ces figurines proviennent de tombes d’adultes. La récurrence d’une symbolique féminine, renforcée par la représentation en nudité, évoque plutôt l’appel à une puissance protectrice, que l’on désigne traditionnellement sous le nom de "déesse-mère". Cette figure primordiale de la fécondité et de la fertilité semble tenir une place centrale dans l’imaginaire des premières communautés agricoles du Proche-Orient.

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Présentée également dans la vitrine 1.

Figurines féminines du style de Halaf
Figurines féminines du style de Halaf

© 1998 RMN / Hervé Lewandowski

02Figurines féminines du style de Halaf

Modelée dans l’argile et peinte, cette figurine féminine aux formes accentuées est caractéristique de la culture néolithique dite de Halaf (vers 6000-5100 av. J.-C.). Cette culture, originaire des régions de Syrie et de Mésopotamie septentrionales, qui succède à celles de Hassuna et de Samarra, est marquée par la résurgence d’un habitat circulaire. Les petits villages halafiens tirent leur subsistance d’une agriculture céréalière, associée à un élevage diversifié. Mais ce qui caractérise plus que tout leur culture, c'est la production d’une céramique peinte d’une qualité remarquable, tant par la variété des formes que par la richesse de ses décors polychromes, de nature géométrique ou naturaliste. A côté de la céramique sont également produites des figurines féminines du type de celle-ci. L'image féminine est représentée nue, assise, les bras repliés autour des seins, dans une position évocatrice de l’enfantement. Des lignes de peinture brune barrent le corps. Tandis que la tête est à peine ébauchée, les mains et les pieds absents, les attributs de la féminité - les hanches et les seins - apparaissent en revanche fortement marqués. La mise en avant de ces caractères évoque clairement la représentation d’un principe de fécondité sous les traits de la figure féminine de la "déesse-mère". Garante du renouvellement régulier de la vie, celle-ci ne pouvait que jouer un rôle majeur dans une société désormais fondée sur la production de ressources naturelles.

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Dirigez-vous maintenant vers la vitrine 2, située de l'autre côté de l'entrée.

Sceau-cylindreLe "roi-prêtre" et son acolyte nourrissant le troupeau sacré
Sceau-cylindreLe "roi-prêtre" et son acolyte nourrissant le troupeau sacré

© 1987 RMN / Pierre et Maurice Chuzeville

03Sceau-cylindre Le "roi-prêtre" et son acolyte nourrissant le troupeau sacré

Le décor de ce sceau de forme cylindrique, un type de sceau dont l'apparition accompagne celle des premières villes, est caractéristique de cette période puisqu'il représente la figure du "roi-prêtre". Celui qui occupe le premier rang dans la société proto-urbaine, combinant fonctions militaires et religieuses, est ici saisi dans l’exercice de ses fonctions cultuelles. Il préside une cérémonie liturgique en l’honneur d’Inanna, la déesse sumérienne de la fertilité, dont le sanctuaire majeur se dresse au coeur de la cité d’Uruk. Vêtu d’une longue jupe et coiffé du bonnet qui marque son statut, le "roi-prêtre" semble accomplir une offrande, sans doute d’une gerbe d’épis, devant l’entrée du sanctuaire de la déesse, que symbolise la hampe de roseaux noués par une banderole. Il est suivi d’un assistant, également porteur d’une gerbe d’épis, et leur offrande est symboliquement destinée à nourrir le troupeau sacré d’Inanna, dont les moutons figurent sur la partie tronconique du cylindre. L’offrande des épis témoigne de la dimension emblématique qui demeure attachée aux céréales, ces plantes nourricières qui furent les premières à être domestiquées. Elle est adressée à Inanna, la grande déesse de fertilité, qui régit le cycle annuel de régénération de la nature. L’accomplissement par la déesse de cette fonction primordiale dépend en particulier de la ferveur et de la régularité du culte qui lui est rendu par les hommes, et singulièrement par le premier d’entre eux, le "roi-prêtre".

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Toujours dans la salle 1a, allez à la vitrine 5.

Bas-relief votiflibation offerte à une déesse de la végétation
Bas-relief votiflibation offerte à une déesse de la végétation

© Musée du Louvre / Ali Meyer

04Bas-relief votif - Libation offerte à une déesse de la végétation

Cette plaque, sculptée en bas-relief et percée en son centre, est caractéristique de l’époque des dynasties sumériennes archaïques, au IIIe millénaire av. J.-C. La perforation était vraisemblablement destinée à fixer la plaque sur un mur à l’aide d’une cheville, au sein de l’espace votif d’un sanctuaire. Son décor représente une scène de libation accomplie par un homme en nudité rituelle, sans doute le roi ou un grand prêtre. L'officiant verse un liquide dans un haut vase, duquel s’échappe un feuillage portant deux régimes de dattes. La cérémonie liturgique se déroule en présence d’une déesse de fertilité, coiffée d’une tiare à plumes, signe de sa divinité, et dont la fonction est symbolisée par des rameaux qui jaillissent de ses épaules. Elle trône au sommet d’une montagne sacrée, traditionnellement représentée par un motif en écailles, ce qui permet de l’identifier comme la déesse Ninhursag, dont le nom sumérien signifie « la Dame (nin) de la montagne (hursag) ». Elle n’est autre que l’incarnation de la figure primordiale de la Terre-Mère. L’ensemble de cette scène, de nature clairement mythologique, illustre la puissance de l'action liturgique qui assure la croissance harmonieuse du palmier-dattier, conçu comme un symbole de fertilité naturelle et de prospérité. Cette puissance se manifeste dans l'intervention de la déesse, dont l'action génératrice de vie répond à la ferveur des hommes.

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Entrez dans la salle suivante, la salle 1b, et dirigez-vous à gauche vers la vitrine 7.

La déesse Ishtar
La déesse Ishtar

© R.M.N./Franck Raux

05La déesse Ishtar

Cette plaquette en coquille portant une silhouette gravée provient du temple de la déesse Ishtar dans la cité de Mari, sur le Moyen-Euphrate. On ne sait si elle était isolée ou appartenait à un ensemble du type "étendard" représentant une scène narrative complexe. La figure incisée est féminine, coiffée d'un chignon surmonté d'une parure en croissant de lune portant une étoile. Il s'agit d'Ishtar, déesse astrale mais aussi maîtresse de l'amour et de la fertilité. Ce que souligne le manteau à mèches laineuses qu'elle porte et qui découvre sa nudité. La représentation de la déesse se dévoilant évoque en effet le mythe le plus célèbre qui lui ait été consacré, celui de la descente d'Ishtar aux Enfers. Ce mythe raconte la visite que la déesse décida d’accomplir dans le monde de l’En-bas, sur lequel règne sa sœur Ereshkigal. Ishtar doit franchir une à une les sept portes du Pays-sans-retour, et se voit à chacune d’elles dépouillée de l’une de ses parures. Ayant ainsi perdu la totalité de ses pouvoirs, elle se trouve retenue prisonnière dans le monde de l'En-bas, et c'est toute la vie terrestre qui est alors menacée de disparition. Aussi lui accordera-t-on d'y être remplacée par son amant Dumuzi, autorisé lui à remonter sur terre au printemps afin d'y assurer le retour de la fertilité. L’action audacieuse d’Ishtar a conduit à l’instauration d’un nouvel équilibre du monde, fondé sur le cycle annuel de régénération de la vie.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Sortez de la salle 1b par l'escalier et tournez à gauche pour entrer dans la salle 2 du département des Antiquités orientales. Dirigez-vous vers la vitrine 1.

Le drame du nouvel an : Sceau du scribe Zaganita
Le drame du nouvel an : Sceau du scribe Zaganita

© R.M.N./Hervé Lewandowski

06Le drame du nouvel an : Sceau du scribe Zaganita

Ce sceau-cylindre de l'époque de l'empire d'Akkad, au XXIIIe siècle av. J.-C., qui appartenait à un scribe du nom de Zaganita, s’orne d'une riche composition mythologique. Celle-ci s'organise autour d'un majestueux palmier, emblème de fertilité, qui délimite et relie deux scènes dont les protagonistes sont des divinités, reconnaissables par leurs tiares à cornes. D'un côté se tient le dieu Ea, le maître des eaux douces, représenté sortant de son habitacle aqueux. Il s’agit de l’Apsû, la nappe souterraine des eaux douces, d’où jaillissent sources et cours d’eau pour venir répandre la fertilité à la surface de la terre. De l’autre côté du palmier apparaît la déesse Ishtar, représentée ailée en évocation de sa dimension astrale. Elle se tient sur une montagne, du sein de laquelle surgit un personnage que l'on peut interpréter comme le dieu Dumuzi. Cette scène renvoie en effet à l'un des plus importants mythes de Mésopotamie, celui de la descente d’Ishtar aux Enfers. L'action conjuguée des puissantes divinités Ea et Ishtar assure la renaissance régulière de la végétation, ce dont témoigne l'imposant palmier, arbre de vie dressé au centre du monde.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Passez de la salle 2 à la salle 3, et allez à la vitrine 5b, côté rue de Rivoli.

Vase décoré de déesses nues dit "vase d'Ishtar"
Vase décoré de déesses nues dit "vase d'Ishtar"

© R.M.N./J. Galland

07Vase décoré de déesses nues dit "vase d'Ishtar"

Ce grand vase cultuel, retrouvé dans une tombe de la ville de Larsa, en Mésopotamie du sud, est orné de l’image d’Ishtar, la grande déesse de fertilité. Elle y est représentée en maîtresse des animaux, entourée d’oiseaux, de poissons, d’un taureau et d’une tortue, expressions des différents règnes de la fertilité naturelle. La déesse se présente de face, coiffée de la tiare à cornes, emblème du divin. Bras écartés, elle se dévoile dans toute sa nudité, incarnation divine de l’Amour, maîtresse de la sexualité et de la fertilité. Les ailes dont elle est pourvue renvoient à sa dimension astrale, où elle est identifiée à la planète Vénus. Si Ishtar est la déesse de l'amour et de la sexualité féminine, elle n'en revêt pas moins fréquemment un caractère guerrier, conduisant alors les armées au combat et décidant du sort des batailles. Elle incarne ainsi, en une même personnalité, les forces indissociables qui président à la vie et à la mort.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Dans cette même salle 3, dirigez-vous vers la vitrine 15, côté cour Khorsabad.

« Enki et Ninmah », un mythe sumérien de la création de l'homme.
« Enki et Ninmah », un mythe sumérien de la création de l'homme.

© R.M.N./Franck Raux

08« Enki et Ninmah », un mythe sumérien de la création de l'homme

Au début du IIe millénaire, les scribes mésopotamiens se sont attachés à perpétuer la tradition culturelle sumérienne, notamment par la rédaction de copies des textes mythologiques majeurs. Parmi ceux-ci figure le poème dit "d'Enki et Ninmah", auquel est consacrée cette tablette malheureusement incomplète. Il s'agit d'un mythe de création, qui met principalement en scène le dieu sumérien Enki, "le maître de l'opulence et du savoir-faire", et la déesse-mère Ninmah. Ce nom, qui signifie en sumérien "la Dame sublime", est une autre désignation de la grande déesse de fertilité. Le mythe raconte que dans les premiers temps du monde, alors peuplé par les seuls dieux, ceux-ci doivent assurer eux-mêmes leur subsistance. Ce qui ne va pas sans difficulté, et conduit Enki à demander à Ninmah de concevoir un "serviteur des dieux". C'est ainsi que l'homme sera créé, lorsque la déese pétrit "le coeur de l'argile qui est à la surface de l'Abîme", avant d'y fixer "l'image des dieux". Modelé à partir de la terre fertile, l'homme est également le dépositaire d'une parcelle du divin. Dès lors, il se voit investi de la charge du service des dieux, contribuant à travers eux à la marche harmonieuse du monde.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Sortez de la salle 3 dans le couloir desservant les salles 5 et 6. La stèle se trouve à gauche à l'entrée de la salle 6.

Stèle représentant la déesse Ishtar d'Arbèles
Stèle représentant la déesse Ishtar d'Arbèles

© R.M.N./F. Raux - S. Hubert

09Stèle représentant la déesse Ishtar d'Arbèles

Cette stèle à l'effigie de la déesse Ishtar provient des fouilles du site de Tell Ahmar situé sur la rive gauche du Moyen-Euphrate. Il s'agit de l'ancienne Til Barsip, capitale d’un royaume araméen de Syrie du Nord, le Bît Adini. Conquise par les Assyriens en 855 av. J.-C., la cité prit le nom du vainqueur en devenant “Forteresse de Salmanasar”. Postérieure à la conquête, cette stèle a dû être sculptée au VIIIe siècle av. J.-C. A la fois déesse de l’Amour et de la Guerre, c'est sous sa forme virile et martiale qu'Ishtar est ici représentée. La déesse se tient debout sur un lion, son animal-attribut, qu’elle tient en laisse de la main gauche. Elle est nimbée et porte une longue épée passée à la taille ainsi que deux carquois croisés dans le dos. Elle est traditionnellement coiffée d'une tiare à cornes, emblème du divin, ici de forme cylindrique et surmontée d’un disque radié. Celui-ci évoque la dimension astrale d'Ishtar, à laquelle est associée la planète Vénus. Son costume,  constitué d’une tunique courte et d’un châle frangé dégageant une jambe, est masculin. Il rappelle celui que portent les génies ou les héros dompteurs de lion sur les reliefs des palais assyriens. L’inscription gravée dans le champ révèle que cette Ishtar guerrière est celle que les rois d’Assyrie vénéraient tout particulièrement dans son sanctuaire d'Arbèles. La ferveur qu'a suscité la déesse ne s'est en effet jamais démentie au cours de la longue histoire mésopotamienne.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Avancez dans le couloir de la salle 6. Le relief est accroché sur le mur de droite.

Panneau de briques : lion passant
Panneau de briques : lion passant

© Photo RMN / Franck Raux

10Panneau de briques : lion passant

Ce relief en briques "glaçurées" appartenait au décor ornant les murs de la voie processionnelle de Babylone, à l'époque de l'apogée de la cité sous la dynastie chaldéenne. Nabopolassar, le fondateur de la dynastie, puis son fils Nabuchodonosor II (604-562), mirent les richesses de leur vaste empire au service d’une politique d’agrandissement et d’embellissement de la capitale. Ses édifices prestigieux, au décor somptueux, dominés par la haute ziggurat, la célèbre "tour de Babel", contribuèrent à une renommée qui débordait de beaucoup les frontières de l’empire. Axe majeur de Babylone, la grande voie processionnelle qui mène de la porte d’Ishtar, au nord, jusqu’au sanctuaire de Marduk, le dieu tutélaire de la cité, expose ainsi tout le faste d’un décor de reliefs en briques moulées. Celle-ci sont dites à glaçure car recouvertes d'un revêtement vitreux brillant. Le décor se compose d'un semis de figures animales de grande taille, emblèmes des divinités majeures de la cité. A côté du dragon de Marduk apparaît ainsi le lion, animal attribut de la déesse Ishtar. Il est représenté gueule ouverte, menaçant, en gardien vigilant de la pérennité de la ville et de la prospérité de ses habitants. C'est que la puissance protectrice de la grande déesse jouit alors d'une ferveur intacte. Ainsi, c'est à elle qu'est vouée la porte principale de la cité, et de nombreux temples lui sont consacrés. Avec les multiples facettes de sa riche personnalité, elle incarne la dimension féminine du monde.

Itinéraire jusqu'à la prochaine œuvre :
Vous regagnerez le hall Napoléon en revenant sur vos pas.

 

Auteur(s) :

Patrick Pouyssegur